' »-i 1 1 CU I J J J -mi* \ ANNALES DU MUSÉE COLONIAL DE MARSEILLE Fondées en 1893 par Edouard Heckel DIRIGEES PAR le Dr Pierre CHOUX Professeur à la Faculté des Sciences Directeur du Musée Colonial de Marseille Quarante-septième année. 5 e série, 7 e volume (1939). PREMIER FASCICULE LES « GROTON » DE MADAGASCAR ET DES ILES VOISINES par M. J. LEANDRI FACULTÉ DES SCIENCES DE MARSEILLE MUSÉE COLONIAL PLACE VICTOR-HUGO 1939 SOMMAIRES de» plus récents Volumes des Annales du Musée Colonial de Marseille 192 7 1 er Fascicule. — H. Jumelle : Les Vonitra, Palmiers de Madagascar. H. Jumelle : Ravenea et Louvelia, Palmiers de Mada- gascar, jme e t dernier Fascicule. — P. Choux : Les Cynanchum à feuilles de Mada- gascar. 1928 1 er Fascicule. — H. Jumelle : Plantes de Mauritanie récoltées par le lieutenant Boëry. 2 m * Fascicule. — Pieraerts et de Winter : Etudes des graines de quel- ques espèces de Luffa. H. Jumelle : Un nouveau genre malgache de Palmiers. H. Jumelle : Un nouveau genre malgache d'Aracées. P. Choux : Observations anatomiques et microchimi- ques sur les graines grasses de quelques Sapotacées africaines. 3 me Fascicule. — H. Jumelle: Les Neophloga, Palmiers de Madagascar. 1929 t« Fascicule. — A. Baudon : Contribution à l'Etude des Plantes oléa». gineuses de l'Afrique Equatoriale. 2 me Fascicule. — Mlle A. Damiani : Recherches anatomiques sur lei feuilles de Vonitra et le Piassava de Madagascar. 3me f aS cicule. — L. Margaillan : Nouvelles recherches sur quelques Graines oléagineuses des Pays chauds. 1930 1 er Fascicule. — H. Jumelle : Les Moringa de Madagascar. 2 me Fascicule. — Ch. Exbrayat-Durivaux : Notes sur la germina- tion des Moringa malgaches. 3me Fascicule. — Van Gaver : Notes sur quelques Ophidiens de la Guinée Française. 4 me Fascicule. — H. Jumelle : Catalogue descriptif des collections bo- taniques du Musée colonial de Marseille : Indochine (l re partie). 1931 1 er Fascicule. — H. Jumelle : Catalogue descriptif des collections botaniques du Musée colonial de Marseille : Indo- chine (2 e partie). 2 me et dernier Fascicule. — H. Jumelle : Plantes du Soudan français récoltées par le lieutenant Boëry. 1932 1 er Fascicule. — F. Guichard et C. Aubert : Contribution à l'étude de la décoloration des huiles de palme (en deux mé- moires). 2 m e Fascicule. — Pierre Choux : Deux Asclépiadées cactiformes de Madagascar. 3 me Fascicule. — Jean Motte : Le Konnyaku du Japon. ANNALES DU MUSÉE COLONIAL DE MARSEILLE Année 1939 ANNALES DU MUSÉE COLONIAL DE MARSEILLE Fondées en 1893 par Edouard Heckel DIRIGEES PAR le D r Pierre CHOUX Professeur à la Faculté des Sciences Directeur du Musée Colonial de Marseille Quarante- septième année. 5 e série, 7 e volume (1939). PREMIER FASCICULE LES a CROTON » DE MADAGASCAR ET DES ILES VOISINES par M. J. LEANDRI -^M^-Jb^t^ FACULTÉ DES SCIENCES DE MARSEILLE MUSÉE COLONIAL PLACE VICTOR-HUGO 1939 LES«CROTON»DE MADAGASCAR ET DES ILES VOISINES par M, J. LEANDRI Assistant au Muséum national d'Histoire naturelle de Paris INTRODUCTION Les Croton, qui peuvent être définis comme des Euphorbiacées ligneuses à loges uniovulées, et à anthères renversées dans le bou- ton rj, entrent pour une part importante dans la constitution de la végétation malgache. Leur rapidité de croissance et leur rusticité en font des essences régénératrices de premier ordre, et on les voit abonder particulièrement dans les groupements qui constituent des stades intermédiaires de la dégradation de la forêt primitive. Les indigènes les désignent collectivement sous les noms de Somoro (1), de Mongy, de Volafotsy (2), et savent souvent distinguer les espèces, même voisines. Plusieurs d'entre elles ont leur emploi dans la pharmacopée ou la magie locales, et il est naturel qu'elles aient ainsi attiré l'attention, soit par l'éclat argenté ou cuivré de leurs feuilles couvertes d'écaillés, soit par leur odeur aromatique. L'étude scientifique des Croton malgaches parait débuter avec Lamarck, qui décrit plusieurs espèces de Commerson dans l'En- cyclopédie. Mais ce n'est que dans la seconde moitié du xi\ e siècle que les récoltes de Baron, Boivin, Grevé, Hildebrandt, après Pervillé, Richard et d'autres (3) permettent d'apprécier l'im- portance du genre dans l'île et ses annexes. Bâillon, qui avec Baker a décrit la grande majorité de ces nouvelles formes, esl frappé de cette richesse et du contraste qu'elle forme avec le petit nombre des espèces du genre sur le continent africain. Toutefois il ne donne pas, à la fin de son travail sur les Euphorbi ifricai) (1) Mot désignant les plantes auxquelles les indigènes attribuenl d« priétés excitantes . (2) Monnaie d'argent. (3) Voir la liste des collecteurs à la fin de ce travail. LE \NDHI d'explication de cette apparente anomalie. Cette dernière n'est pas atténuée aujourd'hui, l'augmentation, parallèle sur les deux rives du Canal de Mozambique, du nombre des espèces décrites, laissant subsister à peu près la même proportion entre les deux Flores. Avec les espèces nouvelles signalées dans le présent tra- vail, les Croton de la région malgache dépassent largement la cen- taine ; mais l'étendue et les caractères particuliers des districts où il n'a pas été fait jusqu'ici de récoltes botaniques permettent de penser que nous sommes encore assez loin de les connaître tous. Cette multiplicité des formes, et la faible importance des diffé- rences qui les séparent, indiquent un genre en voie d'évolution ac- tuelle. L'endémisme par isolement géographique, les conditions de milieu, édaphiques et climatiques, variant rapidement en quel- ques lieues, la difficulté des croisements à grande distance, favo- risent le développement et sans doute la fixation héréditaire de caractères particuliers à chaque région. L'extinction de nombreuses formes intermédiaires n'ayant pas encore séparé nettement les types, il faut bien avouer que nous manquons de vérifications ex- périmentales, et même parfois de termes de comparaison, pour distinguer ce qu'on appelle en Europe de «bonnes » espèces. La valeur, spécifique ou variétale, des caractères, est estimée d'après l'importance qu'ils ont dans des plantes européennes analogues, qui en réalité n'appartiennent pas aux mêmes groupes phylétiques, et sont dans des conditions de milieu très différentes. Il ne saurait être question de renoncer pour ces raisons à répartir les individus dans les cadres des diverses unités de la hiérarchie taxonomique. A ces difficultés de principe s'en ajoutent d'autres, également propres aux flores exotiques. Ce sont l'insuffisance fréquente des anciens types, qu'il est souvent impossible d'identifier aux échan- tillons récents, et, pour une espèce donnée, l'absence d'échantillons représentant certains états du développement. Les diverses formes saisonnières des feuilles sont en effet très différentes. Pour certaines espèces, on n'a que des boutons et les échantillons prélevés à l'an- thèse sont rares ou inexistants. I ne sorte d'extrapolation est donc nécessaire pour rechercher la forme et la disposition que les organes sont susceptibles de prendre au terme de leur développement. D'autres fois, c'est le milieu biologique qui imprime, par réaction, à la forme phénotypique moyenne, des changements appréciables. Certaines espèces ne sont connues que par des échantillons à fleurs LES « CROTON » DE MADAGASCAR ET DES ILES VOISINES 7 et fruits parasités par des larves, ce qui laisse planer quelque incer- titude sur leurs caractères à l'état indemne. Enfin les pyromorphoses, mises en lumière dans les beaux tra- vaux de MM. Perrier de la Bathie et H. Humbert, sont parti- culièrement fréquentes dans un pays où la surface soumise à l'in- cendie est chaque année de plusieurs milliers d'hectares. Toutefois, la forme par rejet de souche ne semble pas être commune chez les Croton. C'est à l'Herbier du Muséum National d'histoire naturelle (Pha- nérogamie) qu'ont été étudiés presque tous les spécimens cités dans ce travail. Pendant un séjour effectué en 1932 et 1933 à Madagascar, j'ai pu examiner sur le terrain un grand nombre d'espèces. Je ne saurais trop remercier ceux qui m'ont facilité ce voyage, en parti- culier M. le Professeur Humrert, à qui je dois en outre de nom- breux matériaux d'étude et de précieuses indications générales, et M. Lemoine, directeur honoraire du Muséum. M. Cayla, alors Gouverneur général de Madagascar et tous ses collaborateurs, ont bien voulu m'accorder un appui dont je leur garde une vive et respectueuse gratitude. J'ai utilisé le remarquable herbier — donné au Muséum — et les précieux renseignements, écrits ou oraux. de M. Perrier de la Bathie, à qui j'offre l'expression de ma respectueuse reconnaissance. M. Paul Danguy, sous-directeur honoraire au Muséum, qui s'est chargé pendant de longues années du classement des collections malgaches, avait commencé le triage des Euphorbiacées ; ce tra- vail avait été poursuivi également par le regretté Marcel Denis, à la mémoire de qui j'apporte ici un hommage ému. MM. les Direc- teurs et le personnel des herbiers de Kew et du British Muséum m'ont aimablement accueilli dans leurs établissements pour y effec- tuer diverses comparaisons. M. Hochrei tineb, Directeur du Conservatoire Botanique, à Genève, a bien voulu prêter pour cette révision 4 types d'Aug. De Candolle. Je les prie d'agréer mes pin- sincères remerciements. Enfin j'adresse l'expression de ma vive reconnaissance à M. le Professeur P. Choix et aux Annales du Musée Colonial de Marseille, qui ont bien voulu accueillir ce travail. CHAPITRE PREMIER CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES A. — CARACTÈRES MORPHOLOGIQUES Le genre Croton est composé d'arbres et d'arbrisseaux portant ordinairement des poils étoiles ou écailleux (1), à feuilles alternes ou opposées, souvent bi-glanduleuses au sommet du pétiole, à limbe entier ou dentelé, rarement lobé, penninerve ou 3-5 nerve à la base. Les fleurs disposées en épi ou en grappes (2) presque toujours sim- (1) Pour abréger, nous désignerons parfois, dans la suite, ces poils sous le nom d' « écailles ». (2) La nature de la ramification chez les Croton n'est pas encore bien éclat r- cie. Bâillon estime que les grappes florales, qui semblent terminales, chez la plupart des espèces malgaches, sont en réalité axillaires ; en effet à l'ais- selle de la feuille axillante se trouverait, outre la jeune inflorescence, un bour- geon ordinaire qui prendrait un développement égal à celui du bourgeon ter- minal. Il en résulterait une fourche, dans l'angle de laquelle se trouverait l'in- florescence, et cette disposition proviendrait de l'existence de bourgeons axil- laires superposés. Mais si l'interprétation de Bâillon était exacte, seul le jeune rameau pro- venant du bourgeon surnuméraire devrait être accompagné d'une feuille .ix illante. Or on voit presque toujours très nettement des cicatrices foliaires en dehors de l'insertion de chacun des 2 ou 3 rameaux entourant l'inflores- cence, et c'est la grappe seule qui en est dépourvue. Il paraît donc plus simple d'admettre que les faits signalés par Bâillon sont exceptionnels, que, dans le cas normal, l'inflorescence est réellement termi- nale, et que l'apparence verticillée ou opposée des feuilles et des rameaux pro- vient de la longueur très différente des entre-nœuds successifs. Un entre-nœud long est suivi par 1, 2 ou même 3 entre-nœuds courts dont les feuilles et les rameaux paraissent opposés ou verticillés. La structure interne des tissus semble appuyer aussi cette interprétation. Les faisceaux de l'inflorescence présentent toujours au cours de la croissance, LES « CROTON )) DE MADAGASCAR ET DES ILES VOISINES FlG. 1. Croton ankarensis : a, sommet de rameau et inflorescence ; b, fleur ',:■-. un style. — ■ C. Danguyana : d, fleur Ç. sépales écartés. — C. Mongue : < . m- met de rameau, inflorescence. — C. tardeflorens : /. jeune fruit ; g, ovule condé; h, i, graine, faces ventrale et dorsale; /, port. la : k, p< l, jeune fruit. Dimensions : voir le texte. 10 J. LEANDRI pies, parfois très contractées, sont monoïques chez les espèces mal- gaches du genre ; les <5 occupent la partie supérieure de l'inflores- cence et les Ç la base, en général ; les fleurs $ sont parfois solitaires et parfois accompagnées de 1 à 3 fleurs S- Dans la fleur ç, le calice est accrescent et parfois foliacé ; la corolle manque le plus souvent ; ou bien elle est représentée par des pétales rudimentaires, en forme de dent ou de bâtonnet. Le disque est représenté dans la fleur S par des pièces opposées aux sépales ; il peut manquer. Dans la fleur $, le disque est souvent annulaire. Les étamines (6-co) ont leurs filets infléchis dans le bouton et ordinairement poilus; le réceptacle S est poilu et sans pistillode. Dans la fleur $, l'ovaire a 3 loges uniovu- lées (2) ; les styles sont presque toujours plusieurs fois divisés. La capsule, à péricarpe mince ou épais, mou ou ligneux, s'ouvre en 3 coques bivalves (1). La graine est longue ou orbiculaire, lisse ou ornementée ; la caroncule ordinairement petite. Embryon typique de Platylobée. B. CARACTÈRES ANATOMIQUES L. Gaucher a montré que les Crotonées forment par leur struc- ture un groupe homogène et très naturel, qui s'isole nettement des groupes voisins. Par son étude des laticifères de quelques espèces, G. Chauveaud, de son côté, a mis en relief le fait que les Croton présentent dans le « plan nodal » (2) de la plantule deux cercles concentriques d'initiales des laticifères, et non un seul comme les autres Euphorbiacées. Les Croton malgaches n'ayant pas encore été étudiés anatomiquement, je signale ici quelques points que j'ai pu vérifier. Au point de vue du système de revêtement, les Croton malgaches, comme leurs congénères d'autres régions, présentent des poils pluricellulaires, rameux (étoiles) ou en écusson (écailleux), les poils unicellulaires étant exceptionnels. Certains poils paraissent macros- < -"piquement simples, mais en réalité le rayon normal à la surface est prédominant, tandis que les autres restent très courts (C. glo- meratus, C. Tsiampiensis, etc.). un stade de développement plus avancé que ceux des rameaux voisins, et sont donc probablement plus anciens (fig. 2, 11). i Exceptionnellement 2 ou 4. - Plan horizontal d'insertion des cotylédons. Fig. 2. 1. Coupe longitudinale d'un jeune fruit de C. Jennyanum A. Gris, montranl la potence ; 2. un poil écailleux de l'ovaire du même. 3. Marche des faisi eaux de bois dans une ramification trifurquée de C. antanosiensis sp. nov. : la solu- tion de continuité dans l'anneau correspond à une feuille détachée au-dessous du niveau de la coupe. 4. Un faux poil simple, en réalité étoile, de l / sianum. 5 et 6. Disposition des tissus dans un rameau •>■ picatum var. isalensis à divers âges ; 10, coupe transversale Limbe non écailleux-métallique à la face inférieure. cv Limbe dépassant 2 cm., au moins 2 fois plus long que large I. Gr. Cassinoides. cvd Limbe de 7 cm. sur 4 environ voir 9. C. Mavoravina. cvj Limbe très petit, au moins 1 /2 aussi largeque long 8. C. Manampetsae. > Limbe écailleux-métallique à la face infé- rieure. oj Nervures peu nettes, ou peu nom- breuses et obliques. J) Limbe au moins 2 fois plus long que large II. Gr. Noronhae. J) L. au moins 1 /2 aussi large que long. III. Gr. Boinensis. oo N. nombreuses, parallèles, presque à angle droit VIL Gr. Argyrodaphne. • Plus de 12 étamines à la plupart des fleurs ; > Plantes ayant des poils écailleux sur le limbe, la fleur ou le fruit. cvj Pétales Q rudimentaires ou nuls. J) Limbe au moins 1 /2 aussi large que long IX. Gr. Stanneum. ]) L. au moins 2 fois plus long que large. A Limbe mesurant moins de 4 cm... . IV. < '.r. Bojerianum. (1) Voir aussi, dans certains cas, C. divaricata. C. grangerioides, C. meri- dionnlis, C. Thuarsianum, C. vernicosus. 20 J. LEANDRI A Limbe mesurant plus de 4 cm. w Nervures peu nombreuses ou indistinctes .. X Calice 9 accrescent-foliacé. Limbe non écailleux-métalli- que. Env. 15 et. (1) voir 25. C. nitidulus. X Calice Q non accrescent-fo- liacé. * Pétiole de 2 à 7 mm. + Limbe en losange, écail- leux-métallique dessous .. 19. C. Jennyanum. + L. elliptique, non éc. -met. 28. C. grangerioides. * Pétiole de 35 à 60 mm VIII. Gr. Nobile. w Nervures nombreuses, parallè- les, à angle droit Gr. Nobile. ^> Pétales 9 développés. 3 Limbe long de 9 cm. sur 2 env. ; 12-15 et 46. C. vernicosus. J> Limbe large de 3 cm. au moins. A 20-30 et. Feuilles obov.-oblongues de 7 cm. sur 3 48. C. submetallicum. A 15 et. F. elliptiques de 16 cm. sur 6,5 env 47. C. chrysodaphne. > Plantes dépourvues de poils écailleux dans toutes leurs parties. oo Feuilles portant seulement 1-2 « glan- des » jaunes au sommet du pétiole, exceptionnellement des glandes sur la marge, mais non sur la face dorsale du limbe. 3) Pétales 9 rudimentaires ou nuls. A Limbe au moins 2 fois plus long que large, w Moins de 20 et. ; limbe glabre ou très glabrescent dessus V. Gr. Chapelieri. w Plantes n'ayant pas ces 2 carac- tères. : Parties jeunes hirsutes. .. . VI. Gr. Thuarsianum. x Parties jeunes non hirsutes .. X. Gr. Myriaster. A Limbe au moins 1 /2 aussi large que \o\vj;. w Limbe poilu même à la face su- périeure XL Gr. Tiliaeîolium. w L. à face supérieure glabrescente. C Pétiole long de 2 à 4 cm XII. Gr. Campenoni. x P. long de 2 à 13 mm XIII. Gr. Fothergillifolium. y Pétales 9 bien développés. (1) 20-30 otamines : voir C. submetallicum. LES « CROTON » DE MADAGASCAR ET DES ILES VOISINES 21 A Limbe grand (plus de 12 cm.), large ; pétiole dépassant 5 cm. ; longues grappes de 10-30 cm. ; des fl. $ XIV. Gr. Mongue. A Plantes n'ayant pas ces caractères, w Limbe au moins 2 fois plus long que large XV. Gr. Bracteatum. w L. au moins 1 /2 aussi large que long XVI. Gr. Ankarensis. oo Feuilles portant des « glandes » nom- breuses à la face dorsale du limbe XVII. Gr. Adenophorum. © Plus de 45 étamines à la fleur ia- zicola var. longibracteata : 6, port, 7, graine. — C. ivohibensis : s. jeune inflorescence ; 9, inflorescence fructifère. 24 J. LEANDRI 3. Croton bifurcatum H. Bn., Adans 1, 164 ; Miill. Prod. 584. Gomores : Mayotte. Cascade de M'sa Péré, mars 1849, Boivin 3380 ; sans localité, Humblot 62 (1162). On observe parfois « l'entraînement » du pédicelle 2, conné avec l'axe de l'inflorescence sur une certaine longueur {Boivin 3380). 4. Croton Boivinianum H. Bn. Adans. 1, 163 ; Linn. Paris. 864 ; Miill., Prod. 623 ; Leandri, Cat. 30 ; Furcaria Boiviniana H. Bn. Et. gén. 356, xvn-9. Sambiraîso : Nosy-Bé. Forêt de Lokobé,. Pervillé 267, Boivin 2183 ; Hildebrandt 3345. 5. Croton anisatum H. Bn. Adans. 1, 159 ; Miill., Prod. 567 ; Leandri Cat. 30. Le type de l'espèce est pris sur un arbuste, rapporté de Madagas- car d'après Lépervanciie, et cultivée Saint Benoît (Réunion) dans le jardin de M. Hubert, où il fleurissait sans fructifier. Les feuilles, l'écorce et les fleurs ont le goût et l'odeur d'anis. Cette plante, voisine du C. ambanivoulense et du C. ineisum, n'a jamais été retrouvée à Madagascar. 6. Croton ambanivoulense H. Bn., Adans. 1, 165 ; Miill., Prod. 585 ; Leandri, Cat. 30; C. dissimilis H. Bn., Lin. Par. 861. Espèce voisine du C. Hovarum sp. nov. et du C. cassinoides Lam., mais à grappe très contractée. Est : Ambanivola, près Tamatave, forêts {Goudot, herb. Delessert), Fito, Ambanivola {Goudot n° 7, 1833 hèrb. Mus. Par. ; type du C. dissimilis H. Bn.). Semblent appartenir aussi à cette espèce : Baron 5968 et 6612 (sans loc.) et Decary 6447 (Ambila, Sud de Tamatave, forêt litto- rale, buisson à rameaux étalés, fleurs blanches, 4 mai 1928). 7. Croton ineisum H. Bn., Adans. 1, 159 ; Atlas Grandidier, 162 ; Miill., Prod. 585 ; Leandri, Cat. 33. Voisin du C. anisatus, dont il diffère par ses feuilles à bord sinué denté, surtout dans la partie apicale. Est : Soanierana, forêt orientale, bois, côte Est, sept. 1912 ; ar- buste monoïque à feuilles persistantes, Perrier 9712. Sans localité, Dupetit-Thouars (type). LES « CROTON » DE MADAGASCAR ET DES ILES VOISINES 25 8. Groton Manampetsae sp. nov. Frutex ramis bifurcatis cinereis contortis ; innovationes ferrugim ulo complanatae. Folia parva opposita. Stipulae indistinctae. Peliolum brève (2 // gracile apice glandulas 2 minimas luteas sessiles nonnunquam indistin gerens. Lamina elliptico-obovata, basi rotundata, apice rolundata vel emarginata intégra, supra glabrescens infra pilis stellatis quibusdam gerens, nervis paulo ectypis, pennatis in quoque latere 2-3. Racemus brevis (1 cm.), nonnunquam jloribus Q abortu apicis racemi solis, saepe Q 1 basilari çf 4-5 apicalibus ; floribus in axi solitariis, bracteis bracteolisque minimis. Flos çf subsessilis, pedicello basi articulato, sepalis 5 valvatis carnosis ovato-acutis, pilis stellatis fuscis tectis, nervis 3-5 intus conspicuis ; pelalis 5 obovatis tenuibus fimbriatis, staminis 11 quarum ut videtur epipetalis 5, episepalis 5, centrali 1 ; disco lobis 5 crassis filis basi sicut receptaculo pilosis, antheris orbiculatis. Flos Ç subses- silis, pedicello basi articulato, sepalis valvatis acutis, pilis çf similibus, petalis ad 1 /4 partem sepalorum longis, linearibus pilosis ; disco crasso pentagonali hirsuto ; ovario sphaerico, albo-hirsuto, pilis ovario aequilongis, slylis patentibus crassis depressis, pluries divisis, sicut C. lichenisilvae, ramis 24, ovarii apice 3-depresso, piloso, semine juveni oblongo, caruncula paulo adhaerente ; fructus maturus ignotus. Sud-Ouest : Lac Manampetsa, calcaires. Commun. Fleurs et jeunes fruits avril 1933, Perrier 19087. 9. Groton Mavoravina sp. nov. Frutex ciriciier 2-metralis, ramis teretibus cinereo-nigrescentibus, in juven- tute complanatis, rufis, foliis sparsis firmis satis crassis. Stipulae parvae, lineares . caducae. Petiolum robustum, hirtellum, ad 2 cm. longum, sulcatum, ad apicem (1 mm. distantes) glandulas 2, rarius 3, cupulares, sessiles, luteas supra ger Lamina ovato-acuta, basi subcordata, 6-7 cm. longa, 3,5-4 cm. lata ; pagina supe- riore dilate viridi, pubescente ; inferiore cinereo-tomentosa ; nervis secundariis quoque latere 6-8, parum obliquis. Racemi terminales, vulgo jloribus. 3 apice 8-10, 9 basi 2-3. Flos cf {in alabastro solum visus) solitarius, in axilla bractaee mai lance.olatae bracteolarumque 2 linearium parvarum ; pedicello brevissimo : calyct extra pilis stellatis, centro rufo-punctatis, tecto, intus glabro, nervato ; petalis membranaceis oblongis, ciliatis ; disci glandulis parvis, albidis, emarginatis; staminis 11, antheris orbiculatis, filis basi rceeplaculoque subglabris. Flos axilla bracteae ovato-acutae et bracteolarum linearium. sàtis longarum 2, rius ; pedicello robusto, flore breviore ; sepalis oblongis, basi eonnatis, carnosis, extra s tellalo- pilosis, intus modice pubescentibus ; petalis dentiformibus pilos vel nullis ; disco carnoso pentagonali toto receptaculo adhaerente, maculis mfi notato ; ovario oblongo hirtello, apice subattenuato ; stylis basi parum in colum nam brevem connatis, multifidis, ramis intus curvatis ; pericQrpio sept\ crassis carnosis. Fructus maturus ignotus. Centre (Sud). De Tsivory à Anadabolava, Mandra e moyen, 26 J. LEANDRI dans le bush xérophile, altitude 300-400 m. Décembre 1933, Hum- bert 12 31". Vernaculaire : Mavoravina. IL — GROUPE NORONHAE Moins de 12 étamines (1). Face inférieure des feuilles écailleuse- métallique. Nervures des feuilles peu visibles, ou peu nombreuses et obliques. Limbe allongé, au moins deux fois plus long que large. Pétiole de 3 à 10 mm. A. — ■ Feuilles losangiques ou lancéolées. Grappe très contractée. Parties jeunes hérissées de poils bruns courts 10. C. Noronhae. (Parties jeunes écailleuse-ferrugineuses : voir C. Jennyanum). B. — Feuilles elliptiques ou ovales aiguës. Grappe à axe développé (1-2 cm.l Parties jeu- nes écailleuse-métalliques 11. C. brevispicatum. a. Pétiole de 3-4 mm. Feuilles elliptiques. 1. Limbe de 30 mm. sur 12 environ var. typica. 2. Limbe de 18 mm. sur 7 environ var. isalensis. h. Pétiole de 1 cm. env .Feuilles ovales-aiguës . var. Bocquillonii. 10. Croton Noronhae H. Bn., Adans. 1, 162; Mùll., Prod. 566; Leandri, Cat., 34. — C. hypocholiboeum H. Bn., Linn. Paris, 862. Le seul caractère séparant les C. Noronhae et C. hypochaliboeum, serait la présence de glandes pétiolaires dans la première espèce. Or, certains exemplaires en sont dépourvus. Il ne reste donc aucun caractère fixe permettant de distinguer deux espèces. Le C. Noronhae se distingue aisément du C. submetaUicum par son inflorescence contractée, ses feuilles petites, à glandes peu déve- loppées. Vernaculaires : Fotsy avady ; Hazoambo. Est : Pasimbe, Humblot 99; Foulpointe, Bojer, Mananjary, zone côtière, boutons et fleurs mars-avril 1909, Geay 7219, 7579, 7580, 7862, 7882, 7883, 7884 ; Fénérive, forêt littorale, bois au bord de la mer, arbuste de 1-2 m., à feuilles persistantes, sept. 1912, Pér- il) Le C. brevispicatum var. typica peut avoir par exception jusqu'à 15 éta- mines. LES (( CROTON » DE MADAGASCAR ET DES ILES VOISIN] - 1~ rier 9706 ; sans localité, Chapelier ; Dupetit-Thouars ; Baron 5635 (type du C. hypochaliboeum), 5967. 11. Croton brevispicatum H. Bn., Adans. 1, 152 ; Leand Cat. 31 ; C. brachybotryus Mùll., Prod. 571; C. Bocquilloni H. Bn. Adans. 1, 161 ; Mull., Prod. 571. Arbuste écailleux à parties jeunes non hérissées, pétiole court (3-4 mm.), limbe de 2 cm. sur 0,8, stipules indistinctes, glandes pétiolaires subnulles. 10-15 étamines ; fleur $ à calice non foliacé, à pétales minimes glanduliformes ou nuls ; ovaire écailleux, sphé- rique. Fleurs $ peu nombreuses, à la base de l'inflorescence ; pédicelle court (1-2 mm.) ; 5 sépales écailleux. Styles charnus et courts dans le bouton. Fruit de 7-8 mm., s'ouvrant par 6 fentes, ovoïde, écail- leux ; graine brune, longue, faiblement carénée. Je considère le C. Bocquilloni de Bâillon comme une variété de son C. brevispicatum. Les différences apparentes viennent du fait que les deux types ont été décrits sur des stades différents (hiver et été) ; la seule différence importante (présence ou absence de dents alternisépales représentant les pétales ?) paraît être un carac- tère variable. Les feuilles semblent tomber tardivement. Les boutons floraux formés à la fin de la saison des pluies passent la saison sèche en cet état, et s'épanouissent à la première pluie de novembre, avant l'apparition des feuilles nouvelles (Perrier 9804). Nom vernaculaire : Somoro madinika. Propriétés aphrodisiaques selon les indigènes. Ouest : Nord : Baie de Rigny, déc. 1848, Boivin 2658. Ménabé : Antsingy (entre Antsalova et Tsiandro) près de Trano Passage et partout dans les clairières 11 oct. 1932, Leandri 325 ; Morondava, Grevé A. Var. Bocquilloni H. Bn. pro sp. Corolle $ nulle, pétioles de 1 cm. Vernaculaires : Lasijlasy ou lasalasa (dans l'Ankarafantsika). Ouest : Ambongo-Boina : sans localité, Pervillé 648; baie de Baly, sable, arbuste en boutons, 3 juin 1930, Decary 7848 : m vi- rons de Majunga, lieux sablonneux, dunes, ait. 2-15 mi. . 1924, Humbert 4024 ; forêt d'Antetikala, canton de K.atsepe, 7 3ept. 1912, Viguier et Humbert 45 ; Ankarafantsika, 7 e Réserve naturelle, plateau sablonneux de la borne n° 2, ait. 120-150 m. : arbuste hau 28 J. LE AND RI de 4-5 m. et gros de 20 cm., 1933, Service forestier 48: bois sablon- neux (anciennes dunes) près de Madirovalo, nov. 1903, Perrier 9800 ; bois sablonneux du Bongo-Lava, nov. 1906, Perrier 9566 ; rives du Bemarivo, bois secs sur gneiss, oct. 1906, Perrier 9610 ; haut Bemarivo, bois secs, avril 1907, Perrier 9835 ; bassin moyen du Bemarivo, bois secs, ait. 80 m. sept. 1907, Perrier 9531 ; Ankirihitra, près du Mont Tsitondroina, bois sablonneux sacs (anciennes dunes) mars 1901 , Perrier 9804 ; bord du Beritsoka, sept. 1897, Perrier 307 ; environs de Bekodoka, 7 nov. 1923, Decary 2262 ; Maromandia, presqu'île Radama 11.10.1922, Decary 1172 ; Ambodiroka, allu- vions de l'Ikopa, oct. 1896, Perrier 82. — Ménabé : Antsingy, rochers calcaires du Bemara ait. 200 m., lisières de forêt Leandri 1025 ; entre Antsiareza et Trano Passage, Leandri 1063. Sans localité : Douillot sans numéro (reçu 2 févr. 1892). Centre : Plateaux et vallées de l'Isalo, grès et sables siliceux ait, 400-1.000 m. arbuste, 16-25 oct. 1924. Humbert 2793. Var. isalensis var. nov. Frutex l-metralis ramosissimus, rarnis teretibus, primum pilis stelletis tec- tis, deinde glabris, cortice fisso cinereo, foliis alternis vel sub-oppositis lan- ceola'is coriaceis 2 cm. longis, 4-5 mm. lads petiolo 3 mm. longo apice glandulas 2 minimas supra gerente, lamina subintegra vel denticulata, apice obtusa, apicu- tala, basi attenuata vel cuneijormi, pagina superiore glabra, punctata, inferiore squamoso-cinera ; costa supra depressa infra ectypa, nervis inconspicuis. Racemi protandri 1-2 cm. longi, bracteis acutis, floribus luteo-albis. Flos çj 1 pedicello 1 mm.-l mm. 5 longo, sepalis 5 ovato-acutis coriaeis pilis squamosis ; petalis spatulads margine ciliatis sepalis multo longioribus. Flos Q petalis nullis, ova- rio globoso squamoso stigmaiis lateralibus carnosis brevibus fuscis circiter 12. Centre. Isalo, sables et grès entre 500 et l.ÔOO m. Perrier 9788, 16607 ; Humbert 2849 (fig. 2). III. — GROUPE BOINENSIS Moins de 12 étamines. Face inférieure des feuilles écailleuse-métal- lique. Nervures des feuilles peu visibles, ou peu membraneuses et obliques. Limbe large, au moins moitié aussi large que long. A. — Feuilles grandes (limbe dépassant 3 cm., pétiole de 1-2 cm.) ; deux glandes au sommet du pétiole ... 12. C. boinensis. B. — Feuilles petites (limbe de 1-2 cm. ; pétiole de 3-4 mm.) ; une seule glande supérieure à la base du limbe 13. c. kimosorum. (Deux glandes pétiolaires latérales : voir C. inops Baill.). LES « CROTON )) DE MADAGASCAR ET DES ILES VOISINES 29 12. Groton boinensis sp. nov. Frutex ramis teretibus bijurcatis squamoso-cinereis, foliis cadu,. ulis juvenibus sitis, oppositis vel suboppositis, sdpulis inconspicuis ; petiolo ■ squamoso 10-12 mm. (nonnunquam 20 mm.) longo, apice glandulas 2 luteas parvas postea gerente ; lamina ovato-acuta basi rolundata apice subacumi- nata intégra; pagina superiore viridi pubescejite, inferiore squamoso-nitcntc, luteo-viridi, rufopunctata ; nervis supra obsoletis, subtus parum ectypis ; se< dariis quoque latere 5-6, pennatis. Racemi spiciformes terminales ad, 1 cm. longi, basi flores Q 2-4 pedic?llo brevi robusto, apice flores çf 7-8 subsessiles gerentes, parte média nuda. Flos cf sepalis 5 squamosis, petalis 5 • angustis ferrugii fimbriatis, staminis 8-11 (forte plus?), antheris ovatis, filis receptaculoque pilo- sis, disco inconspicuo. Flos Q in axilla bracteae parvae bracteolis 2 lateralibus munitus, pedicello robusto 1 mm. et plus longo, squamoso-argenteo, calqce lobis 5 acutis ovario aequantibus ; corolla discoque nullis, ima parte receptaculi sohim diluta carnosa ; ovario sphaerico squamoso stylis roseis mixtis petasum simulan- tibus, fructu 7-8 mm. longo endocarpio roseo, exocarpio distincto, semine largo complanato fusco postea costas 2 medianas et. sulcos ascendentes gerente. Ouest : Boina. Environs de Madirovalo, bois sablonneux secs (anciennes dunes) nov. 1902, jeunes fruits et boutons g, Perrier 9803 ; bois sablonneux du Bongo-Lava, nov. 1906, Perrier 9567 : Ankarafantsika, 7 e Réserve, plateau sablonneux, ait. 150-200 m. chemin de Sainte-Marie, Ankorika, fruits Mars, arbuste 2-3 m. diam. m. 10, Service forestier 64, 154. 13. Croton kimosorum sp. nov. Frutex circiter 1 metralis, ramis dichotomis teretibus, primum squamosis deinde fuscis, foliis sparsis, saepe in ramulis brevibus insertis et subverticillatis Stipulae minimae inconspicuae. Petiolum teres, 3-4 mm. longum, squamoso- argenteum, apice glandulam unicam aurantiacam sessilem medio supra gerens. Lamina obovata basi auenua/o-cuneata, apice rotundata vel subemarginata. circiter 1 cm longa 6 mm. lata. Pagina superior dilute viridis, pubescens [pilis stellatis multis parvis). Pagina inferior squamoso-argentca, rufo-punctata tro squamarum). Nervi secundarii quoque latere 3-4, pagina superiore paull depressi. Racemi terminales brèves, solum juvenes visi (5-10 mm. longi), qu ilore in axilla bracteae salis magnae curvatae, bracteolis 2 oblongo-acutii Pedicellus brevis, in flore Q robustior. Flores cf 6-7, Ç vulgo solitarius. /'/.»■ sepalis ovato-acutis, extra squamis parvis sericeis, centro fusce i^tntis, intus glabris ; petalis 5 obovatis membranaceis margine iliatis ; disci lobis :> -•/-(- sepalis carnosis ; staminis 11 antheris quibusdam orbicularibus, quibusdam ai oblongis, filis basi sicut receptaculo pilosis. Flos Q sepalis acutis margine lutis extra squamosis, ovario majoribus ; corolla nulla ; dis,;, lobii carnosis albidis lads bilobis ; ovario sphaerico squamis parvis multis tecto, hculi 3, septis crassis carnosis; stylis in mole carnoso plurilobato pubescente cucullo simili connatis. Fructus adhuc ignotus (fig. 7, n 08 30 J- LEANDRI Centre (Sud) : Vallée de la Sakamalio, affl. de la Manambolo (bassin du Mandrare). Pentes rocailleuses (gneiss). Bush xérophile, ait. 500-800 m. Dec. 1933, arbuscule 10-12 dcm. Humbert 13320. IV— GROUPE BOJERIANUM Plus de 12 étamines. Des écailles brillantes. Pétales Ç rudimen- taires ou nuls. Limbe au moins deux fois plus long que large, petit (moins de 4 cm.). A. — Feuilles linéaires (2 cm. sur 2 mm. env.) oppo- sées ; 18 étamines environ 14. C. Elliottianus. B. — Feuilles lancéolées ou elliptiques, alternes ; 15 étamines environ. a. Parties jeunes pubescentes ou hérissées. Feuilles lancéolées de 25 mm. sur 7, subsessiles (pétiole : 1-2 mm.). 1. Parties j. à poils roux; stipules persist. ; pé- tiole de 3-5 mm. ; f. tachetées 15. C. Bojerianum. 2. Parties j. à poils blancs ; stip. indistinctes ; pét. de 1-2 mm. ; f. unicolores 16. C. Elaeagni. b. Parties jeunes non pubescentes. Feuilles ellipti- ques. 1 . Feuilles de 3 cm. à pétiole de 1-2 mm U.C. adabolovensis. 2. Feuilles de 1-2 cm. à pétiole de 3-5 mm 18. C. Geayi. a Limbe de 20 mm. environ var. typica. P Limbe de 10 mm. environ var. androiensis. 14. Groton Elliottianus H. Bn., Linn. Paris 863; Leandri, Cat- 32 ; non C. Elliottii Chapm. Arbrisseau à rameaux raides, fournis, ronds et d'un gris clair, écailleux dans le jeune âge ; feuilles rapprochées, opposées ou al- ternes ; stipules indistinctes ; pétiole très court (1-2 mm.) portant à son sommet 2 petites glandes latérales sessiles jaunes ; limbe al- longé-linéaire (3-4 cm. sur 3 mm. environ) obtus-arrondi ou émar- giné, à bords parallèles, écailleux-argenté et ponctué de brun sur la face dorsale, glabre sur la face ventrale, à nervures indistinctes ; grappes terminales de 1-2 cm. portant 2-3 fleurs ? à la base et une dizaine de S à l'extrémité ; fleurs d'un blanc-jaunâtre, les o à 5 sépales orbiculaires écailleux, à pétales oblongs rétrécis en onglet, fimbriés, à 18 étamines environ exsertes, à anthère orbiculaire à loges largement séparées par le connectif, à filets poilus à la base, LES « CROTON » DE MADAGASCAR ET DES ILES VOISINES 31 ainsi que le réceptacle, à disque indistinct ; les $ à pédicelle ro- buste, long de 1 mm., à sépales écailleux, ovales-obtus, lisses et glabres en dedans, à corolle et disque nuls, à ovaire écailleux sphé- rique à styles charnus divisés, plus courts que l'ovaire ; fruit do écailleux atteignant 8-10 mm. à loges nettement renflées à la par- tie supérieure, à apex déprimé ; calice persistant mais non accru ; graines jeunes aplaties, suborbiculaires. Espèce voisine du C. Elaea- gni. Sud-Ouest : Fort-Dauphin, Scott Elliot 2970 ; « sud » sept. 1900, Alluaud 104 ; Lambovana, buisson en boutons 23.9.1932, Decary 10710, 10713 ; Behara (Androy) petit arbre buissonnant, boutons 3.9.1932, Decary 10455 ; Ambovombe, fleurs épanouies et fruits 3 févr. 1931, Decary 8496. Paraissent également graviter autour de cette espèce : Humbert 3012 (vallée d'Ihosy, bassin du Mangoky, pentes ro- cailleuses siliceuses ait. 800-1.000 m. arbuste 29-30 oct, 1924) ; Humbert et Swingle 5502 bis (bassin de la Linta, plateau calcaire à l'Est du delta, ait. 200-250 m. arbuste en fleurs et boutons 29 août 1928) ; Decary 9431 (vallée de la moyenne Mananara, limite orien- tale de l' Androy, 26 nov. 1931). 15. Croton Bojerianum H. Bn., Adans. 1, 151 ; Mûll., Prod. 567 : Leandri, Cat. 31 ; C. Bakerianus H. Bn., Linn. Paris, 849. Arbrisseau à feuilles soyeuses-brillantes, à parties jeunes por- tant des poils roux hérissés. Stipules persistantes triangulaires. Pétiole court (3-5 mm.) portant au sommet et à l'insertion de la première paire de nervures, côté dorsal, deux glandes de couleur claire. Feuilles soyeuses-brillantes dessous, glabrescentes dessus, sauf la nervure principale, et portant des taches qui disparaissent sur le sec, oblongues-ovales et atténuées-obtuses. 15 étamines. i lices $ accrescent, presque foliacé ; corolle $ nulle ou à peine indi- quée par des dents ; ovaire poilu, jaunâtre-ferrugineux. Cextre : Bois des pentes occidentales. Environs d'Ambatofinandrano, ait, 1.200 m., bois à Tapia, schistes. Arbuste de 1-2 m. à feuilles caduques blanches dessous, vert sombre dessus, souvent maculées de jaune ou de roug leur aromatique, Perrier 12412 ; Manonkazo, au N.E. d'Ankazobe, ait, 1.500 m., gneiss, bois, nov. 1913, arbuste monoïque à feuilles caduques, Perrier 9870; près de Betafo, autour «l'un village, ait. 1.400 m., arbuste 2-3 m. à feuilles persistant.-, févr. L912, i sp 32 J. LEANDRI native conservée par les indigènes, ayant probablement un usage médical, Perrier, 9844 ; restes de forêt au nord d'Ankazobe, bord de ruisseau, 11 mars 1930, Decary Iklb. Sans localité : Bojer sans numéro (type) ; Baron, juin 1889, 2091. Ouest : Boina. Rives du Bemarivo, bois sur latérite de gneiss; arbuste de m. 50-60, à rameaux subétalés, à feuilles tachées de jaune et de rougeâtre, à fleurs blanches, déc. 1906, Perrier 9564. Ambongo : Manongarivo, bois sablonneux et secs, petit arbuste sous bois à feuilles tachées de jaune ou de rouge ; fleurs^ blanches, janv. 1905, Perrier 9795 ; causse de Kelifely ou du Ketsa, bois rocailleux calcaires, arbuste atteignant 1 m. à feuilles ordinaire- ment tachées de rouge brique, parfois de jaune ou d'orange, à taches irrégulières sauf 2 à la base du limbe ; anthères blanches, périanthe verdâtre, Perrier 9796. Cette dernière plante diffère du type par ses feuilles grandes, larges, à limbe dépassant 8 cm. sur 3 cm., ses pédicelles floraux atteignant 7 mm., ses glandes foliaires à pédicelle de 1 mm., ses jeunes rameaux moins hérissés, et pourrait peut-être constituer une variété. Le n° 9794 de Perrier de la Bâthie doit probablement aussi être rapporté à la présente espèce. 16. Croton Elaeagni H. Bn., Linn. Paris 848; Atlas Grandidier, 156 ; Leandri, Cat. 32. Arbuste à rameaux ronds même dans le jeune âge, où ils portent quelques poils blancs, courts et raides. Stipules indistinctes ; pé- tiole très court (1-2 mm.) portant près du sommet 2 petites glandes stipitées. Limbe glabrescent dessus, écailleux-brillant dessous, long de 2 cm. 5 sur cm. 7 en moyenne ; fleurs blanches, les (nonnunquamO cm. 8) latis. Racemi 2 4-5 cm., £ 2-3 cm. longi; floribus pa (10-12), bracteis oblongis 1 mm. vel plus longis. Racemi nonnunquam bifurcati, ramis uno $ altero $. Flos $ sepalis 5, petalis 5, membranaceis, disco nullo, staminis 15 filis longis, antheris ovalis brecibus, receptaculo piloso. 5 ovatis squamoso-pilosis, petalis nullis disco carnoso suburceolato, ooario loculis bene ectypis, stylis 3 complanatis, carnosis nigrescentibus longe ab ovario furcatis. Fructus 3-gonus, 5 mm. longus, squamosus stigmatibus permanentibus. Sud-Ouest : Ambovombe, Decary 8361 ; Kotoala, sables dunes littorales, Decary 8408; Bevilany, limite entre l'Anosj e1 l'Androy, sur les gneiss, Decary 10940. 36 J. LEANDRI 19. Croton Jennyanum A. Gris ex H. Bn., Adans. 1, 160; Mùll., Prod. 571 : Leandri, Cat. 33 ; C. squamigerum H. Bn., Adans. 1, 168. Le C. squamigerun H. Bn. me paraît représenter la forme adulte du C. Jennyanum Gris, décrit sur un sommet de jeune rameau. Le principal caractère distinctif, la présence de pièces pétaloïdes oppo- sées aux sépales chez le type du C. squamigerum, est une anomalie, qui se rencontre aussi chez certaines espèces voisines, et non un caractère spécifique ; ces pièces n'existent pas dans le n° 576 de Richard, qui est un co-type de l'espèce. Voici les caractères de la fleur ç de cette espèce, arbrisse u d'en- viron 2 m. : Flos $ pedicello flore bis aequilongo, sepalis 5 valvatis, carnosis, ovato-acutis, squamosis juscis intra pubescentibus ; petalis nullis vel dentibus juscis inter sepala figuratis. Disais undulatus circa basin ovarii. Ovarium sphaericum pilis squamosis latis juscis tectum, stylis carnosis bis bifurcatis, ovulis oblongis punc- tatis, caruncula parva. Vernaculaire : Somoro kely, Volafotsy. Dans les sous-bois et aux lisières (fig. 4, 5). Ouest : Diego-Suarez : Baie de Rigny, Lanivato, 1833, Goudot ; 1837, Richard 148, 176, 576 ; Cap d'Ambre, Boivin 2658, pro parte, Ménabé : Antsingy, Leandri 265, 994, 1070. Sans localité, Bojer ; Baron 6442. Forme à grandes feuilles, à écorce non crevassée : Ouest : Ménabé, Antsingy, Leandri 160, 266, 492. Sans localité, Douillot, sans numéro. V. — GROUPE CHAPELIERI Plus de 12 étamines. Pas d'écaillés brillantes. Pas de glandes sur le limbe en dehors des 2 pétiolaires. Pétales $ rudimentaires ou nuls. Limbe au moins 2 fois plus long que large, à face supérieure glabrescente. A. — Parties jeunes hirsutes. Feuilles dépassant 10 cm. a. Calice fructifère foliacé de 1 cm. env. 1. Pétiole de 15 mm. ; 12-15 étamines ; stipules caduques ou nulles 20. C. Chapelicri. LES « CEOTON » DE MADAGASCAR ET DES ILES VOISINE- 37 2. Pétiole de 8 mm. ; 15-18 étamines ; stipules lancéolées semi-persistantes, de 2-3 mm 21. C. ivohi b. Calice fructifère à sépales de moins de 5 mm. 1. 13 étamines ; stipules de 1 cm 22. C. glomer, 2. 15-18 étamines ; stipules très petites, ± per- sistantes 23. C. Emeliae. B. — Parties jeunes non hirsutes. a. Feuilles dépassant 10 cm. 1. Pétiole atteignant 6 mm. ; 15 étamines 24. C. tahalorum. 2. Pétiole atteignant 2 cm. ; 16-17 étamines. a. Calice ? foliacé, stipules nulles. + Fruit à pédicelle de 2 cm 25. C. nitidulu*. + + Fruit subsessile 26. C. Louv, li. (3. Calice Ç non foliacé, stipules subulées (3 mm.) 27. C. Mocquerysi. h. Feuilles atteignant 7 cm. 5 ; 15 étamines. 1. Ovaire glabrescent (Maurice) voir 28. C. grangerioides (1) . 2. Ovaire poilu. oc. Calice Ç foliacé 29. C. hovarum. p. Calice $ non foliacé 30. C sambiranensis. 20. Groton Chapelier! H. Bn. Adons. 1, 166, Miill. Prod., 584 ; Leandri, Cat. 31 ; Aubertia glandulosa Chap. sched. Plante ligneuse incomplètement connue. Rameaux aplatis dans le jeune âge ; parties jeunes un peu hirsutes ; stipules indistinctes ; pétiole atteignant 15 mm. portant au sommet et en avant 2 glandes assez saillantes ; limbe glabrescent atteignant 10 cm. sur 5 ; 12-15 étamines ; calice $ foliacé-accrescent. Est : Chapelier. 21. Groton ivohibensis sp. nov. Frutex 3-5 metralis ramis binis vel (ernatis primum viridibus pubescentibus, deinde fuscis vel cinereis glabris, teretibus, foliis oppositis vel pseudo-verticilla Slipulae lanceolatae, semi-permanentes, 2-3 mm. longae. Petiolum brève, S mw. longum, cinereo-hispidam glandulls apicis parvis luteis cupularibus subsessilibus . Lamina elliptiro-lancealata acuminata basi rotundata, parle apicali denticul primum pihs stollatos sparsos gerens, deinde praecipue pagina superiore ^lnhni , 9 cm. longa. 4 lata nervis supra subinconspicuis, infra extypis, pennatis, in ri- bus $ 3-5 apice $ ternatis 10-15. Flos , parum ectypis : 46 J. LEANDRI inconspicuis. Petiolum 5-8 mm. longum ; lamina 3-4 cm. longa, 7-9 mm. lata. Racemi terminales, floribus alboluteis {fide Decary), bracteis pedicdlis aequilon- gis, triangulis. Flores $ geminati, apice racemi multi, pedicello gracili 1 mm. 5 longo, sicut calyce squamoso ; sepalis 5 triangulis ; petalis 5 membranaceis, obovato-spatulatis ; staminis 10-11 filis antheris multo longioribus ; receptaculo pilosissimo (albo). Flores Ç geminati sed unico evoluto, 3-4 basi racemi; pedi- cello 2 mm. longo, robuslo, sicut calyce squamoso ; sepalis 5 valvatis crassis trian- gulis, petalis nullis, disco urceolo parvo albo basi calycis figurato ; ovario pers- quamoso, stigmatis carnosis complanatis bis bifidis ovario aequilongis, in sicco nigris ; fructu ignoto (fig. 2). Est, à la limite du Sud-Ouest. Environs de Fort-Dauphin : Behara, Decary 4321 ; Ranofotsy, pentes broussailleuses, Deca- ry 10175 ; près de Bevilany, ait. 200-300 m., Humbert 5695 ; sans localité, Cloisel 60. Massif du Beampingaratra, du col de Bevava au sommet de Bekoho, forêt sur latérite de gneiss, ait. 1.100-1.500 m., Hum- bert 6416). Buisson ou arbuste fleurissant à la saison sèche à basse altitude, au début de la saison des pluies en montagne. Nom vernaculaire : Lingo (d'après Cloisel). Var. basaltorum nov. var. (floribus $ fructibusque ignotis). Frutex ut videtur, ramis teretibus subbifurcatis in juventute jerrugineo-squa- mosis, longe nudis et abrupte multifoliosis, foliis àlternis pseudo-vertieillatis , stipuVs inconspicuis, petiolo apice glandulas 2 parvas gerente, ad 1 cm. longo, lamina, ovato-lanceolata, nonnunquam subacuminata, mucronata vél emarginata 6-8 cm. longa, 1,7-2 cm. lata, pagina superiore glabra, inferiorc squamis aliis argenteis aliis ferrugineis tecta ; costa supra depressa, subtus ectypa ; nervis secundariis vix conspicuis. Racemus terminalis, circiter 5 cm. longus, pedicellis ad 1 mm. longis bracteas 2 (intus et extra) gerentibus, floribus circiter 15 (in ala- bastris solum visis) ut videtur basi $ apice $• Flos <$ sepalis squamosis, petalis membranaceis obovatis apice ciliatis, staminis ad 11, articulatus, facile caducus. Ouest : Plateau d'Antanimena, entre la Mahavavy et la Betsi- boka, bois rocailleux sur basalte, juin 1906, Perrier 9593. Cette variété, voisine du C. antanosiensis, en diffère par ses feuilles et ses fleurs plus grandes, son indûment formé d'écaillés plus grandes et ferrugineuses et l'absence des fleurs $ sur certaines inflorescences. L'échantillon décrit est un stade de saison sèche où la plante, pro- bablement à feuilles tardivement caduques, porte des feuilles et des grappes à boutons bien formés. LES « CROTON » DE MADAGASCAR ET DES ILES VOISINES 4i 37. Croton Gatati H. Bn., Linn. Par. 851 ; Atlas Grandidier pi. 158 ; Leandri, Cat. 31 ; C. hilaris H. Bn.. loc. cit. 927. Arbrisseau ou petit arbre, à rameaux ronds même dans le jeune âge, à feuilles pubescentes-étoilées à la face supérieure, écailleuses- brillantes et ponctuées de brun à la face inférieure, à limbe long de 6 cm. 5 sur 2,5 environ, à pétiole atteignant 3 cm., stipules subnulles ; 2 bosses latérales glanduleuses au sommet du pétiole. 10-11 étamines. Fleurs 2 et fruits inconnus. Centre : Forêt de Didy 14 août 1889, arbre, Catat 1819 (type). Limites de I'Est et du Sud-Ouest : Fort-Dauphin, Scott Elliot 2650 (type du C. hilaris) ; vallée du Volazato, dans le savoka, buis- son, 28.7.1932, Decary 10166 ; col de Manangotry, ait. 500-700 m., forêt, petit arbre en boutons, Decary 10495. VIII. — GROUPE NOBILE Plus de 12 étamines. Des écailles brillantes. Pétales 2 rudimen- taires ou nuls. Limbe au moins deux fois plus long que large, dépas- sant 4 cm. Nombreuses nervures parallèles, à angle très ouvert. A. — Nervures plus de 10 paires. a. 20 à 30 étamines. 1. Pétales 2 rudimentaires. 5 pétales à la fleur <$. oc. Feuilles à limbe de 13-20 cm. sur 45-65 mm. ; pétiole 5-6 cm. Pétales 2 linéaires 38. C. nobile. Feuilles à limbe de 20 cm. env. ; glandes pét. bien développées var. lypica. Feuilles à limbe de 13 cm. env. ; gl. pét. sub- nulles var - délphinensis. [3. Feuilles à limbe de 7-8 cm. sur 3 cm. ; pétiole 3-4 cm. Pétales 2 en petites languettes poi- lues (1 /5 des sép.) ; ovaire subanguleux, écail- leux-poilu 39. C. isomonensis. 2. Pétales 2 nuls. 10 pétales à la fleur 3 40. C. lepidotus. b. 12 à 15 étamines. Corolle 2 nulle. 1. Stipules subnulles. Pétiole développé. a. Nervures en creux à la face supérieure, con- coures à la face inférieure 41. C. trichotomus. + Limbe de 10-12 cm. sur 3,5 ; pétiole attei- gnant3cm v "'- '"/'""• + + Limbe de 6-7 cm. sur 3 ; pétiole de 3-8 mm •••• v "'- P"^"-""-- [3. Nervures en relief à la face supérieure, disco- lores à la face inférieure '-■ ' '• chl * ' 48 J- LEANDRI 2. Stipules développées (1 à 5 mm). Limbe 6-7 cm. sur 12-14 mm. Pétiole subnul (2-3 mm.) 43. C. laçdeflorens. oc. Stipules courtes (1 mm.) fa. boinensis. p. Stipules longues (5 mm.) fa. antsingyensis. B. — Nervures moins de 10 paires. a. Parties jeunes hispides grisâtres 44. C. Belintae. b. Parties jeunes écailleuses-brillantes 45. C Hildebrandtii. 38. Croton nobile H. Bn., Adans, I, 148 ; Mull., Prod. 565 ; Leandri, Cal. 34. Arbre. Stipules caduques ; pétioles de 3-6 cm. portant au sommet 2 glandes saillantes subsessiles noires ; limbe glabre dessus, écailleux- ferrugineux dessous, atteignant 18 cm. sur 6,3 environ. Jeunes rameaux plats et cannelés. 20-30 étamines ; calice ? accrescent ; pétales $ rudimentaires, linéaires ; ovaire écailleux. Est : Sans localité Dupetit-Thouars sans numéro (type). Var. delphinensis var. nov., Foliis brevibus 8-10 cm. longis 6-7 cm. latis. Est-Sud-Ouest : Environs de Fort-Dauphin, forêt de Manan- tantely, ait. 60-300 m., fleurs çS 15 sept. 1928, Humbert et Swingle 5742. 39. Croton isomonensis sp. nov. Frutex 3-6 metralis, ramis teretibus, squamoso-cinereis, saepe dichotomis, foliis sparsis vel suboppositis, in juventute in longum conduplicatis. Stipulae inconspicuae. Petiolum longum (3-4 cm.) squamosum, glandulis apicalibus parum conspicuis. Lamina elliptica, basi rotundata, apice acuto-mucronulata, 7-8 cm. longa, 3 cm. lata ; nervis secundariis quoque latere 12-20 ; pagina superiore laevi, glabra, punctata ; pagina inferiore squamoso-argentea, ru] o- punctata, nervis concoloribus ; margine irregulari sed non scabra. Racemi terminales, axi compla- nato, floribus <$ apice 12-15, tarde aperientibus, $ basi 1-2. Flos g 7-8 mm. diametiens, pedicello anthesi circiter 2 mm. Ion go ; sepalis 5 valvatis orbicularibus, margine pilis intricatis basi unitis, extra squamosis fusco-punctatis ; petalis 5 unguiculatis, extra squamosis, margine ciliatis, intus glabris ; disci glandulis 5 episepalis rujo-aurantiaceis, carnosis, magnis, subcontiguis ; staminis circiter 20, externis epipetalis, filis complanatis , 3 mm. longis ; antheris magnis (1 mm. 5) ; receptaculo piloso. Flos $ pedicello brevi (1-2 mm.) robusto (1-2 mm.); bractea caduca bracteolisque 2 oblongis circumdato ; sepalis 5 carnosissimis, valvatis, ovato-acutis , extra squamosis, intus glabris, 2-3 mm. longis, petalis linguifor- mibus minimis pilosis, quintuplo sepalis brevioribus ; disco disciformi lobis 5 basi pelalorum paullo adnatis ; ovario subhirsuto squamoso, sphaerico-subangulato, angulis 6 stylis patent ibus complanato-depressis, 18-24 ramosis, ad 3-4 mm. LES « CROTON » DE MADAGASCAR ET DES ILES VOIS] 49 longis, sed mox apice marcescentibus. Fructus paullo oblongus, ad 1 i eus ; calyce accrescente ; pericarpio crasso. Semen luteolitm laeve intus latum, extra rotundatum, caruncula alla. Groupe du C. nobile. Port semblable à celui du C. lepidotus Aug. DC. Centre : (Sud). Vallée de la Manambolo, rive droite (bassin du Mandrare) aux environs d'Isomono (confl. de la Sakamalio), mont Morahariva (Mahamena), grand arbuste ou petit arbre (3-6 m.), forêt sclérophylle des pentes occidentales, ait. 1.000-1.400 m., déc. 1933, Humbert 13247 ; (gneiss), ait. 900-1.000 m., Humbert 13367 ; bassin de réception de la Mananara, affluent du Mandrare, pentes occidentales des montagnes entre l'Andohahela et l'Ela- kelaka, au Vatazo (S. d'Imonty), restes de forêt basse sclérophylle sur argiles latéritiques et rocailles (gneiss), 900-950 m., févr. 1934, grand arbuste ou petit arbre 2-5 m., Humbert 14070 ; entre Ampa- hiso et Mahamavo (gneiss), bush xérophile et forêt basse xéro- phile, vers 800 m., janv.-févr. 1934, Humbert 13768. 40. Croton lepidotus A. D. C. Bull. Herb. Boiss. III, 566. Corolle ^ dédoublée en 2 verticilles. Corolle $ rudimentaire ou nulle. Est : Maroantsetra, forêt, Mocquerys 274 (type du C. lepidotus) ; bois sur la rivière Anove, ait. 200 m., arbre en jeunes fleurs, oct. 1912, Perrier 9713 ; Ouest de Tamatave, Betampona, près d'Ambodiriana, forêt orientale, déc. 1925, Perrier 17460. 41. Croton trichotomus Geisel., Mon. 50 ; Miill., Prod., 571 ; Leandri, Cat. 35 ; C. pulchellum H. Bn., Adans. 1, 161. Arbuste à feuilles persistantes, à jeunes rameaux plats. Stipules très petites. Pétiole de longueur variable (2 mm. à 3 cm.), portant au sommet 2 petites glandes sessiles ; limbe ovale-lancéolé, attei- gnant 11 cm. sur 3 à 3,5, glabre dessus, écailleux-argenté ponctué de brun dessous. 12-15 étamines ; corolle $ nulle ; ovaire écailleux brunâtre. La décoction a une odeur poivrée. Vernaculaire : Fotsij avadika (nom qui désigne aussi le C. No- ronhae). Est : Ambila, forêt littorale orientale, arbuste de 3-4 m. à feuilles persistantes, févr. 1923, Perrier 15994. Sans localité : Commerson (Herbier Lamarck) ; Exposition Colo- niale de Marseille 3632. 50 J- LEANDRI Var. pulchella H. Bn. pro sp. Corolle $ représentée par de petites dents ; feuilles de 6 à 7 cm. Vernaculaire : Fotsy-ravo. Sans localité, Martin (herbier Delessert ; fragments au Muséum de Paris). 42. Croton chlaenacicomes sp. nov. Frutex 2-3 metralis, ramis teretibus, apice complanalis cinereo-nigrescenli- bus, saepe dichotomis, foliis sparsis vel suboppositis, in longum in juventute plicatis. Stipulae inconspicuae. Petiolum brève (10-15 mm.) squamoso-pubescens, glandulis apicalibus minimis vel nullis. Lamina ovato-elliptica, basi rotundata, apice acuta mucronulata 6-7 cm. longa, c. 2 cm. 5 lata ; nervis secundariis quoque latere 12-15; pagina superiore laevi, glabra, reticulata ; pagina inferiore squa- moso-nitida, rufo-punctata ; nervis rufis ; margine subintegro. Racemi termi- nales, axi basi complanato, 6-8 cm. longo, basi flores $ 1-2, apice <$ plures gerente. Flores un. longo, apice glandulas 2 luteas longe (1 mm.) stipitatas gerente; lamina ovato- lanceolata, subacuminata, ad 6 cm. longa, 2 cm. lata, supra glabrescente dilute viridi, subtus squamoso-argentea, nervis supra depressis, subtus ectypis circiter in quoque latere 20, subrecte divergentibus. Racemus terminalis gracilis, pauci- florus floribus aliquibus apice $ basi Ç, parte média axis nonnunquam nuda* bracteis parvis 1 mm. longis. Flos $ albus, 3-4 mm. latus, pedicello gracili 2 mm. longo, sepalis 5 squamosis ovato-acutis, petalis roseis obovatis fimbriatis, stami- LES «CROTON )) DE MADAGASCAR ET DES ILES VOISIN nis 15, receptaculo albo piloso. Flos Q pedicello robuste, sepalis ol squamosis, petalis 0, disco crasso, ovario sphaerico squamoso lundis 3-4, bifurcatis, ovulis longis. Fructus subsphaericus, loculis in parte super distinctis, apice depresso ; semini obovato laevi '. mm. longo, caruneula , depressa biloba (fig. 1 /-/). Ouest : Boina : Bois humides, bords du Jabohazo près du Mont Tsitondroina ; forme à stipules de 1 mm., inflorescence à 3 fleurs de chaque sexe en moyenne, ovaire à 4 loges, déc, 1912, Perrier 9799. Ménabé : Tsingy du Bemaraha ; forme à stipules de 5 mm., inflorescence à 6 fleurs de chaque sexe en moyenne, ovaire à 3 loges févr. 1933, Leandri 941. 44. Groton Belintae (H. Bn.) Leandri Cat. 30 ; C. heterochrous H. Bn. Linn. Paris 862, non Mttll. Arbuste voisin du C. Hildebrandtii. Jeunes rameaux plats, à poils hispides blancs-grisâtres ; stipules indistinctes ; pétiole atteignant 3 cm. 5 et portant à son sommet 2 larges glandes sessiles latérales ; limbe long de 9 cm. sur 2 cm. 8 environ, glabre dessus, à la fois écailleux et poilu dessous ; 13-15 étamines ; calice 9 non foliacé ; corolle 2 nulle ; ovaire écailleux et hérissé à la fois. Sambirano : Vavatobé, mont Belinta, petit arbre de 4 m., Jlil- debrandt 3326. 45. Croton Hildebrandtii H. Bn., Linn. Paris 847; Leandri, Cat. 32. Arbrisseau ou arbuste très voisin du C. Belintae, dont il diffère par l'absence de pilosité hispide sur toutes les parties. Sambirano. Baie de Pasandava, Kisimani, pentes découvertes au soleil, juin 1879, Hildebrandt 3013 ; bassins du Zangon e1 du Sambirano, bois sur grès liaskjues, mai 1909, Perrier 9919. 46. Groton vernicosus Bak., Journ. Linn. Soc. 1887, 519; 11. Bn., Linn. Par. 860 ; Leandri, Cal. 35 ; C. sclerodorum H. Bn., Linn. Par. 868. Arbuste à feuilles persistantes, à jeunes rameaux plats, écailleux. Stipules très petites. Pétiole court (5 mm.) portant au sommel 2 petites glandes sessiles postérieures. Limbe glabre et foncé-lui- sant dessus, écailleux-argenté ponctué de brun dessous, long de 8-9 cm. sur 2 environ. Nervures parallèles très nombreuses. L0-15 étamines ; corolle $ bien développée ; ovaire écailleux. 52 J. LEANDRI Il est vraisemblable que Bâillon a décrit son C. sclerodorum sur un co-type même du C. vernicosus de Baker. Le numéro de Baron peut se lire 4735 ou 4935, et il s'agit certainement de la même plante. Centre : Vallée d'Ihosy, bassin du Mangoky, ait. 800 m., rocailles gneissiques ; arbuste de 2-3 m. à feuilles persistantes en boutons et jeunes fleurs, Sept, 1911, Perrier 9666 ; entre Vondrozo et Ivohibe (province de Farafangana), bord de rivière, arbre à fleur jaunâtre, fleurs et jeunes fruits 18.9.1926, Decary 5435. Sans localité, Baron 4735 ou 4935 (type). 47. Croton chrysodaphne H. Bn., Adans. 1, 147; Mtill., Prod. 515 ; Leandri, Cal. 31 ; Monguia lanceolata Chap. mss. Je conserve provisoirement cette espèce qui pourrait bien repré- senter une forme à fleurs $ anormales et hermaphrodites (présence de pétales et de staminodes) du C. argijrodaphne. Un matériel plus abondant permettra sûrement de trancher cette question dans un avenir rapproché. Ouest : Majunga, Bojer. Est : Chapelier ; Dupetit-Thouars. 48. Croton submetallicum H. Bn., Linn. Par. 966; Leandri, Cat. 35. Arbuste. Stipules très petites, caduques. Pétiole atteignant 1 cm., portant au sommet 2 grosses glandes noires. Limbe de 7 cm. sur 3 parfois spatule ou subémarginé, glabre dessus, écailleux-ponctué de brun dessous. Jeunes rameaux plats, écailleux-ferrugineux. 20-30 étamines ; calice $ foliacé ; pétales $ linéaires atteignant la moitié des sépales. Ovaire à la fois écailleux et légèrement feutré. Res- semble au C. Xoronhae, mais s'en écarte beaucoup par ses grappes très longues, pouvant porter 25-30 fleurs $. Vernaculaire : Odikaka. Centre à la limite de l'Est. Analamazaotra, ait. 1.000 m., bou- tons 21 oct, 1912, Viguier etHumlert 837 ; fleurs et fruits mars 1919, Thoinxnot et Ramanantoavolana 155 ; fleurs et jeunes fruits, févr. 1912, Perrier 9738. Sans localité, Baron 5286 (type). LES « CROTOX )) DE MADAGASCAR ET DES ILES VOIS 53 IX. — GROUPE STANNEUM Plus de 12 étamines. Des écailles brillantes. Pétales 9. rudimen- taires ou nuls. Limbe au moins moitié aussi large que long. A. — Des glandes à l'insertion des nervures secon- daires ; 18-20 étamines. Limbe de 11 cm. sur 6 ; pé- tiole de 5 cm 49. C. stanneum. B. — Seulement les 2 glandes pétiolaires ; 12-18 éta- mines ; limbe de moins de 8 cm. ; pétiole de moins de 4 cm. a. Feuilles grandes (limbe de 6-8 cm. sur 4 env.; pétiole de 12 à 40 mm.). Grappe de 5-6 cm 50. C. Bernieri. 1. Pétiole de 12 mm var. lypica. 2. Pétiole de 4 cm var. namorokensis b. Feuilles plus petites (limbe long de 8-50 mm.). Grappe de 1-2 cm. 1. Feuilles très petites (1 cm. env.) 51. C. sakamaliensis. 2. Feuilles plus grandes (5 cm. env.) 52. C Baldaujji. 49. Croton stanneum H. Bn., Linn. Par. 850 ; Leandri, Cal. 34. Arbuste de 3-5 m. à feuilles opposées caduques. Rameaux à écorce rougeâtre ; stipules lancéolées -aiguës, atteignant 1 cm., ca- duques ou semi-persistantes ; pétiole long et grêle (2-5 cm. sur moins de 1 mm.), canaliculé, grisâtre, portant au sommet 2 glandes peu saillantes ; limbe ovale-subcordé, longuement atténué-acuminé, écailleux-grisâtre dessous, pubescent dessus ; nervures palmées 5, les 2 basales peu marquées ; nervures pennées 5 paires environ ; portant à leur insertion, face inférieure, des glandes cupulées sti- pitées. Grappe atteignant 10 à 15 cm. ; bractées très petites ; cymes triflores à pédicelles très courts plus grêles chez les $. Fleur 3 ca- duque, à calice couvert de poils écailleux apprimés ; pétales mem- braneux, oblongs-étroits, fimbriés ; 18-20 étamines ; filets et récep- tacle poilus. Fleur $ à sépales persistants, non accrus ; corolle nulle ; disque de 5 larges pièces opposées aux sépales ; ovaire portant des poils écailleux noirs et des poils étoiles vert clair; styles grêles, divisés. Fruit subsphérique de 7-8 mm. à styles semi-persistants : graine largement ovale, longue de 4 mm. sur 3 environ ; caroncule petite, peu saillante, côte axiale et 2-3 gros sillons obliqua latéraux sur la face ventrale ; côte médiane et 2-3 côtes latérales obliques sur la face dorsale. La décoction de la plante répand un. 1 odeur aromatique poivrée. Parfois planté en haie. 54 J. LEANDRI Centre : Près du mont Ambohimalaza, bassin du Mahatsiatra, ait. 1.500 m., haie autour d'un village, boutons juin 1912, Perrier 9661 ; sur le Manambolo, affluent de la Betsiboka, ait. 900 m., bois des pentes occidentales, arbuste de 3-4 m. à feuilles caduques, fruits nov. 1925, Perrier 17401 ; forêt d'Analavelona, entre le Fiherena et le Manombo, ait. 1.000 m., arbuste de 3-5 m. à feuilles caduques, boutons et jeunes fruits mai 1933. Perrier 19190. Sans localité, Baron 3382. 50. Groton Bernieri H. Bn., Adans. 1, 152 ; Miill., Prod. 566; Leandri. Cat., 30. Arbuste à indûment écailleux métallique; jeunes rameaux can- nelés peu aplatis ; stipules indistinctes ; pétiole de 12-13 mm. por- tant au sommet 2 très petites glandes en forme de bosse noire (par- fois à la base du limbe). Limbe pubescent, puis glabrescent sur la face supérieure, long de 6 cm. 5 sur 4 cm. environ. 12-18 étamines ; calice ? non foliacé ; pas de pétales à la fleur $ ; ovaire écailleux. Ouest : Baie de Diego Suarez, 1846, Boivin et Bernier 2657 ; causse d'Ankara, bois rocailleux de Kamakama, déc. 1901, Perrier 9801. Sans localité : Bichard, 2 e envoi. 306. Var. namorokensis var. nov. A typo differt foliis longe (4 cm.) petiolatis, longioribus (ad 8-9 cm.), stipulatis, glandulis majoribus cupularibus. Ouest : Tsingy de Namoroka (8 e Réserve), arbuste, 1933, Ser- vice Forestier 11. 51. Croton sakamaliensis sp. nov. Frutex \-metralis, ramis subdivaricatis, terctibus, in juventule squamosis, deinde fuscis, foliis sparsis, nonnunquam in ramulis brevibus subdistichis sitis. Stipulae parvae squamosae, caducae. Petiolum brève (circiler 2 mm.) squamis lotis teclum. Glandulae apicales parvae, luteae, sessiles, nonnunquam haud petiolares sed basi dorsi laminae sitae. Lamina elliptico-orbicularis, basi apiceque rotun- data, 8-15 mm. longa, 5-10 mm. lata, mox deplicala. Pagina superior dilute viridis, pubescens (pilis stellatis parvis albidis). Pagina inferior squamoso-ar- gentea, rufo-punctata ; nervus primarius solus conspiruus, supra depressus, infra ectypus. Racemi terminales brèves (1 cm. longi) pauciflori (floribus $ apice 4-5, $ basi 2-3), hracteis $ quam $ multo majoribus. Flos <$ : pedicello flore aequi- longo, pilis squamosis rufo-punctatis sicut cah/ce extra tecto ; sepalis 5 ovato- acutis, margine ciliatis, intus glabris nervatis ; petalis 5 membranaceis, tenuibus, LES « CROTON » DE MADAGASCAR ET DES ILES VOISINES 55 spathulatis, margine ciliatis ; disco lobis 5 carnosis, crassis, episej ami nis 15, filis antheribus bis-ter longioribus ; anthera orbieulari, lata, > . -nu : receptaculo pilis satis longis modice munito. Flos Ç in axilla brai pedicello aequilongae ; pedicello quain $ robustiore ; bracleolis 2 ; scpalis 5 squamosis, margine translucida fimbriata; intus glàbris, calycem subcu) formantibus ; petalis 5 dentiformibus ; disco lobis 5 complanatis lotis macula fusca lata episepala notatis ; ovario subsphaerico-polyedrico squamis magnis paucis tecto, apice piloso, septis crassis carnosis, loculis 3 parvis ; stylis 3, distinct is basi bipartitis, ramis elongato-complanatis. Fructus maturus ignotus, verisimi- liter parvus (4 mm.) squamosus (î\g. 7, n os 1-7), Centre (Sud) : Vallée de la Sakamalio, affl. de la Manambolo (bassin du Mandrare), pentes rocailleuses (gneiss). Bush xérophile. Arbuscule 1 m., ait. 500-800 m., déc. 1933, Humbert 13322. Var. microphylla var. nov. Foliis parvis [lamina 5-10 mm. longa, 2-5 mm. lata), racemis 2-3 cm. longis, fructu dilute viridi 4-5 mm. longo, squamis paullo caducis. Centre (Sud) : Vallée de la Manambolo, rive gauche (bassin du Mandrare) aux environs d'Isomono (confluent de la Sakamalio) Monts Kotriha et Isomonobe, bush xérophile, arbuscule 5-10 dcm., ait. 400-600 m., déc. 1933-janv. 1934, Humbert 12826. 52. Groton Baldauffi sp. nov. Frutex ramis teretibus cinereis, in juventute parum complanatis, rujis, sub- dichotomis. Folia saepe sub-opposita, conduplicata, id est secus costam prinm- riam, in juventute curvatam, plicata. Stipulae parvae, squamosae, caducae. Petiolum vix 1 cm. longum, pilos stellatos rufos, et apice glandulas 2 cupulares luteas parvas, saepe sub pilis vix conspicuas, gerens. Lamina ovala, basi rotun- data, apice subacuminato-obtusa, 5 cm. longa, 3 cm. lata; nervi secundarii quoque latere 7-10, primo laminae basi inserto, supra canaliculati, infra ectypi ; pagina superior viridis, pubescens ; inferior subcinerea, tomentosa, rufo-punct>it,i glan- dulis minimis quibusdam ornata ; margo paullo irregularis, pilosus. Raa terminales brèves (1-2 cm. longi), praecipue <$ vel praecipue videtur). Flores $ gemini vel ternati, pedicellati [pedicello 2-3 mm. longo). Bracteae ! teolaeque caducae. Sepala 5 ovato-subacuta, extra squamosa, intus glabra, ner\ Petala obovato-oblonga, basi angustata, membranacea, fimbriata ; glandulae 5 ellipticae alternipetalae ; staminae 15-18, filis antheris longioribus, anthen ovato-orbiculatis. Receptaculum pilosum. Flos $ brartcis caducis munitus, pedicello brevi (1 mm.), sicut $ magnus (3 mm. diam.), solitarius. Sepala 5 bas connata, triangulato-acuta, albo-cinerea, extra squamoso-pilosà, intus pubest tia. Discus hypogynus lobis 5 depressis, ellipticis, crassis. Ovarium spkaêri squamoso-pubescens, cinereum, triloculare. Styli 3 purpurascentes, fere usque basin pilosam bipartiti. Semen juvene roseum, caruncula depressa. Fructus rus ignotus. 56 J. LE AND RI Le spécimen étudié présentait de nombreuses cécidies florales, renfermant elles-mêmes de petits Hyménoptères du groupe des Chalcidides. Ouest (Sud) : Forêt de Besomaty, entre le Fiherena et l'Isahena (Mangoky), sol sablonneux (grès) ; ait. 750-800 m., oct. 1933, Hum- bert 11249. Voisin du C. Denisi, dont il se distingue par la présence de poils écailleux sur les sépales et l'ovaire. X. — GROUPE MYRI ASTER Plus de 12 étamines. Pas d'écaillés. Seulement 2 glandes, pétio- laires. Pétales $ rudimentaires ou nuls. Limbe allongé, au moins deux fois plus long que large ; plus de 20 étamines ou limbe pubes- cent dessus. A. — 25-30 étamines environ. a. Feuilles poilues-farineuses dessous. 1. Grappes de 2-4 cm. ; feuilles arrondies au sommet 53. C. salviformis. 2. Grappes de 8-12 cm. ; feuilles apiculées au sommet 54. C. arenicola. b. Feuilles glabrescentes dessous ; calice $ ac- crescent-foliacé. Voir 32. C. lapiazicola B. — 17 étamines au plus. Limbe à face supé- rieure pubescente. a. Fruit robuste, atteignant 1 cm. 5 55. C. myriaster. b. Fruit à paroi mince, beaucoup plus petit. 1. Limbe long de 3 cm. 5 environ (1). a. Limbe large de 5-6 mm 56. C. divaricata. (3. Limbe large de 15 mm. environ 57. C. meridionalis. 2. Limbe long de 6 à 7 cm. a. Limbe large de 2 cm. environ. Voir 31. C. Thuarsianum. p. Limbe large de 1 cm. environ. -f Pétales $ nuls ; styles ramifiés 1 fois 58. C. sublinearis. + -f Pétales $ représentés par des touffes de poils ; styles 2 fois bipartis 59. C. tranomarensis. 53. Groton salviformis H. Bn., Linn. Paris, 926 ; Leandri Cat., 34. (1) Voir aussi les variétés du C. tranomarensis. LES « CP.OTON » DE MADAGASCAR ET DES ILES VOIS Arbrisseau de la hauteur d'un homme, un peu écailleux-brillant, à stipules petites, subulées, semi-persistantes, à pétiole de 1 cm. environ, à glandes pétiolaires presque nulles, noires, punctii limbe fortement pubescent à la face supérieure, écailleux et bril- lant dessous, long de 3-4 cm. sur 1 cm. environ ; 30 étamines en- viron ; calice ? accru et renflé, corolle $ presque nulle, ovaire to- menteux gris-verdâtre. Sud-Ouest : Fort-Dauphin, Scott Elliot 2990 ; près de Bevilany, Humbert et Swingle 5690 ; vallée du Mandrare, district d'Ambo- vombe, calcaire quaternaire, fleur blanche, Decary 2628 ; Ambo- vombe, sable calcaire, odeur aromatique, Decary 2992 ; d°, sable, Decary 3087 ; environs de Behara, Humbert et Swingle 5662. Sans localité : Alluaud, sans numéro. Var. rufopunctata var. nov. A typo differt foliis rufopunctatis. Sud-Ouest : du lac Manampetsa au delta de la Linta, sables, 1-10 m. ait. arbuste 1-2 m., fleurs et jeunes fruits, août 1928, Hum- bert et Swingle 5297 ; delta de la Linta, sables, Humbert et Swingle 5380. 54. Croton arenicola sp. nov. Frutex dense ramosus, 2-4 metralis, ramis teretibus striatis in juventute com- planatis ceriferis, foliis alternis vel pseudo-verticillatis, stipulis filiformibus caducissimis, petiolo tereti canaliculato, 1 cm. longo. Lamina supra glabra m infra pilis stellatis tomentosa, farinacea (nervis in duabus paginis conspirais, supra depressis, infra ectypis) ovato-oblonga basi cuneata apice rotundato-mucro- nata, 6-7 cm. longa, c. 2 cm. lata, basi glandulis 2 nigris parum conspicuis dorso munita. Nervi pennati in quoque latere c. 15 secus angulum subrectum divergentes. Folia juvenia conduplicata. Rami saepe pseudo-dichotomi. Racemi terminales subspiciformes c. 20 -flori 6-7 cm. longi, £, sed alii praecipue £ cum unie» flore $, alii praecipue $. Flores luteo-albi. Rhachis complanatus. Fins (Decary 2949) pedicello 1-2 mm. longo, sepalis 5 ovato-acutis pilis stellatis, petalis 5 obovato-fimbriatis, pilis stellatis; staminis 20-2! eptacvlo piloso. Flos o (Decary 2872) pedicello magis robusto 2-3 mm. longo, sepalis oblongis, pilis stellatis, petalis 0, disco crasso sinuàto ; ovario sphaerico pilis stellatis intricatis tecto, epicarpio endocarpio vixadhaerente, loculis 3, stylis 3 cra sis quater divisis (id est ramis c. 48). Calyx accrescens subscariosus. Fru oblongus glabrescens 7-8 mm. longus stylis magis gracilibus, seminibus ■ abortis (fig. 1 k-l). Sud-Ouest : Ambovombe, sable, 10-8-1924, Decary 58 J. LEANDRI 7-9-1931, Decary 9182 ; 9.9.1928, Humbert et Swingle 5624 ; Ampa- simpolaka, gneiss, 13.6.1924, Decary 2872 ; Bevilany, près Fort- Dauphin, 200-300 m., Humbert et Swingle 5679; Decary 10254; Manampany, Geay 6385 ; moyenne Mananara (limite Est de l'An- droy), forêt sur gneiss, 27.11.1931, Decary 9443. Forme pubescens : face supérieure de la feuille pubescente. Bassin de la Linta, plateau calcaire à l'Est du delta, 200-250 m. 28 août 1928, Humbert et Swingle 5490 ; Tranomaro, au N. E. d'Am- bovombe, forêt broussailleuse sur sol gneissique, buisson, 20.6.1931, Decary 9031. Cette plante dégage, si on la fait bouillir dans l'eau, une odeur rappelant l'essence de girofle. 55. Croton myriaster Bak., Joum. Bot. 1882, 268 ; H. Bn., Linn. Paris, 968 ; Leandri, Cat. 34; C. calomeris H. Bn., Linn. Paris 860 ; Atlas Grandidier, pi. 164. Arbuste sans écailles brillantes, à parties jeunes farineuses, à jeunes rameaux un peu aplatis, à feuilles pubescentes dessus et dessous, à stipules subulées fugaces, à pétiole long de 15 à 25 mm. portant au sommet 2 petites grandes brunes substipitées ; limbe de 8 à 15 cm. sur 2 cm. 5 à 5 cm. 5. 12-16 étamines ; calice $ non fo- liacé ; pétales $ rudimentaires en forme de dents ; ovaire tomenteux- hispide, brun clair. Fruit assez gros, à paroi épaisse et dure. Graine longue de 7 mm., large, ridée. Nom vernaculaire : Mongipasina. Centre : Forêts de l'Est du Betsiléo, Baron 223 ; Ambatoloana, bordure Est des Hauts-Plateaux, 1.000 m., bordure de forêt, bou- tons 7 sept. 1927, Decary 5894 ; Angavo, forêt à Mousses, lieux humides et boisés, 1.400 m., fruits passés, décembre, Perrier 9624. Sans localité : Campenon sans numéro (exemplaire paraissant anor- mal) Le Myre de Vilers sans numéro ; Baron 5929 (type du C. calo- meris H. Bn.). Var. austromadecassa var. nov. Foins huioribus ad 9 cm. longis, 6 cm. lalis, petiolis longis (5-6 cm.), stipulis semi-permanentibus. Centre (partie méridionale) : Andringitra, Ikongo, Andohahelo et Beampingaratra. LES «CROTON » DE MADAGASCAR ET DES [LES 59 Befotaka, province de Farafangana, hauteur 5 m., fleur jaunâtre clair, jeunes fruits 20.8.1926, Decary 5147; massif d'Andringitra, ait. 1.700 m. jeunes fruits et fleurs - ribus, bis vel ter bifidis. Sud-Ouest : Ambovombe, sable, buisson à fleur jaunâtre, De- cary 3174 ; arbuste, même localité, Humbert et Swingle 5631. Andrahomana, province de Fort-Dauphin, sur sables et calcaii arbuste buissonnant à fleur blanc jaunâtre, Decary 4017. Diffère du C. arenicola par son port plus grêle, ses rameaux divariqués, le nombre différent d'étamines, etc. Porte souvent dea zoocécidies tuméfiées, à nombreux orifices. 57. Croton meridionalis sp. nov. Frutex ramis teretibus cinereis, foliis alternis ovalo-attenuatis, basi rotunda vel subcordatis, apice obtusis, stipulis variis, acutis vel auriculatis, 2-3 mm. l<>) gis, semi-permanentibus, petiolo tereti 5-7 mm. lung<> lanato-ferrugû las 2 pustulatas apice gerente. Lamina supra viridis, stellato-pubt infra cinereo-lanala vel ferrugineo-lanala ; nervi palmati 3-5; pennati '■ 60 J. LEANDRI circiter 15. Racemi terminales, ferruginei, 3-6 cm. longi, pedicellis brevibus, jloribus cinereo-ferrugineis, basi $ 5-7, apice g circiter 10, 2-4 mm. diametien- tibus, hracfis 2-3 mm. longis caducis. Flos <$ sepalis shllato-tomentosis ovato- acutis, petalis membranaceis fimbriatis, staminis c. 14 filis longis pilosis, antheris ovatis, connectivo dilatato, receptaculo piloso. Flos <$ sepalis crassis tomen- tos'S oblongo-acutis, petalis nullis, disco circulari vel lohis cpisepalis crasso, ovario sphaerico hirsuto vel lanato, stylis basi divisis ovario aequilongis crassis fuscis ; fructus (juvenis) tomentosus ad 5 mm. longus. Centre : Bassin supérieur du Mandrare, vallée de la Manambolo, 300-400 m., arbuste, 23-24 nov. 1928, Humbert 6798 ; Isalo, Tongo- bory sur l'Onilahy, sables, oct. 1924, Humbert 2737. L'inflorescence est parfois ramifiée à la base. Port du C. salvi- formis. 58. Groton sublinearis sp. nov. A C. meridionali differt foliis longioribus angustioribus ad 6-7 cm. longis, 8-12 mm. latis, jloribus majoribus, disco $ depresso. Sud-Ouest : Lahimanara, env. d'Ambovombe, collines gneis- siques, buisson à fleurs jaunâtres, 8.6.1931, Decary 8991. 59. Groton tranomarensis sp. nov. Sujjrutex ramosus ramis teretibus verticillatis, in juventute pilis squamosis et stellatis tectis. Folia sparsa, opposita vel apice ramorum verticillata. Stipulae fugaces. Petiolum ad 1 cm. longum sed vulgo brevius, glandulis apicalibus parvis, subsessilibus . Lamina basi rotundata satis lata (12 mm.), versus apicem, mucro- natum vel non, attenuata, ad 6 cm. longa, nonnunquam brevior, viridis, supra pilos slellatos gerens, infra in juventute squamoso-nitida, deinde farinoso-cinerea. Nervi secundarii quoque latere 8-10, infra conspicui. Margo nonnihil revoluta. Racemi terminales ad 6 cm. longi. Rracteae lineares 2-3 mm. longae. Flores luteoli, c? solitarii vel geminati vel ternati, $ solitarii. Flos o '■ alabastro depresso ; sepalis 5 acutis, extra pilis stellatis et squamosis tectis, intus glabris, nervatis ; petalis obovatis basi in unguiculo attenuatis, tenuibus, roseis, longe fimbriatis ; receptaculo dense longeque piloso, glandulis crassis suborbicularibus ; staminis 16-17, filis longis; floris pedicello squamoso flore aequilongo. Inter petala, in- tusque glandulas sunt villi pilorum longorum argenteorum, verticillum petalorum duplicatum simulantes. Flos Ç, pedicello paginaque exteriore sepalorum piloso- squamosis, pedicello flore aequilongo vel longiore ; sepalis usque ad lertiam par- tent superiorem connatis intus glabris et nervis bene ectypis ; petalis villis pilo- rum figuratis ; glandulis cpisepalis nigrescenlibus, crassis; receptaculo piloso; ovario triloculari ovoideo, depresso, pubescente, lutescente, circiter 1 mm. 5 alto ; stylis gracilibus primum roseis deinde nigrescentibus, basi quasi si?nul bis bipar- titis, 2 mm. longis, basi pubescentibus, pilis simplicibus redis. Fructus ovoideus forte luteo-pubescens, 6-7 mm. longus, 4-5 mm. latus ; calyce dilatato subin- LES « CROTON » DE MADAGASCAR ET DES ILES VOISINES 61 duviato, nervis quant in flore magis ectypis; stylis permanentibus sir centibus ; semen fuscum longum saepe abortum. Odor aromaticus. Sud-Ouest : Tranomaro, au N. E. d'Ambovombe, foret brou sailleuse sur les cipolins, 19 juin 1931, Decary 9022. Var. minor var. nov. Ramis gracilioribus ; foliis brevioribus (2-3 cm.) ; racemis brevioribus (2 cm. stylis minus complète divisis. Sud-Ouest : Ambovombe (Behara), sur le cristallin, buisson, 9 janv. 1931, Decary 8370. Var. Isomoni var. nov. intérim. Frutex circiter 1-metralis, dense rajnosus, ramis nigrescentibus, dichotomie, saepe tortuosis subdivaricatis, foliis vulgo oppositis vel suboppositis. Stipulae indistinctae. Petiolum teres, 6-8 mm. longum. Lamina ovata, apice basique rotun- data, 2 cm. longa, 6-8 mm. lata, supra viridis, pubescens, infra dilute cinerea, subsquamosa ; nervis lateralibus quoque latere 4-5, obliquis infra ectypis. Flores ignoti. Racemi fructiferi fructus 4-5 gerentes. Fructus calyce permanente, haud accrescente, ornatus, depressus, 5 mtn. diametiens luteo piloso-hirtello, stylis pluries divisis, ramis gracilibus, nigrescentibus ; valvis 6. Semen parvum, 2 mm. 5 longum, 2 mm. latum, subfuscum, laeve, subcorrugatum, intus perobtuse anguln- tum, caruncula maxime depressa. Centfe (Sud) : Vallée de la Manambolo, rive droite (bassin du Mandrare) aux environs d'Isomono (confluent de la Sakamalio), mont Morahariva : rocailles gneissiques, ait. 1.000-1.200 m., déc. 1933, Humbert 13105. XL — GROUPE TILIAEFOLIUM Plus de 12 étamines. Pas d'écaillés. Seulement 2 glandes, pétio- laires. Pétales $ rudimentaires ou nuls. Limbe large (au moins 1 : 2 de la longueur). Feuilles poilues, même sur la face supérieure. A. — 20-30 étamines. a. Limbe de 10 cm. sur 10 environ (Maurice) 60. C. tiliaejolium. b. Limbe de 4 cm. sur 3 environ 61. C. lichenisilvae. B. — 13-16 étamines. a. Fruit ligneux atteignant 2 cm. 5 62. C. j urh b. Fruit non ligneux atteignant 1 cm. 1. Calice fructifère très accrescent. III. 52 J. LE AND RI a. 16 étamines ; limbe de 5 cm. sur 3 63. C. Bastardi. (ï. 13 étamines ; limbe de 10 cm. sur 7,5 64. C. Danguyant 2. Calice fructifère peu accrescent. a. Limbe cordé ; pétiole de 3 cm 65. C. barorum. p. Limbe elliptique-subacuminé ; pétiole de \ cm 66. C. moraharivensis. 60. Croton tiliaefolium Lamk. Enc. 2,206 (part.); Miïll., Prod. 587. Arbuste non écailleux ; feuilles à limbe orbiculaire (10 cm. sur 10) à pétiole de 2 cm. avec 2 glandes très petites, stipules très pe- tites. 20-30 étamines ; fleur ? à calice non foliacé, sans corolle ; ovaire tomenteux-étoilé puis glabre. Maurice : Dupetit-Thouars ; Commerson ; Sieber 186-2. 61. Croton lichenisilvae sp. nov. Frutex %-k-metralis, partibus juvenibus ferrugineo-tomentosis, ramis rotun- dis, in juvénilité complanatis, foliis oppositis, stipulis minimis inconspicuis, peiiolo rotundo, tomentoso-ferrugineo, 1 cm. et ultra Ion go; lamina intégra vel in parte superiore undulata, ovata vel obovata, subacuminata, 3-4 an. longa, 2-3 cm. lata, glandulas 2 cupulares luteas basilares posticas, pedicello cum margine usque ad sinu petiolari connato, gerente. Costa nervique secundarii 4-5 in quoque latere, in pagina inferiore pilos stellatos tnultos gerente ectypi, in pagina supe- riore, ubi pili magis sparsi, conspicui ; ramis dichotomis vel trifurcatis. Racemi monoici brèves (1-3 cm.) terminales, foliis bracteijormibus comitati, floribus ? basi 1-2; floribus (j 1 in cymis ternatis, bracteis foliaceis ovato-lanceolatis 5-6 mm. longis. Flos c? pedicello flore aequilongo, sepalis valvatis, ovato-acutis, pilis strictis ; petalis obovatis rufis sepalis aequilongis sed angustioribus mar- gine ciliatis ; staminis 20-22, filis longis pilosis, antheris suborbiculatis ; recep- taeulo piloso ; disci lobis parvis luteis epipetalis, pollinis granis sphaericis ; flos $ pedicello ferru.gineo denique 7-8 mm. Ion go ; calyce parum insymmetrico, lobis ovatis valvatis, 1 cm. longis, 4 mm. latis, petalis minimis virgatis, disco cupulari piano, angulato ; ovario hispido sphaerico ; stylis maximis carnosis patentibus 20-30 ramosis ; fructus ignotus (fig. 8, f,g). Centre : environs d'Analamazaotra ; silve à Lichens, sous-bois, vers 1.000 m. ait. Perrier 9637. 62. Croton regeneratrix sp. nov. Arbor c. 8 m. alla, ramis teretibus, in sicco striatis, foliis aliernis, stipulis inconspicuis, pctiolo ad 5-6 cm. longo, 1 mm. 5 lato, glandulas 2 subsessiles apice gerente; lamina ovato-vél obovato-pentagonali 12-13 cm. longa, 7-8 cm. lata, pagina superiore stellato-pubescente, inferiore tomentoso-lanata, cinereo-viridi ; nervis palmatis 5, nervis pennatis in quoque latere 4-7, pagina inferiore ectypis, LES « CROTON » DE MADAGASCAR ET DES ILES VOISINES 63 pagina superiore pilosis. Racemi 5-15 cm. longi $ sed hic praesi Flores <$ in axi saepe 2-3 fasciculati ; pedicello 3-5 mm. Ion go, calyce valvato lobis ovatis ; corollae lobis obovato-spatulatis fimbrialis ; staminis 16 fili Fig. 8. Croton Ikopae : a, port ; b, infrutescence flétrie ; c, fruit ; d, fleur éta- mine. — C. lichenisilvae : /, port ; g, jeune fruit. Dimensions : voir le texte. basi, sicut receptaculo, pilosis. Flores $ jwenes subsessiles, sepalis 5 obloi - ovatis extus rufo-stellatis, valvatis ; petalis 5 parvis, lingua pilis multis mun\ jormatis, disci lobis 5 latis carnosis ; ovario sphaerico hispido, stylis corn pluries bifidis (fig. 9). Centre : Versant Nord du Pic d'Ivohibe, 1.200-1.400 m., arl 64 J. LEANDRI de 8 m. à tronc de 20-25 cm., à fleurs jaunâtres ; fleurs S et bou- tons ?. 28 sept, 1926, Decary 5708. Je rapproche de cette espèce à titre de variété, bien que les échan- tillons soient dans un état dé développement différent, et malgré les pétioles un peu plus courts, le n° 13769 de Perrier de la Bâthie, dont la plupart des caractères concordent avec la précédente des- cription. Var. Perrieriensis var. nov. + A typo differt joliis magis obovatis, petiolo brevi (4 cm. longo) magisque ro- busto (2 mm.), tomento densiore. Fructus maturus ad 2 cm. longus, 18 mm. latus, tomentoso-hirsutus, pericarpio duro crasso, toto secus loculas, solum dimidio secus septas aperiente; semina ovata magna, corrugata, caruncula parva hilo ovato versus basin acuto (fig. 9, e-i). Centre : Forêt à mousses. Planté près d'Ambatolampy ; pro- vient des boqueteaux de l'Ankaratra, ait. 1.600 m. Avec les autres Mongy, c'est une essence régénératrice (secondaire) de la forêt à sous-bois herbacé. Fruits mûrs, mai 1921, Perrier 13769. Nom indigène : Mongy. 63. Croton Bastardi sp. nov. Frutex ramis fuscis teretibus, in juventute complanatis, rujo-viridibus, dicho- tomis, joliis oppositis vel suboppositis, teneribus. Stipulae minimae lineares, caducae. Petiolum circiter 1 cm. longum, pilis stellatis rufo-fuscis et viridibus tectum, glandulis apicalibus dorsalibus parvis, sessilibus, luteolis, cupularibus. Lamina ovata, basi rotundata, apice subacuminata vel subacuta, 4-5 cm. longa, 2,5-3 cm. lata, nonnunquam major. Pagina superior jusce viridis, pubescens, pilis stellatis parvis sparsis ; pagina injerior pallidior, pilis stellatis dense tecta. Nervi basi palmati ; nervi secundarii latérales quoque latere 4-5, obliqui (45°); margine paullo sinuato. Racemi terminales 2-3 cm. longi ; jloribus $ apice 10-15, $ basi 2-3, simul aperientibus. Flos £ : pedicello gracili, rufo, circiter 4 mm. (ad 6) longo, in axilla bracteae acutae pedicello duplo brevioris ; sepalis orbicu- lalo-acutis, extra stellato-pilosis ; petalis obovalo-oblongis margine ciliatis ; disco glandulis latis, luteis, crassis ; staminis 16, jilis longis, antheris orbicula- ribus. Flos $ : circiter 1 cm. diam., pedicello 4-5 mm. longo; calyce accrescente, sub-revoluto, subjoliaceo ; petalis linearibus jugacibus ; disci lobis crassissimis, carnosis ; ovario sphaerico, pilis hirtellis, stylis basi connatis complanato-paten- tibus, eis C. lichenisilvae similibus. Fructus juvenis calyce accrescente subconni- vente circumdatus, pedicello 1 cm. longo. Voisin du C. lichenisilvce, dont il se distingue par ses fleurs ^ isolées, les bractées de l'inflorescence étroites, non foliacées, les glandes situées sur le pétiole et non sur le limbe (fig. 10, n os 1-10). LES « CROTON )) DE MADAGASCAR ET DES ILES VOI- FlG. 9. Croton regeneratrix : a, port ; b, inflorescence ; c, jeune fleur Ç ; d, fleur — Var. Perrierensis : e, port ; /, une valve du fruit ; g, k, graine, faces dorsali ventrale ; i, base du fruit après la chute des valves. Dimensions : voir le 66 J. LEANDRI Ouest : Forêt de Besomaty, entre le Fiherena et l'Isahaina (Man- goky) ; sol sablonneux (grès) ; ait. 750-800 m. oct. 1933, Humbert 11236. 64. Croton Danguyana sp. nov. Frute.r ramis juvenibus tomentoso-ferrugineis, foliis oppositis cordatis suba- cuminatis. Petiolutn ad 3 cm. longum, 2 mm. crassum, tomentosum, apice glan- dulas 2 cupulijormes gerens. Stipulae caducae, ovato-acutae, ad 5 mm. longae. Lamina in pagina superiore fusco-viridis pubescens, inferiore magis diluta tomentosa ; nervi primarii (palmati) 3-5, secundarii [pennati) in quoque latere 5-6; nervilli pagina superiore depressi. Racemus brevis, crassus (3 cm.) basi flores Ç raros magnos. apice <$ multos glomeratos bracteis permixtos, gerens. Flos <$ sepalis 5 pilis stellatis et simplicibus tectis, petalis 5 tenuibus teneribus ciliatis aliernis, glandulis 5 alternis luteis crassis, staminis c. 13 filo anthera ter longiore, filis pilis mixtis. Flos Ç pedicello 1-2 mm. longo, sepalis 5 magnis, foliaceis, ad 1 cm. longis dense villosis ; petalis subulatis curvis parvis; disco cupuliformi ; ovario sphaerico villoso 3-loculari ; stylis pluries divisis crassis primum intus involutis ; fructus ignotus. Ouest (Boina) : Bongo-Lava, bois sablonneux secs, nov. 1906, arbuste à rameaux subétalés, fleurs S blanches, Perrier 9565 ; en- virons de Madirovalo, bois sablonneux secs (anciennes dunes), nov. 1906, Perrier 9832 ; probablement Réserve de Namoroka, 1933, Service Forestier 76, 104. Cette espèce ressemble beaucoup au C. barorum, dont elle se dis- tingue par son port moins élevé, son calice très accrescent, conni- vent, enfermant complètement l'ovaire (fig. 1, d.). 65. Croton barorum sp. nov. Arbor ramis multis, cortice in longum striato, in juvénilité ramis pubescentibus angulosis. Folia stipulis semi-permanentibus magnis subulatis, petiolis c. 3 c?ti. longis, 1 mm. 5 crassis, forte luteo-villosis, laminis cordatis crenato-dentatis acutis vel rariore obtusis, paginis duobus, praecipue inferiore, tomentosis , supe- riore viridi, inferiore alba, pilis simplicibus stellatisque ; nervis palmatis 3-5, pennatis in quoque latere 3-5, nervillis subparalleloneis ; glandulis basilaribus minimis vel inconspicuis. Racemus subspiciformis floribus Ç 2-3 basilaribus, cj multis in glomerulo apicali conico bracteis filiformibus crassis caducis. Flores albi. Flos ,^ : sepala tertia parte inferiore connata ovata, pilis stellatis sparsim tecta; petala parum basi connata, obovata tenuia; staminae 15-16 antheris orbicu- laribus ; receptaculo sicut basi filorum piloso. Flos Ç : sepala distincta pilis simplicibus et stellatis, petalis nullis, disco hypogyno glandulis parum ectypis opposilisepalis, ovario subsphaerico piloso, stylis 3 pluries divisis ; fructu.... (fig. 10, n°s 11-16). LES « CROTON » DE MADAGASCAR ET DES ILES VOISINES 67 FlG. 10. Croton Bastardi : 1, fleur $ '■, 2 , sépale ; 3, pétale ; 4, anthère ; 5, fleur l'anthèse ; 6, fruit presque induvié ; 7, intérieur de la fleur g : s. rameau fleuri; 9, rameau fructifié ; 10, ramification. — C. barorum : 1 I. fleur o : '"-■ ' mine ; 13, pétale <$ ; 14, pistil ; 15, fleur $ ; 16, port et infl ice. 68 J. LEANDRI Si d-Oi i st : Antanimora (prov. Fort-Dauphin) 16 juillet 1926, Decary 4346. Var. mangokyensis var. nov. A typo differt folii* floribusque minoribus, pedunculo fructifero brevissimo, stipulis caducis, bracteis axillaribus latioribus brevioribus. Fructus subsphaericus parum oblongus loculis parum sulcatis, 8-9 mm. longus, stigmatibus permanen- tibus. Oi est : Vallée d'Ihosy (bassin du Mangoky), pentes rocailleuses (rochers siliceux), 800-1.000 m. 29-30 oct. 1924, Humbert 2.992. 66. Croton moraharivensis sp. nov. i'ruifi ramis in juventute complanatis, deinde teretibus, sub-dichotomis, cor- tice rufo, foliis oppositis, primum erectis et secus costam primariam rectani in longum plicatis, deinde patentibus. Stipulae parvae, fugaces. Petiolum teres, vix canaliculatum, 1 cm. longum, 1 mm. crassum, pilis stellatis sub-rufis tectum, glandulis apicalibus 2 cupularibus parvis substipitatis aurantiaceis, nonnun- quam parum conspicuis. Lamina elliptica vel ovata, basi rotundata vel subcor- data. apice rotundata vel subaeuminata, 6-7 cm. longa, 4 cm. lata nervis lateralibus quoque latere 9 obliquis paullo arcuatis, supra albidis, infra ectypis ; nervis ter- tiariis conspicuis. Pagina superior viridis, pilis stellatis parvis sparsis ; pagina inferior albo-cinerea concolor toto pilis stellatis intricatis tecla ; margo subsinuosa. Race mi terminales, floribus $ basi primum aperientibus, <$ apice ut videtur- tarde ; nonnunquam uniscruales, 2-4 cm. longi. Flores J multi albo-cinerei, soli tarii, quoque in axilla bracteae unicae. Pedicellus brevis (1-2 mm) pilis stellatis ledits. Sepala 5 extra pilosa, intus glabra nervata, ovato-acuta. Petala obovato- oblonga sepalis longiora extrorsum curvata, membranacea, margine ciliata. Disci lobi 5 crassi, albidi parum distincti. Staminae 15-16 jilis longis antheris orbicu- laribus. Receptaculum pilosum, parum exaltatum. Flores $ quisque in axilla bracteae caducae solitarii, pedicello brevi robusto ; sepalis ovato-acutis 5, basi connatis, costa mediali ectypa, extra pilis squamosis fuscis tectis, margine cilia- tis, intus paullo pubescentibus ; petalis dentiformibus vel nullis ; disco hypogyno glandulis 5 crassis latis depressis episepalis ; ovario triloculari sub-oblongo pilis stellatis fuscis tectus, praecipue in parte superiore ; stylis 3 distinctissimis ovario brevioribus, fuscis, complanatis, basi trifurcatis quoque ramo bifurcato ; apice ovarii albo-piloso. Fructus oblongus 6-7 mm. longus, valvis 6 aperiens, columella persistente gracili. Pericarpium tenue. Semen oblongo-ellipticum ad 5 mm. lon- gum, 'i mm. latum, extra sulcatum, intus angulatum, primum album, deinde fusco-nigrescens ; caruncula depressa. Odor aromaticus. Ci ntre (Sud) : vallée de la Manambolo au confluent de la Sakamalio, ait. 1.000-1.400 m., déc. 1933, Humbert 13176, -Hi mi. longis, foliis parvis ad 10 cm. longis, 7-8 cm. latis. Centre : Mont Tsaratanana, silve à Lichens des cimes, vers 2000 m. ; arbuste de 3-4 m. à feuilles persistantes, déc. 1917, Perrier 9720. XV. — GROUPE BRACTEATUM Plus de 12 étamines. Pas d'écaillés. Pas d'autres glandes que les 2 pétiolaires. Pétales ? à lame développée. Feuilles à limbe au moins 2 fois plus long que large. A. — Calice $ foliacé ; inflorescence à grandes bractées . 75. C. bracteatum. B. — Calice ? non foliacé ; bractées florales petites 76. C heteranthus. 75. Croton bracteatum Lam. Eue, II, 208 ; Willd., Spec, V. 4, 542 ; Baill., Adans. 1, 148 ; Mull., Prod., 520 ; Leandri, Cat, 31. Plante ligneuse portant des poils étoiles soyeux mais non de vrais poils écailleux ; parties jeunes héiissées ; jeunes rameaux légère- ment aplatis ; feuilles longues, à limbe de 12 cm. sur 5,5 environ sub-glabrescent dessus ; pétiole long de 2-3 cm. ; 2 petites glandes postérieures à la base du limbe ; stipules petites, subulées, semi- persistantes ; fleur S à 14-16 étamines ; fleur $ à calice foliacé, pé- tales spatules-lancéolés, atteignant la moitié des sépales ; ovaire hirsute. Sans localité : Commerson, sans numéro. 76. Croton heteranthus Aug. T)C.,Bull. Herb. Boiss. 1901, 566 ; Leandri, Cat. 32. Est : Maroantsetra en forêt, Mocquerys 228. LES « CROTON » DE MADAGASCAR ET DES ILES VOISINES 75 XVI. — GROUPE ANKARENSIS Plus de 12 étamines. Pas d'écaillés. 2 glandes pétiolaires seule- ment. Pétales $ à lame développée. Feuilles à limbe de 3-4 cm. sur 2-3 cm. Ovaire portant des excroissances. A. — Parties jeunes mollement poilues 77. C. ankarensis. B. — Parties jeunes sans longs poils mous 78. C. mahajaliensis. 11. Croton ankarensis sp. nov. Frutex monoicus, in partibus juvenibus pilis longis gracilibus strictis albidis tectus, ramis cinereis tortuosis, foliis caducis suboppositis rotundato-subcordati* . acuminatis, longe petiolatis, in summa parte ramorum multis. Stipulae caducae subulatae, nigrescentes, cire. 2 mm. longae. Petiolum 2 cm. longum pilis squa- mosis et stellato-rectis tectum. Lamina supra jusco-viridis, infra pilis cinereis tecta, 4 cm. longa 2 cm. 5 lata ; margine undulata haud dentata, nervis palmatis 5, pennatis in quoque latere ^-5,'ectypis. Racemi terminales apice q, basity, 3-4 cm. longi, floribus $ basi 2-4, /l- lum scutelligerum Boiv. sched. Arbre sans écailles brillantes, à parties jeunes non hérissées, à jeunes rameaux aplatis, feuilles larges (15 cm. sur 10,5 environ) glabrescentes dessus, pétiole long (8 cm.) portant des glandes au sommet, de même que le limbe ; stipules caduques ; fleurs $ à 15 (12-20) étamines ; fleurs $ à calice accrescent, subfoliacé, à pétales petits, inégaux, subspatulés, ou nuls ; ovaire poilu-hirsute, ferru- gineux ; style à 3 branches 2-5-fides. Ecorce jeune rouge brun, moelle très grosse. Sambirako : Nosy-Bé, forêt de Lokobe (Richard 180, 214, 594 ; Bowin 56, 1851, 2187). Comores : Mayotte (Bowin 3382). 88. Groton subaemulans H. Bn., Soc. Linn. Paris, 850 ; Leandri, Cat. 35 ; C. tenuicuspis H. Bn., loc. cit. 927. Arbuste non écailleux, à parties jeunes non hérissées, à rameaux jeunes aplatis ; feuilles ovales-aiguës, longues de 11 cm. sur 6 en- viron, glabrescentes dessus ; pétiole long de 5-6 cm., portant deux glandes sessiles ; des glandes aussi sur le limbe ; stipules semi- persistantes ; fleurs <$ à 15-20 étamines ; fleurs $ à calice assez variable : oblong ou ovale, glabre ou poilu, parfois foliacé; à corolle nulle ; ovaire tomenteux- ferrugineux. 82 J. LEANDRI Nom indigène : Mavokely (à Maromandia). Ouest : Boina, haut Bemarivo, bois secs, oct. 1907, Perrier 9556 ; causse d'Ankara, déc. 1902, Perrier 9806, 9810 ; Maromandia (Be- fotaka) 16.9.1922, Decary 999 ; environs de Morafenobe, 30 oct. 1923, Decary 2359 ; Ménabé Nord, Tsingy du Bemara (9 e Réserve Naturelle), Leandri 116. Sambirano : Nosy-Bé, Ambanja, Waterlot 289, 290, 291. Sans localité : Baron 5795, 5846. Il m'a paru que le C.subaemulans de Bâillon correspondait à une forme jeune de son C. tenuicuspis ; le nombre d'étamines différent (15 et 20) n'est pas suffisant pour constituer seul un caractère spé- cifique. J'ai conservé le premier binôme parce qu'il est un peu antérieur dans le Bulletin de la Société Linnéenne de Paris. Je rapproche de cette espèce, à titre de variété, les échantillons suivants : Var. minor var. nov. A typo differt foliis minoribus, ovarii pilis tenuioribus, racemis brevioribus, glandulis stipitatis. Ouest : Causse d'Ankara, Kamakama, bois rocailleux calcaires (jurassique); déc. 1900, arbuste 1-2 m. à feuilles caduques, Perrier 9814 ; embouchure de la Soahanina, Tsiampihy, arbuste en jeunes fleurs et fruits le 15 oct. 1932, Leandri 298. 89. Croton Tulasnei H. Bn., Adans. 1, 156 ; Mtill., Prod. 583. Espèce endémique des Comores très voisine du C. subaemulans r dont elle diffère par la présence de très petits pétales $ subulés r les feuilles un peu différemment ovales (8 cm. sur 4 environ). Pé- tiole de 2 cm. Comores : Mayotte, Bouzi, nov. 1850, Boivin, sans numéro. 90. Croton Denisi Leandri Bull. Mus., 1931, 367 et Cat., 31. Diffère de l'espèce précédente par la face inférieure soyeuse des feuilles, la fleur $ à calice plus grand, à pétales nuls. Sud-Ouest : Behara (Fort-Dauphin) Decary 4320. « Sud » sept. 1900, Alluaud 80. 91. Croton Perrieri Leandri, Bull. Mus. 1931, 369 ; Cat. 34. Arbuste dioïque (?) à stipules caduques, feuilles opposées à pé- tiole court (4 mm.), à limbe subentier ovale-aigu acuminé ; 2 glandes LES « CROTON » DE MADAGASCAR ET DES ILES VOISINES 83 dorées sous la base du limbe ; grappes S de 3-7 cm. ; fleurs <$ à pédi- celle de 1 mm. sépales soudés jusqu'au tiers inférieur, 18 étamines ; grappes $ de 3 cm. à fleurs subsessiles, apétales, à disque plat cir- culaire ; styles 2 fois bifurques, à la base et près du sommet. Ouest : plateau du Berizoka, Perrier 353. 92. Groton Ikopae sp. nov. Frutex ramis teretibus in juventute tomentosis luteo-ferrugineis, in parte apicali complanatis. Folia opposita, stipulis linearibus 2 mm. longis caducis, petinlo c. 1 cm. Ion go apice glandulas 1 luleas nonnunquam pilis occultaias gerente, lamina ovato-orbiculari, basi subcordata, apice subacuta c. 4 cm. 5 longa, 3 cm. lata ; costa nervique bene conspicui supra depressi, infra ectypi ; nervi palmati 5, duobus inferioribus minoribus ; nervi pennati in quoque latere 4-5 ; nervilli reticulati ; pagina inferior tomentoso-sublanosa, dilutissime luteo-viridis ; pagina superior-fusco viridis, pubescens. Pili stellati. Racemus terminalis, subspicifor- mis, 5 cm. longus, luteo-ferrugineus ; nonnunquam racemi breviores 9- Flores $ saepe geminati vel ternati bractea centrali magna 2 mm. longa, lateralibus 1 mm. longis acutis. Floris ■ ; 20 étamines ; calice ? non foliacé ; pétales $ probablement nuls (?) ; ovaire hispide, globuleux. Espèce établie sur un un échantillon incomplet, qui pourrait bien être une forme ou variété du C. Goudotii. Centre : sans localité ni numéro, Le Myre de Vilers. 106. Croton nudatum H. Bn., Adans. 1, 168 ; Miill., Prod. 521 ; Leandri, Cat. 34. Plante ligneuse sans écailles brillantes, à parties jeunes tomen- teuses-ferrugineuses, à rameaux jeunes aplatis ; calice $ non fo- liacé ; pétales $ bien développés ; ovaire hispide-blanchâtre. Oi est : baie de Diego-Suarez, Boivin 2659. Par ses pétales $ bien développés et son revêtement, cette es- pèce, qui ne paraît pas avoir été retrouvée depuis Boivin, se rap- proche des C. adenophorum, muricalum, etc. RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS Cette étude des Croton de Madagascar et des îles voisines confirme que ce genre, d'origine très ancienne, comme l'indiquent les affi- nités américaines de quelques espèces, a pu produire et maintenir dans la région malgache un nombre considérable de formes voi- sines, bien que distinctes. Rapprochée du petit nombre des espèces du genre sur le conti- nent africain, cette abondance de types différents mais proches, où subsistent toutes les formes intermédiaires, semble indiquer que l'insularité a joué un aussi grand rôle dans leur conservation que dans leur probable ségrégation. L'hypothèse du monophylétisme du genre est appuyée par l'ab- sence de groupes naturels bien tranchés comprenant un nombre important d'espèces. Mais, bien que l'étude des nouveaux maté- riaux révèle les insuffisances de jour en jour plus nettes des an- ciennes classifications en sections, leur réforme ne peut être entre- prise sur la base des seules formes malgaches, et doit être réservée à un monographe ayant étudié toutes les formes du globe. La parenté étroite de certaines formes malgaches et africaines vient, par ailleurs, à l'appui de l'idée généralement admise, d'une ou de plusieurs connexions pendant l'ère tertiaire, entre les deux continents. Le nombre de ces cas d'étroite affinité étant assez faible par rapport à l'ensemble, les invasions de types africains n'ont dû avoir qu'un succès limité, soit à cause de la faible durée des connexions, soit en raison de la faible pénétrabilité de la végé- tation malgache native par les éléments étrangers. Notons en pas- sant que nul Croton n'est naturalisé à Madagascar, et qu'il n'y a pas d'espèces indigènes non endémiques. Or, il se trouve justement que les espèces indigènes ne sont pas rares dans la végétation modifiée, et surtout aux lisières. Bien que 88 J- LEANDRI les fruits et les graines ne se prêtent guère aux transports à distance, ces arbres et arbrisseaux sont donc de bonnes espèces colonisatrices et régénératrices. Cette aptitude indique une certaine facilité d'adaptation aux changements dans les conditions de milieu, en particulier dans l'éclairement. Il en résulte que le régime des feux de brousse, s'il a peut-être amené l'extinction d'un certain nombre d'espèces, a probablement plutôt accru l'importance du genre dans la végétation. 1 1 faut sans doute voir une adaptation du même ordre dans les anomalies de la biologie florale et foliaire qu'on observe chez les espèces tropophiles de l'Ouest. L'apparition des boutons à la fin d'une saison des pluies et leur anthèse au début de la saison des pluies suivante, la présence à travers toute la saison sèche de feuilles restant étroitement condupliquées, qui s'ouvent aux pre- mières pluies suivantes, tous ces phénomènes sont conformes à l'hypothèse formulée en 1921 par M. H. Perrier de la Bathie, d'un changement récent dans le climat de ce domaine, et d'une adaptation de certains végétaux à leur nouveau genre de vie par le déclenchement à contre-saison de certains processus biologiques. INDEX BIBLIOGRAPHIQUE (Principales publications seulement.) H. Bâillon. — Etude générale du groupe des Euphorbiacées, Paris, 1858. — Euphorbiacées africaines, Adansonia I, 146 et s., 1860-1861. — Liste des plantes de Madagascar, Bull, de la Société Linnéenne de Paris, 1890. J. G. Baker. — Flora of Mauritius and the Seychelles, Londres, 1877, p. 319. — Contributions to the Flora of Madagascar, Journal of the Linnean So- ciety Londres, 1883, p. 87 et s. — Contribution to the flora of Central Mada- gascar, Journal of Botany, 1882. Rev. Baron. — Compendium des plantes malgaches, Bévue de Madagascar, 1900-1906. Bentham et Hooker. — Gênera Plantarum..., vol. III, 1883, 293. Auc de Candolle. — Plantae madagascarienses..., Bull, de VHerbier Boissier, Genève, II, I, 1900-1901, 565. G. Chauveaud. — Recherches embryogéniques sur l'appareil laticifère des Euphorbiacées, etc., Annales des Se. Naturelles, Bot., 1891. E. Jacob de Cordemoy. — Flore de la Béunion, Paris, 1895. Ch. Dehay. — L'appareil libéro-ligneux foliaire des Euphorbiacées, Annales Se. Naturelles, Bot., 1935, 147 et s. L. Gaucher. — - Recherches anatomiques sur les Euphorbiacées, Annales des Se. Naturelles, Bot., 1902, 161-310. E. F. Geiseler. — Crotonis Monographia, 1807. A. Grandidier. — Histoire physique, naturelle et politique de Madagascar, Atlas botanique, 1886 et s., pi. 153-164. J. B. de Lamarck. — Encyclopédie méthodique, Botanique, t. IL Linné. — Species Plantarum, Stockholm, 1753. J. Leandri. — Croton nouveaux de Madagascar, Bull, du Muséum, 1931, 367. — Catalogue des Plantes de Madagascar publié par V Académie malgache, Euphorbiacées, 1935, 30 et s. J. Mùller d'Argovie. — Euphorbiaceae, in De Candolle, Prodromus, xv-2, 1866, 512 et s. J. Palacky. — Catalogus Plantarum Madagascariensium, Prague, 1906. Pax et K. Hoffmann. — Naturlichen Pfanzenfamilien, 2 e éd., 19 c 1931. H. Perrier de la Bathie. — La Végétation malgache. Annales du Musée Colonial, Marseille, 1921. Roxburgh. — Flora Indica, Calcutta et Londres, 1832. C. Sprf.ngel. — Systema vegetabilium, Goettingen, 1825-1828. Willdenow. — Species Plantarum, v-4. TABLE ALPHABETIQUE DES ESPÈCES ET NOMS VERNACULAIRES (Groupes d'espèces en petites capitales ; espèces nouvelles en égyptiennes ; synonymes et vernaculaires en italiques.) Croton acuminatus Rich. sched. 81 C. adabolavensis sp. n 33, 34 C. adenophorum Bn 81 C. adenophorus Mull 81 C. ambanivoulense Bn 24 C. anisatum Bn 24 C. ankarensis sp. n 9, 75 C. antanosiensis sp. nov. . . .11, 45 C. arenicola sp. nov 9, 57 C. argyrodaphne Bn 43 C. Bakerianus Bn 31 C. Baldaunï sp. n 55 C. Baroni Bn. mss 84 C. barorum sp. n 66, 67 C. Bastardi sp. nov 64, 67 C. Bathiana sp. nov 80 C. Belintae (Bn.) Leandri 51 C. bemarana sp. n 23, 69 C. Bernieri H. Bn 54 C. bevilaniensis sp. nov 79 C. bifurcatum Bn 24 C. bifurcatus var. oc Mull 38 C. Bocquillonii H. Bn 27 C. boinensis sp. n 29 C. Boivinianum Bn 24 C. Bojerianum Bn 31 C. brachybotryus Mull 27 C. bracteatum Lam 74 C. brevispicatum Bn 11, 27 C. calomeris H. Bn 58 G. Campenoni H. Bn 69 C. cassinoides Lam 22 C. Catati Bn 47 C. Çhapelieri Bn 37 C. chlaenacicomes sp. nov 50 C. chrysodaphne Bn 52 C. cotoneaster Mull , 84 C. crocodilorum sp. nov 80 C. Danguyana sp. nov 9, 66 C. Decaryi Leandri 83 C. delphinianus Bn 22 C. Denisi Leandri 82 C. dissimilis Bn 24 C. divaricata sp. nov 59 C. Elaeagni Bn 32 C. Elliottianus Bn 30 C. Emeliae H. Bn 38 C. emirnensis Bak 73 C. ericius (Bn.) Leandri 84 C. farinosum Lamk 78 C. fothergillifolium H. Bn 71 C. furcellatus Bn 84 C. fuscirameus Bn 85 G. Geayi Leandri 35 C. glomeratus Aug. DC 38 C. Goudotii H. Bn 73 C. grangerioides Boj 28 C. Greveanus H. Bn 45 C. heteranthus Aug. DC 74 C. heterochrous Bn. non Mull.. . 51 C. hilaris Bn 47 C. Hildebrandtii Bn 51 C. hirsutus Dup. Th non Vell.. 42 C. horridulus Bn 84 LES « CROTON » DE MADAGASCAR ET DES ILES VOISINES 91 .23, 40 C. Humberti sp. n .22, 23 C. Humbloti H. Bn 44 26 63, 83 24 C. inops Bn 85 C isomonensis sn. n.. 48 C. ivobibensis sp. n .23, 37 C. Jennyanum H. Gris . . .11, 36 C. kimosorum sp. nov. .. .29, 33 C. lapiazicola sp. nov .23, 42 C. lasiopyrus Bn 85 C. lepidotus Aug. DC 49 C. lichenisilvae sp. nov... .62, 63 81 81 C. Louveli sd. n 40 C. macrobuxus Bn 85 85 C. niahafaliensis sp. nov 75 C. Manampetsae sp. n 25 85 84 84 C. Mavoravina sp. n 25 C. meridionalis sp. nov... 59 C. microprunus H. Bn 39 C. Mocquerysi A. DC 40 C. mollivelum H. Bn 86 C. Mongue H. Bn ..9, 72 C. moraharivensis sp. n.. . 68 C. muricatus Boj. non Vah .... 71 C. muricatus Vahl 77 C. myriaster Bak 58 C. nitidulus Bak 39 C. nobile Bn 48 C. Noronhae Bn 26 C. nudatum Bn 86 C. oreades sp. nov 72 C. Payerianum Bn 81 C. Perrieri Lean 82 C. platanifolium Bak 73 49 C. regeneratrix sp. nov... .62, 65 C. sakamaliensis sp. n.. . . .33, 54 C. salviformis 50 C. sambiranensis sp. n... 41 C. sclerodorum Bn 51 C. Scotti H. Bn 77 C. squamigerum H. Bn 36 C. stanneum H. Bn 53 C. subaemulans Bn 81 C. sublinearis sp. nov 60 C. submetallicum 52 C. tanalorum sp. nov C. tardeîlorens sp. n 9, 50 C. tenuicuspis Bn 81 C. Thuarsianum Bn 11, 42 C. Tiglium L 84 C. tiliaefolium Lamk 62 C. tranomarensis sp. nov 60 C. trichotomus Geis - 49 C. Tsaratananae sp. nov 74 C. tsiampiensis sp. nov 79 C. Tulasnei Bn 82 C. vatomandrensis sp. n — 70, 71 G. vernicosus Bak 51 C. vohibariensis sp. nov 78 Fotsy avadika 49 Fotsy avady 26 Fotsy-ravo 50 Groupe Adenophorum 76 Gr. Ankarensis 75 Gr. Argyrodaphne 42 Gr. Boinensis 28 Gr. Bojerianum 30 Gr. Bracteatum 74 Gr. Campenoni 69 Gr. Cassinoides 21 Gr. Chapelieri 36 Gr. FOTHERGILLIFOLIUM 70 Gr. Mauritianum 83 Gr. Mongue 71 Gr. Myriaster 56 Gr. Nobile 47 Gr.NoRONHAE 26 Gr. Stanneum .• • • • 53 Gr. Thuarsianum 41 Gr. Tiliaefolium 61 Hazoambo 26 Hazomanitra 40 Lasalasa Lasylasy Lingo Mavokeïy 92 J. LEANDRI Mavoravina 26 Molonga 72, 73 Mongipasina 58 Mongy, 64, 72 Mon gy lahy 73 Odikaka 52 Savolika 45 Somnro 34 , 45 Somorobe 45 Somoro kely 36 Somoro madinika 27 Tifotifo 32 Volafotsy 36 Volafoty 35 Volafoty kely 32 Vontaka 73 LISTE DES COLLECTEURS et des numéros d'herbiers Collecteur inconnu. 2699 ou 7699, Thuarsianum. Alluaud. sans n°, salviformis. 80, Denisi. 104, Elliottianus. Baron. 223, myriaster. 262, Goudotii. 386, nitidulus. 389, nitidulus. 457, Goudotii. 675, hovarum. 678 (?) hovarum. 1255, Goudotii, 13( 2, nitidulus. 1349, nitidulus. 1841, Goudotii. 1854, Goudotii. 1951, lasiopyrus. 2091, Bojerianum. 2114, lasiopyrus. 2988, fuscirameus. 30 63, nitidulus. 3092, nitidulus. 3151, hovarum. 3382, stanneum. 3609, Goudotii. 4074, submetallicum ? 4078, lasiopyrus. 4380, Goudotii. 4735 ou 4935, vernicosus. 5286, submetallicum. Baron (suite). 5579, ericius. 5635, Noronhae. 5792 ou 5992, argyrodaphne. 5929, myriaster. 5967, Noronhae. 5968, ambanivoulense ? 6442, Jennyanum. 6612, ambanivoulense ? Boivin. sans n°, Tulasnei. 56, adenophorum. 1400, mauritianum. 1851, adenophorum. 2182, argyrodaphne. 2183, Boivinianum. 2185, muricatum. 2187, adenophorum. (Boivin et Bernier 2657, Bernieri). 2658 p. p. brevispicatum et Jennya- num. Boivin 2659, nudatum. 3380, bifurcatum. 3381, Emeliae. 3382, adenophorum. Bojer. sans n°, Bojerianum. sans n°, chrysodaphne. sans n°, Jennyanum. sans n°, Noronhae. Bouton (in herb. Hooker). sans n°, cotoneaster. 94 J. LEANDRI R. P. Campenon. sans n°, Campenoni. sans n°, myriaster. (1881 ?), Goudotii. Catat. 1812, nitidulus. 1819, Catati. Chapelier. sans n°, Chapelieri. sans n°, chrysodaphne. sans n°, Mongue. sans n°, Noronhae. Cloisel. 60, antanosiensis. Commerson. sans n°, cassinoides. sans n°, farinosus. sans n°, mauritianum. sans n°, muricatum. sans n°, Tiglium. sans n°, Tiliaefolium. sans n°, trichotomus. R. D ECARY. 999, subaemulans. 1133, Bathiana. 1172, brevispicatum v. Bocquillonii 1174, Bathiana. 2262, brevispicatum v. Bocquillonii 2359, subaemulans. 2628, p. p., Geayi. 2628 p. p., salviformis . 2820, Geayi ? 2872, arenicola. 2949, arenicola. 2963, Geayi. 2992, salviformis. 2998, Geayi ? 3087, salviformis. 3174, divaricata. '.iU7, divaricata. • i : i . cassinoides. 1241, cassinoides. 1320, Denisi. Decary (suite). 4321, antanosiensis. 4346, barorum. 4446, Decaryi. 5070, tanalorum. 5147, myriaster v. meridionalis. 5204, Mongue. 5333, nitidulus v. grandifolia. 5435, vernicosus. 5563, oreades. 5669, Mongue. 5692, myriaster v. meridionalis. 5708, regeneratrix. 5779, myriaster v. meridionalis. 5842, oreades. 5894, myriaster. 6447, ambanivoulense ? 6813, hovarum. 6834, hovarum. 7292, hovarum. 7380, hovarum. 7425, Bojerianum. 7554, Ikopae. 7848, brevispicatum v. Bocquillonii. 8361, Geayi v. androiensis. 8370, tranomarensis v. minor. 8408, Geayi v. androiensis. 8496, Elliottianus. 8991, sublinearis. 9022, tranomarensis. 9031, arenicola v. pubescens. 9117, Geayi ? 9182, arenicola. 9431, Elliottianus ? 9443, arenicola. 9482, Geayi ? 9786, cassinoides. 9836, Scotti. 9893, argyrodaphne 9980, cassinoides. 10166, Catati. 10175, antanosiensis. 10212, cassinoides. 10238, cassinoides. 10254, arenicola. 10258, bevilaniensis. 10284, cassinoides. 10330, cassinoides. occidentalis. LES « CBOTON » DE MADAGASCAR ET DES ILES VOISINES 95 Decary (suite). 10455, Elliottianus. 10495, Catati. 10527, Scotti. 10601, Mongue v. meridionalis. 10710, Elliottianus. 10713, Elliottianus. 10940, Geayi v. androiensis. Douillot. sans n°, brevispicatum v. Bocquil- lonii. sans n°, Jennyanum. Dupetit-Thouars. sans n°, argyrodaphne. sans n°, chrysodaphne. sans n°, incisum. sans n°, nobile. sans n°, Noronhae. sans n°, Thuarsianum. sans n°, tiliaefolium. Exposition coloniale de Mar- seille. 245, Goudotii. 3632, trichotomus. 6369, Goudotii. Geay. 28, Geayi. 3316, Geayi. 3333, Geayi. 3360, Geayi. 6385, arenicola. 7219, Noronhae. 7579, Noronhae. 7580, Noronhae. 7862, Noronhae. 7882, Noronhae. 7883, Noronhae. 7884, Noronhae. Goudoj. 7, ambanivoulense. 1837, Jennyanum. Grevé. «A », brevispicatum. Grevé (suite 11, argyrodaphne v. occidentalis. 82, Elaeagni. 239, Greveanus. Hildebrandt. 3013, Hildebrandtii. 3185, argyrodaphne. 3326, Belintae. 3345, Boivinianum. 3682, Goudotii. 3704, nitidulus. 3811, hovarum. Humbert et Perrier de la Bathie. 2347, crocodilorum. Humbert (v. aussi Viguier). 2397, Geayi. 2737, meridionalis. 2793, brevispicatum v. Bocquillonii. 2849, brevispicatum v. isalensis. 2992, barorum v. mangokyensis. 3004, Greveanus. 3012, Elliottianum ? 3051, ivohibensis. 3051 bis, nitidulus v. meridionalis 3198, myriaster v. meridionalis. 3433, nitidulus v. meridionalis. 3624, myriaster v. meridionalis. 4004, argyrodaphne. 4024, brevispicatum v. Bocquillo- nii. Hl mbert et Swingle 5297, salviformis v. rufopunctata 5380, salviformis v. rufopunct.ata 5490, arenicola v. pubescens. 5502 bis, Elliotianus. 5624, arenicola. 5631, divaricata. 5662, salviformis. 5679, arenicola. 5690, salviformis. 5695, antanosiensis. 5742, nobile v. delphi inianus. 96 J. LE AND RI Humbert (suite). 5905, cassinoides. 6213, myriaster v. meridionalis. .s, myriaster v. meridionalis. 6416, antanosiensis. 6798, meridionalis. l L236, Bastardi. ! 1249, Baldauffi. 12319, Mavoravina. 12498, adabolavensis. 12<î27, vohibariensis. 12659, chlaenacicomes. 12673, vohibariensis. 12826, sakamaliensis v. microphylla. 13105, tranomarensis v. Isomoni. L3176, moraharivensis. 13247, isomonensis. 13320, kimosorum. 13322. sakamaliensis. 13367, isomonensis. 13768, isomonensis. 14041, moraharivensis. 14070, isomonensis. HUMBLOT. 62 (1162), bifurcatum. 99, Xoronhae. 298 (1298), Humbloti. 133, Mongue. 1162 (?), bifurcatum. Lavant, hie. sans n°, Humbloti v. anjuanensis. Leandri (suite). 341, Greveanus v. borealis. 492, Jennyanum. 517, Greveanus v. borealis. 536, Greveanus v. borealis. 551, Elaeagni v. antsingyensis. 656, bemarana. 709, Humberti. 941, tardeflorens. 945, lapiazicola. 994, Jennvanum. 1025, brevispicatum v. 1 ' » 6 3 , brevispicatum v. 1070, Jennyanum. Bocquillonii. Bocquillonii. Le Myre de Vilers. sans n°, mollivelum ? sans n°, myriaster. Lépervanche. sans n°, anisatum. LOUVEL. 217, Louveli. Martin. sans n°, trichotomus v. pulchellus. Mocquerys. 228, heteranthus. 256, Mocquerysi. 274, lepidotus. 298, 317, glomeratus. Leandri. 94, Goudotii. 103 bis, ankarensis. 116, subaemulans. 124, Elaeagni v. antsingyensis. 139, lapiazicola. 160, Jennyanum. 162, lapiazicola. 264, Greveanus v. borealis. 265, Jennyanum. 266, Jennyanum. 298, subaemulans v. minor. 311, tsiampiensis. 325, brevispicatum. H. Perrier de la Bathie (v. aussi Humbert). sans n°, Geayi. 82, brevispicatum v. Bocquillonii. 306, argyrodaphne. 307, brevispicatum v. Bocquillonii. 353, Perrieri. 777, Greveanus v. borealis. 1153, bemarana. 5287, oreades. 9531, brevispicatum v. Bocquillonii. 9534, nitidulus v. parvifolia. 9545, Bathiana. 9547, argyrodaphne. LES « CROTON » DE MADAGASCAR ET DES ILES VOISINES 97 H. Perrier de la Bathie (suite). 9550, lapiazicola v. longibracteata. subaemulans. Bojerianum. Danguyana. boinensis. antanosiensis v. basaltorum. argyrodaphne. brevispicatum v. Bocquillonii. myriaster. Goudotii. Bathiana. lichenisilvae. argyrodaphne v. occidentalis. nitidulus v. spatulata. stanneum. vernicosus. sambiranensis. Mongue. Noronhae. incisum. lepidotus. Tsaratananae. argyrodaphne. submetallicum. Humberti. nitidulus v. tandrokensis. myriaster v. meridionalis. mahafaliensis. mahafaliensis. brevispicatum v. isalensis. Bojerianum. Bojerianum. Bojerianum. Greveanus v. borealis. tardeflorens. brevispicatum v. Bocquillonii. Bernieri. argyrodaphne. boinensis. brevispicatum v. Bocquillonii. subaemulans. subaemulans. subaemulans var. minor. ankarensis. crocodilorum. Danguyana. Bojerianum. H. Perrier de la Bathie (suite)- 9867, hovarum. 9870, Bojerianum. 9873, Goudotii. 9877, hovarum. 9883, Goudotii. 9919, Hildebrandtii. 9940, argyrodaphne. 12412, Bojerianum. 12804, mahafaliensis. 12805, Geayi ? 13769, regeneratrix. 14084, vatomandrensis. 15130, oreades v. occidentalis. 15994, trichotomus. 16607, brevispicatum v. isaleasis. 17401, stanneum. 17460, lepidotus. 19047, mahafaliensis. 19049. Geayi. 19087, Manampetsae. 19190, stanneum. Pervillé. 234, argyrodaphne. 236, argyrodaphne. 267, Boivinianum. 648, brevispicatum v. Bocquillonii. Ramanantoavolana, v. Thouvenot. Richard. sans n°, Tiglium. 41, mauritianum. 148, Jennyanum. 176, Jennyanum. 178, argyrodaphne. 180, adenophorum. 214, adenophorum. 218, argyrodaphne. 306-11, Bernieri. 571, argyrodaphne. 576, Jennyanum. 594, adenophorum. Scott Elliot. 180, furcellatus ?? 98 J. LANDRY Scott Elliot (suite). 1557, lasiopyrus. 1557 bis, cassinoides. 2650, Çatati. 2670, cassinoides. 2957, ou 2987, Scotti. 2970, Elliotianus. 2986, inops ? 299d, salviformis. Service forestier de Madagascar 11 (1933) Bernieri v. namorokensis. 48 (1933) brevispicatum v. Bocquil- lonii. 64, boinensis. 76 (1933), Danguyana. 104 (1933), Danguyana. 154, boinensis. SlEBER. 186, mauritianum. 186-2, tiliaefolium. Station de l'Ivoloina. 23, Tiglium. SWINGLE, V. HUMBERT. Thol venot et Ramanantoavolana. 155, submetallicum. VlGUIER et HUMBERT. 45, brevispicatum v. Bocquillonii. 805, Humberti. 830, Humberti. 837, submetallicum. 857, nitidulus. 989, hovarum. 995, Goudotii. 1924, hovarum. Waterlot. 289, subaemulans. 290, subaemulans. 291, subaemulans. TABLE DES MATIERES Introduction CHAPITRE PREMIER CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES A. Caractères morphologiques ' 8 B. Caractères anatomiques 10 C. Biogéographie et biologie 13 D. Affinités et origines 17 CHAPITRE II ÉTUDE SYSTÉMATIQUE DES ESPÈCES A. Clé artificielle des groupes 19 B. Caractères, usages et distribution des espèces 21 I. Groupe Cassinoides 21 II. Groupe Noronhae 26 III. Groupe Boinensis 28 IV. Groupe Bojerianum 30 V. Groupe Chapelieri 36 VI. Groupe Thuarsianum 41 VII. Groupe Argyrodaphne 42 VIII. Groupe Nobile 47 IX. Groupe Stanneum 53 X. Groupe Myriaster 56 XI. Groupe Tiliaefolium 61 XII. Groupe Campenoni 69 XIII. Groupe Fothergiîlifolium 70 XIV. Groupe Mongue 71 XV. Groupe Bracteatum 74 XVI. Groupe Ankarensis , 75 XVII. Groupe Adenophorum 76 100 J- LE AND RI XVIII. Groupe Mauritianum 83 XIX. Plante introduite 84 XX. Espèces insuffisamment connues ou douteuses 84 résumé et conclusions 87 ] noex bibliographique 89 Table alphabétique des espèces et des noms veb.naculaib.es 19 Liste des collecteurs et des numéros d'herbier 93 Table des matières 99 7 ^3. — imprimerie nouvelle. — ORLÉANS. — 8-39. 1933 1 er Fascicule. — H. Jumelle : Nouveaux Palmiers de Madagascar. 2 me Fascicule. — J. Motte : Les Aleurites à huiles de bois. 3 me Fascicule. — H. Jumelle : Nouvelles observations sur quelques Palmiers malgaches. 4me Fascicule. — H. Jumelle : Caféiers sauvages de Madagascar. L. Gaffier : L'anatomie des feuilles des caféiers sau- vages de Madagascar. M lle J. Rossi : Etudes chimiques sur des cafés de Mada- gascar. 1934 1 er Fascicule. — H. Jumelle : Catalogue descriptif des Collections botaniques du Musée colonial de Marseille : Oléagi- neux de l'Afrique Equatoriale Française. 2 me Fascicule. — Jean Motte : Le Funori, colle d'Algues japonaise. 3 me Fascicule. — Pierre Choux : Une nouvelle Asclépiadacée cacti- forme malgache. 4 me Fascicule. — H. Jumelle : Nouvelles observations sur les Plec- taneia malgaches. 1935 1 er Fascicule. — L. Gaffier : Observations anatomiques sur les feuilles des Connaracées de Madagascar. L. Gaffier : Sur l'origine botanique du piassava de Madagascar. 2 me Fascicule. — P. Choux : Cryptostegia grandiflora et Cryptostegia madagascariensis. 3 me Fascicule. — H. Jumelle : Catalogue descriptif des Collections Botaniques du Musée Colonial de Marseille : Indo- chine (3 e partie). 4 me Fascicule. — H. Jumelle: Catalogue descriptif des Collections Bota- niques du Musée Colonial de Marseille : Indochine (4 e partie). 1936 1 er Fascicule. — Jean Motte : Castanea crenata. Esquisse d'un réper- toire des variétés japonaises. 2 me Fascicule. — D r P. Choux : L'œuvre coloniale d'Henri Jumelle. 3 me Fascicule. — Jean Motte : Plantes médicinales d'Extrême-Orient. Le Sansho [Xanthoxylum piperitum D. C.\. 193T 1 er Fascicule. — Jean Motte : Plantes médicinales d'Extrême-Orient. IV. L'Asebo (Pieris iaponica D. Don.). 2 e et dernier Fascicule. — H. Prat : Caractères anatomiques et histo- logiques de quelques Andropogonées de l'Afrique occidentale. 193S 1 er Fascicule. — H. Perrier de la Bathie : Les Bignoniacées de la Région Malgache (Madagascar, Mascareignes, Sey- chellesetComores). 2 e et dernier Fascicule. — Mme Bertavd-Rossi : La Roténone : ses propriétés et ses applications. MODE DE PUBLICATION ET CONDITIONS DE VENTE Les Annales du Musée Colonial de Marseille, fondées en 1893, paraissent annuellement en un volume ou en plusieurs fascicules. Tous ces volumes ou fascicules, dont le prix est variable suivant leur importance, sont en vente à la Société d'Editions Géographiques, Maritimes et Coloniales, 17, rue Jacob (vi e ), à Paris. Nous prions instamment nos correspondants, qui réclament souvent des numéros qu'ils supposent manquants, de bien vou- loir vérifier, à l'intérieur de la couverture du dernier fascicule paru, si ces numéros ont été publiés, car le nombre des fas- cicules de chaque année est variable. A la Société d'Editions Géographiques, Maritimes et Coloniales, 17, rue Jacob, à Paris (vi e ) BIBLIOGRAPHIE DE MADAGASCAR (1904-1933) par G. Grandidier 1 volume de 1.350 pages. ORLÉANS, IMP. NOUVELLE ANNALES DU MUSÉE COLONIAL DE MARSEILLE Fondées en 1893 par Edouard Heckel DIRIGEES PAR le D r Pierre CHOUX Professeur à la Faculté des Sciences Directeur du Musée Colonial de Marseille Quarante-septième année. 5 e série, 7 e volume (1939). DEUXIÈME ET DERNIER FASCICULE ÉTUDE ANATOMIQUE DU FRUIT DES PALMIERS DE MADAGASCAR (GENRES ENDÉMIQUES) par Henry P. GUÉRIN -^^i^É^fc^- FACULTÉ DES SCIENCES DE MARSEILLE MUSÉE COLONIAL PLACE VICTOR-HUGO 1939 SOMMAIKES de» plus récents Volumes des Annales du Musée Colonial de Marseille 1928 le* Fascicule. — H. Jumelle : Plantes de Mauritanie récoltées pargle lieutenant Boëry. 2me fascicule. — Pieraerts et de Winter : Etudes des graines de quel- ques espèces de Luffa. H. Jumelle : Un nouveau genre malgache de Palmiers. H. Jumelle : Un nouveau genre malgache d'Aiacées. P. Choux : Observations anatomiques et microchimi- ques sur les graines grasses de quelques Sapotacées africaines. 3m« Fascicule. — H. Jumelle: Les Neophloga, Palmiers de Madagascar. 1939 !•* Fascicule. — A. Baudon : Contribution à l'Etude des Plantes oléa- gineuses de l'Afrique Equatoriale. 2 me Fascicule. — Mlle A. Damiani : Recherches anatomiques sur lei feuilles de Vonitra et le Piassava de Madagascar. 3me Fascicule. — L. Margaillan : Nouvelles recherches sur quelques Graines oléagineuses des Pays chauds. 1930 1 er Fascicule. — H. Jumelle : Les Moringa de Madagascar. •_,me Fascicule. — Ch. Exbrayat-Dubivaux : Notes sur la germina- tion des Moringa malgaches. 3 me Fascicule. — Van Gaver : Notes sur quelques Ophidiens de la Guinée Française. 4me Fascicule. — H. Jumelle : Catalogue descriptif des collections bo- taniques du Musée colonial de Marseille : Indochine (l re partie). 1931 1 er Fascicule. — H. Jumelle : Catalogue descriptif des collections botaniques du Musée colonial de Marseille : Indo- chine (2 e partie). 2 me et dernier Fascicule. — H. Jumelle : Plantes du Soudan français récoltées par le lieutenant Boëry. 193 3 1 er Fascicule. — F. Guichard et G. Aubert : Contribution à l'étude de la décoloration des huiles de palme (en deux mé- moires). 2 me Fascicule. — Pierre Choux : Deux Asclépiadées cactiformes de Madagascar. 3 me Fascicule. — Jean Motte : Le Konnyaku du Japon. 1933 1 er Fascicule. — H. Jumelle: Nouveaux Palmiers de Madagascar, ome Fascicule. — J. Motte : Les Aleurites à huiles de bois. 3 me Fascicule. — H. Jumelle : Nouvelles observations sur quelques Palmiers malgaches. ANNALES DU MUSÉE COLONIAL DE MARSEILLE Année 1939 ANNALES DU MUSÉE COLONIAL DE MAIISEILLE Fondûus en 1893 pau Edouard Heckel DIRIGEES PAR le D r Pierre CHOUX Professeur à la Faculté des Sciences Directeur du Musée Colonial de Marseille Quarante-septième année. 5 e série, 7 e volume (1939). DEUXIÈME ET DERNIER FASCICULE ÉTUDE ANATOMIQUE DU FRUIT DES PALMIERS DE MADAGASCAR (GENRES ENDÉMIQUES) par Henry P. GUÉRIN FACULTÉ DES SCIENCES DE MARSEILLE MUSÉE COLONIAL PLACE VICTOR-HUGO 1939 ÉTUDE ANATOMIQUE DU FRUIT DES PALMIERS DE MADAGASCAR (Genres endémiques) par Hem; y P. GUKRIX Les espèces de Palmiers actuellement connus et mentionnés dans le Catalogne des piaules de Madagascar, publié par l'Académie malgache en 1933, sont au nombre de 110, dont plus de 70 ont été décrits, en étroite collaboration, par Jumelle et Perrier de la Bathie. Des 18 genres dans lesquels elles se trouvent réparties, une douzaine sont exclusivement de Madagascar et appartiennent à la tribu des Arécées (Neodypsis, Chrysalidocarpus, Neophloga, Dypsis, Vonitra, Louvelia, Phloga, Antongilia, Beccariophœnix, Masoala, Sindroa). Les Borassus, Hyphœne, Medemia, Raphia, Phœnir, de tribus différentes, se trouvent représentés dans l'île par dos espèces spéciales, mais sont répandus en même temps sur d'autres conti- nents. Les principaux genres malgaches de la tribu des Arécées, sous- tribu des Dypsidées, ont été distingués par Jumelle (1) de la façon suivante : I. — Albumen ruminé. A. — 6 étamines ; baie ou drupe à noyau mince, papy- racé ou fibreux ; stigmates basilaires. a) Segments foliaires ovales, longuement acu- minés Phloga. b) Segments foliaires rubanés 1. Gaine foliaire sans languette oppositipé- tiole Ne )dypsis. 2. Gaine foliaire se prolongeant en une lon- gue languette oppositipétiole I onilra. B. — 18 à 21 étamines ; drupe à noyau épais ; si il: mates terminaux Beccariophœnix. fl) 11. Jumelle : Ann. Musée ml,, mal de Marseille, l er fasc, 1927, pp. 1-5. (5 HENRY P. GUÉRIN II. — Albumen non ruminé A. — 3 étamines fertiles Di/[>sis B. — 6 étamines fertiles. a) Spathe supérieure se fendant latéralement jusqu'au voisinage seulement du sommet Chrysalidocarpus. b) Spathe supérieure s'ouvrant au sommet et restant tubuleuse Neophloga. Les caractères invoqués pour établir cette distinction des diffé- rent'- genres de Dypsidées se réduisent à. fort peu de choses et met- tent surtout en évidence leurs multiples affinités, comme le fait observer Perrier uk la Bathie, plutôt que des différences pro- fondes. «Toutes ces Arécées, dit l'éminent botaniste, sont donc ! nettement alliées et constituent en somme une série très conti- nue une chaîne à peine interrompue çà et là par l'absence de quel- ques chaînons, un exemple particulièrement net d'endémisme par variai ion homogène ». L'étude morphologique ne permettant qu'une discrimination bien imparfaite des genres en question, il est permis de se demander si I;; structure anatomique du fruit (et celle du tégument séminal lorsqu'elle est possible) ne peut venir à son secours et lui apporter, non pour la distinction des espèces, mais au moins pour celle des genres, de précieuses indications. Peut-être, au contraire, cette étude n'est-elle appelée qu'à déceler une plus ou moins grande homogénéité de structure correspondant à de profondes affinités, • liez ces Palmiers endémiques de Madagascar, les seuls dont nous nous occupions ici. Tel est le bul des recherches que nous avons poursuivies et dont les résultats font l'objet de ce travail. Plus particulièrement consa- crées aux genres les plus importants, Xeodypsis, Chrysalidocarpus, Neophloga, Dypsis, Vonitra, elles se sont étendues aux Phloga, Beccariophœnix, Louvelia et Antongilia. Il n'était pas sans intérêt de décrire, chez ces derniers, les particularités de structure de leur I; nil el de chercher les liens qui, à cet égard, les rattachent peut-être entre eux et aussi aux autres Palmiers de Madagascar. NEODYPSIS Sur quinze espèces actuellement décrites, une douzaine ont été étudiées. Leur fruit, ovoïde ou globuleux, ne dépasse qu'exception- nellement 15 mm. de longueur. ETUDE PU FRUIT DES PALMIERS DE MADAGASCAR 7 hn coupe transversale (1), sous un épiderrae de très petites cel- lules, le péricarpe, constitué en partie par un tissu mou et cellulo- sique, se montre généralement pourvu d'abondants cléments sclé- reux. Les uns se rencontrent sous forme de cellules dans la région externe ou médiane du péricarpe et, plus profondément, à l'état de fibres accompagnant les faisceaux libéro-ligneux. !■:■ >/'"g)V''..' : - : :':': : Fig. 1 (schématique). Neodypsis tanalensis Jum. et Perr. Coupe transversale du péricarpe renfer- mant de nombreuses cellules à raphides. sel, cellules scléreuses ; fv, faisceaux fibro-vasculaires ; ts, tégument séminal avec petits faisceaux libéro-ligneux. Gr. 40. Très peu nombreuses, isolées ou groupées en petit nombre chez les N. compactus Jum., N. lobatus Jum., N. tsaratanensis Jum., par exemple, les cellules scléreuses sont abondantes dans les N. hetero- morphus Jum., N. tanalensis Jum. et Perr. (fig. 1), N. ceraceus Jum., les unes distinctes, les autres réunies en paquets plus ou moins volu- mineux, arrivant à constituer, par leur réunion, un manchon pres- (1) Pour permettre de comparer la structure dans les diverses espèces, les coupes transversales ont toujours été pratiquées dans la région équatoriale du fruit. 8 IÏENRY P. GUETtlX que complet chez le N. canaliculalus Jum. et le N. Lastelliana Baill. (fig. 2). Dans la région profonde du péricarpe, les faisceaux conducteurs, très nombreux mais peu développés, sont noyés chacun dans une gaine de fibres, excessivement épaisse, qui ne semble faire défaut, parmi 1rs espèces étudiées, que chez le A 7 , heteromorpkus Jum. Fig. 2 (schématique). Neodypsis Lastelliana Baill. Coupe transversale du péricarpe avec cellules ,, paphides. sel (en hachures), manchon de cellules scléreuses ; fv, faisceaux fibro-vasculaires ; sel, région profonde du péricarpe à cellules sclérifiées for- mant noyau ; ts, tégumenl séminal. Gr. 'Ht. Ces faisceaux fibro-vasculaires peuvent demeurer distincts sur n ne ccrl aine partie de leur parcours en sens longitudinal et se pré- senter sur 1-2 rangées dans une coupe transversale (fig. 2), mais, le plus souvent, ils s'anastomosent en une bande plus ou moins continue et aplatie (fig. 1). Suivant le niveau consi- déré, les deux dispositions peuvent se rencontrer dans la même espèce. Chez tous les Neodypsis examinés, on trouve, accolées à ces paquets fibro-vasculaires, les cellules à contenu siliceux mises e n ETUDE DU FRUIT DES PALMIERS DE MADAGASCAR 9 lumière par Rosaxoff (1), désignées sous le nom de stegmata (deckzellen), et qui ont été rencontrées par tous les auteurs qui ont étudié la structure anatomique des organes vé- gétatifs des Pal- miers. A cet égard, les travaux de Koiil (2) et ceux de Koor (3) sont à citer plus spécialement. Dans le fruit, ces stegmata ont été particulière- ment bien obser- vés dans le Cocos nucifera, sur les fibres de Coïr, par Wtntou (4). Plus tard Bauch (5) les mentionne, dans les fruits de Palmiers qu'il a étudiés, sans don- ner de détails sur leur structure et leur dis- position. Vus de face, chez les Neoclypsis, ils se Ncodypsis compactas présentent sous forme de cellules circulaires Jum. Coupe longïtudi- à paroi épaisse sclérifiée, soit réunies en une nale de la périphérie couche continue (TV. canaliculatus Jum., fig. 3), soit plus ou moins disséminées à la vu.' de profil 3r surface des faisceaux fibro-vasculaires. En section longitudinale (TV. compactas Juin., fig. 4), ces cellules sont biconvexes et se montrent encastrées, Fk;. 3. Neodypsis canalu ulatus Jum. Stegmata (deckzellen) vus de face. Gr. 650. Fig. 4. d'un faisceau fibro-vas- culaire avec stegmata (1) Rosanoff : Ueber Kieselsaiïreablagerungen in einigen Pflanzen (But. Ztg., 1871, p. 749). (2) Koiu, : Kalksalze und Kieselsaûre in der Pflanze, Marburg, 1889. (:<) Koop : Anatomie des Palmenblattes (Beih. Bot. Centralbl., XXII, Abt. 1, 191.7, pp. 85-159). (4) Winton : Anatomy of the fruit of Cocos nucifera (The American Journal of Science, 190 1, 2, pp. 265-280). (5) B \i 'ii K. : Beitrâge zur Entwickl. und physiolog. Anatomie der Palmen- blûte (Inaug. Dissertation, Berlin, 1911). 10 HENRY P. GUERIN dans des dépressions, à la surface des fibres. Leur paroi externe est excessivement mince, tandis que la paroi interne et les parois latérales sont fortement épaissies. Chaque cellule contient un corps siliceux pourvu de petites protubérances s'adaptant dans sa paroi. Dans le N. heleromorphus Juin., où les fibres scléreuses manquent au pourtour des faisceaux libéro-ligneux, les stegmata ne s'en déve- loppent pas moins sur les éléments cellulosiques qui accompagnent ces faisceaux. Fie 5. (schématique A. Neodypsis tsaratanensis Jum. Albumen très faiblement ruminé — 15. Neodypsis Lastelliana Baill. Albumen fortement ruminé. Gr. 6. Sous les paquets t'ilu'o-vasculaires, le péricarpe offre d'ordinaire une mince couche de cellule- à parois cellulosiques, dans laquelle on observe parfois des traces d'éléments conducteurs. Seul le N. Las- telliana Baill. (fig. 2) présente une dizaine d'assises de cellules sclé- reuses allongées •;•: •.-'-'• K Fig. 8 (schématique). Von lira Thouarsiana Becc. (loupe transversale du péricarpe avec cellules à raphides ; sel, manchon de cellules scléreuses ; jv, faisceaux fibro-vasculaires ; is, tégument séminal. Gr. 40. étudiées, un manchon scléreux plus ou moins continu et très déve- loppé, dans la région médiane du péricarpe. Plus profondément se ÉTUDE DU FRUIT DES PALMIERS DE MADAGASCAR 17 rencontrent 4-5 rangées de paquets fibreux accompagnés de vais- seaux conducteurs et recouverts de stegmata. L'endocarpe est in- distinct. Des cellules à raphides, de toutes dimensions, à parois minées ou parfois très épaissies et sclérifiées, se trouvent réparties dans tout le péricarpe. Le tégument séminal est constitué par plusieurs assises de cellu- les à parois cellulosiques. L'albumen est profondément ruminé. Cette structure, comme celle des Phloga, offre la plus grande ana- logie avec celle présentée par les Neodypsis. C'est d'ailleurs à leur voisinage immédiat que prennent place les Vonitra, dans le grou- pement des Palmiers malgaches, à albumen ruminé et à 6 étamines, établi par Jumelle (1). ANTONGILIA Ce genre ne comprend qu'une seule espèce, l' Anton gilia Perrieri Jum., à tronc de 2 à 4 m. de hauteur et environ 25 cm. de diamètre. Les fruits, ovoïdes ou globuleux, peuvent atteindre 10 à 12 mm. dans leur plus grande dimension. L'épicarpe recouvre un parenchyme abondant de cellules à parois minces dans lequel sont noyées, surtout dans la région externe du péricarpe, de très nombreuses petites cellules scléreuses (fig. 9). Dans la région presque médiane du péricarpe se rencontrent, sur quatre ou cinq rangées, d'abondants paquets fibro-vasculaires recouverts de stegmata. Le tissu sous-jacent est parenchymateux, la dernière assise à cellules épaissies et allongées tangentiellement constituant vraisemblablement l'endocarpe. Les cellules à raphides sont excessivement rares. Le tégument séminal comprend une dizaine d'assises de cellules à parois minces contenant une abondante matière colorante bru- nâtre, de nature tannifère. L'albumen est ruminé. I^a structure observée rappelle celle des Neodypsis et des genres voisins (Phloga, Vonitra). La situation particulière des paquets (1) H. Jumelle : Les Vonitra, Palmiers de Madagascar (Ànn. du Mus. colo- nial de Marseille, 1927, 4 e s., 5 e vol., pp. 5-6). 2 18 HENRY P. GCÉRIN fibro-vasculaires clans le mésocarpe rapproche plus particulière • •„ -'■ ". •* ■ ^■•v■::.■■^••v^;■■■^^^^■^:.■ v fflF^:,;:•■. rfà-v'yîM^r\:-^ .*•■ -'-' : •:'■■-:■ : ^i^-: : ^ ï jK^ ..' : '- v • '■ ■'••: '.-. **.:v r '■.'■"•••:••:••-•'.••• •."•VI. ••-.■.■ -":' '.'"•' "'•.'•?:'-• ;"•. r.:'>' •:•"■. .'•'%• .fv ). ... ïta.-.„ts Fig. 9 (schématique). Antongilia Perrieri Jum. Coupe transversale du péricarpe avec très nom- breuses petites cellules scléreuses. /c, faisceaux fibro-vasculaires ; ts, tégument séminal. Gr. 10. ment VAntongilia Perrieri Jum. du Neodypsis canaliculatus Jum. dans lequel le même caractère a été remarqué. ÉTUDE DU FRUIT DES PALMIERS DE MADAGASCAR 19 LOUVELIA Parmi les trois espèces rencontrées à Madagascar, deux ont été étudiées : L. madagascariensis Jum. et Perr., et L. Lakatra Jum. L'ovaire est à trois loges uniovulées, mais, par suite d'avorte- ment, une seule loge se développe ordinairement avec une seule graine pour donner un fruit globuleux de 18 à 20 mm. de diamètre. Au voisinage de l'épidémie (fig. 10), sous quelques assises de Fie. 10 (schématique). Louoelia madagascariensis Jum. et Perr. Coupe transversale du péricarpe avec cellules scléreuses, sel, et faisceaux libéro-ligneux dépourvus d'éléments fibreux, n, endocarpe représenté par une assise de cellules palissadiques scléri- fiées ; ts, tégument séminal sclérifié. Gr. 40. cellules à parois minces et cellulosiques, on observe dans les deux espèces un manchon de cellules scléreuses, particulièrement déve- loppé chez le L. Lakatra Jum. Dans la région profonde du péricarpe se rencontrent de rares faisceaux libéro-ligneux dépourvus d'élé- ments fibreux. L'endocarpe est très nettement représenté par une assise palissa- dique de cellules sclérifiées (fig. 10, n). Les cellules à raphides sont très peu nombreuses dans le méso carpe et peuvent demeurer inaperçues. Par écrasement du tissu parenchymateux de cette région, on parvient à en observer quel- ques unes à membrane fortement épaissie et parfois lignifiée. Les aiguilles y sont relativement courtes. Le tégument séminal, qui recouvre un albumen homogène, est constitué par 6-8 assises de cellules à parois sclérifiées au milieu des- cruelles se rencontrent un certain nombre de trachées. 20 HENRY P. GUERIN Le fruit dp s Louvelia est, par sa structure, considéré à juste titre • .-• ■ ■■ ». '-<.' < ■'] v-,.-..fV rsi~~^L£c^<$"<^r \..n •«.- — o-~^-"~ ~~ Fig. 11 (schématique). Beccariophœni.r madagascariensis Jum. et Perr. Coupe transversale du péri- carpe, jv, faisceaux fibro-vasculaires noyés dans un parenchyme bourré d'amidon. Pas de raphides. n. noyau provenant de la sclérification de la région profonde du péricarpe. Gr. 10. comme une drupe, l'endocarpe constituant un noyau auquel se trou ve accolé le tégument séminal sclérifié. ÉTUDE DU FRUIT DES PALMIERS DE MADAGASCAR 21 BEGCARIOPHŒNIX Ce genre ne comprend qu'une seule espèce, le Beccariophœnix maria gascariensis Jum. et Perr., dont le fruit ovoïde atteint près de 30 mm. sur 18 à 20 mm. Au voisinage de l'épicarpe, les premières assises du mésocarpe renferment un certain nombre de très petites cellules scléreuses et, un peu plus profondément une première rangée de paquets unique- ment fibreux de forme ovoïde très régulière auxquels d'autres font suite (fig. 11). Les plus internes sont les plus développés et les seuls comprenant des éléments vasculaires. Tous sont recouverts d'abon- dants stegmata. La région interne du péricarpe est constituée par des cellules à parois épaissies, sclérifiées et très ponctuées formant un noyau de 1 mm. 5 à 2 mm. d'épaisseur dans lequel sont noyés des éléments vasculaires. Tout le tissu parenchymateux du mésocarpe est bourré d'amidon et de matière colorante tannifère. Les raphides font complètement défaut. Le tégument séminal, très mince, est représenté par 5-6 assises de cellules, la plupart à paroi épaissie et sclérifiée. L'albumen est ruminé. RÉSUMÉ 11 résulte de ce qui précède que l'étude anatomique du fruit de la plupart des genres examinés, Neodypsis, Chrysalidocarpus, Neophloga, Di/psis, Phloga, Vonitra, Antongilia, ne met en évidence aucun caractère important susceptible de permettre leur distinc- tion. Il ne peut, en effet, être tiré parti des cellules scléreuses de la région externe du mésocarpe qui, dans chacun des genres, suivant les espèces considérées, peuvent être très nombreuses ou manquer totalement. 11 en est de même des cellules à raphides, plus ou moins abondantes, aux formes et aux dimensions si variées dans une môme espèce. D'autre part, les paquets fibro-vasculaires toujours accompagnés de stegmata (deçkzellen), situés dans la région plus ou moins pro- fonde du mésocarpe, ne semblent guère, malgré leur variabilité 22 11KNUÏ P. GUERIN dans le nombre el la structure, apporter un appoint sérieux pour la discrimination des genres en question. Le tégument séminal ne peut entrer en ligne de compte qu'en raison de sa pénétration dans l'albumen chez les Ntodypsis, Phloga, Vonitra, el Antongilia qui se différencient alors très nettement, par leur albumen ruminé, des Dypsi-s, Neophloga et Chrysalidocar- pus à albumen homogène. Au total, si l'on excepte le Neodypsis Lastelliana Baill. dont les assises profondes du péricarpe, sclérifiées, constituent un véritable noyau, les Chrysalidocarpus decipiens Becc. et C. lutescens Wendl. à mésocarpe bourré d'amidon, et surtout le Dypsis gracilis Bory (Adelodypsis gracilis Becc.) avec ses stegmata non plus accolés di- rectement à la surface des faisceaux fibro-vasculaires, mais portés à l'extrémité de longs pédicules qui s'en détachent, on en arrive à conclure que les Neodypsis, Phloga, Vonitra et Antongilia à albumen ruminé, et les Dypsis, Neophloga et Chrysalidocarpus à albumen homogène, offrent, dans la structure anatomique de leur fruit, une très grande similitude en rapport avec de profondes affinités entre ces genres. En revanche, les genres Louvelia et Beccariophœnix ne présentent, dans la constitution anatomique de leur fruit, aucune relation avec les précédents. Dans les Louvelia madagascariensis Jum. et Perrr. et L. Lakatra Jum., les éléments fibreux manquent totalement au voisinage des petits faisceaux libéro-ligneux de la région profonde du péricarpe, et l'endocarpe, formé d'une assise palissadique de cellules scléri- fiées, constitue un véritable noyau. Chez le Beccariophœnix madagascariensis Jum. et Perr. de nom- breux faisceaux, les uns totalement fibreux, de forme ovoïde très régulière, les autres accompagnant les éléments vasculaires, sont disséminés dans les régions externe et médiane du péricarpe ; le mésocarpe est bourré d'amidon. La sclérification de la partie pro- fonde contribue à la formation d'un noyau très épais. De toutes les espèces examinées au cours de nos recherches, le Beccariophœnix madagascariensis Jum. et Perr. est la seule chez la quelle les cellules à raphides semblent faire totalement défaut, En terminant ce travail qu'il nous soit permis d'adresser à M. le Professeur Choi n nos plus vifs remerciements pour l'empresse- ment et l'amabilité avec lesquels il a mis à notre disposition les ÉTUDE DU FRUIT DES PALMIERS DE MADAGASCAR 23 riches collections du Musée Colonial de Marseille. Nous exprimons également toute notre gratitude à M. Perrier de la Bathie pour les nombreux échantillons qu'il a bien voulu nous procurer. (Laboratoire de Botanique générale de la Faculté de Pharmacie de Paris.) 846. — ORLÉANS, IMPRIMERIE NOUVELLE.— 1-40 1933 4 me Fascicule. — H. Jumelle : Caféiers sauvages de Madagascar. L. Gaffier : L'anatomie des feuilles des caféiers sau- vages de Madagascar. M Ue J. Rossi : Etudes chimiques sur des cafés de Mada- gascar. 1934 1 er Fascicule. — H. Jumelle : Catalogue descriptif des Collections botaniques du Musée colonial de Marseille : Oléagi- neux de l'Afrique Equatoriale Française. 2 me Fascicule. — Jean Motte : Le Funori, colle d'Algues japonaise. 3 me Fascicule. — Pierre Choux : Une nouvelle Asclépiadacée cacti- forme malgache. 4 me Fascicule. — H. Jumelle : Nouvelles observations sur les Plec- taneia malgaches. 1935 1 er Fascicule. — L. Gaffier : Observations anatomiques sur les feuilles des Connaracées de Madagascar. L. Gaffier : Sur l'origine botanique du piassava de Madagascar. 2 me Fascicule. — P. Choux : Cryptostegia grandiflora et Cryptostegia madagascariensis. 3 me Fascicule. — H. Jumelle : Catalogue descriptif des Collections Botaniques du Musée Colonial de Marseille : Indo- chine (3 e partie). 4 me Fascicule. — H. Jumelle: Catalogue descriptif des Collections Bota- niques du Musée Colonial de Marseille : Indochine (4 e partie). 1936 1 er Fascicule. — Jean Motte : Castaaea crenata. Esquisse d'un réper- toire des variétés japonaises. 2 me Fascicule. — D r P. Choux : L'œuvre coloniale d'Henri Jum elle. 3 me Fascicule. — Jean Motte : Plantes médicinales d'Extrême-Orient. Le Sansho (Xanthoxylum piperitum D. Cl. 1937 1 er Fascicule. — Jean Motte : Plantes médicinales d'Extrême-Orient. IV. L'Asebo (Pieris iaponica D. Don.). 2 e et dernier Fascicule. — H. Prat : Caractères anatomiques et histo- logiques de quelques Andropogonées de l'Afrique occidentale. 1938 1 er Fascicule. — H. Perrier de la Bathie : Les Bignoniacées de la Région Malgache (Madagascar, Mascareignes, Sey- chelles et Comores). 2 e et dernier Fascicule. — Mme Bertaid-Rossi : La Roténone : ses propriétés et ses applications. 1939 I er Fascicule. — J. Lé and ri : Les Croton de Madagascar et des îles voisines. MODE DE PUBLICATION ET CONDITIONS DE VENTE Les Annales du Musée Colonial de Marseille, fondées en 1893, paraissent annuellement en un volume ou en plusieurs fascicules. Tous ces volumes ou fascicules, dont le prix est variable suivant leur importance, sont en vente à la Société d'Editions Géographiques, Maritimes et Coloniales, 17, rue Jacob (vi e ), à Paris. Nous prions instamment nos correspondants, qui réclament souvent des numéros qu'ils supposent manquants, de bien vou- loir vérifier, à l'intérieur de la couverture du dernier fascicule paru, si ces numéros ont été publiés, car le nombre des fas- cicules de chaque année est variable. A la Société d'Editions Géographiques, Maritimes et Coloniales, 17, rue Jacob, à Paris (vi e ) BIBLIOGRAPHIE DE MADAGASCAR (1904-1933) par G. Grakdidier 1 volume de 1.350 pages. ORLÉANS, IMP. v Of V ELLE Rec'd Jun. 6,1946 ANNALES I I M| DU MUSÉE COLONIAL - DE MARSEILLE Fondées en 1893 par Edouard Hegkel • dirigées par le D r Pierre CHOUX |; Professeur à la Faculté des Sciences Directeur du Musée Colonial de Marseille r Quarante-huitième année. 5 e série, 8 ue volume (1940) r m m\ /i? - - PREMIER FASCICULE PLANTES MEDICINALES D'EXTREME-ORIENT V. LE KOGANEBANA (Scutellaria Baicalensis Georg.) par le D r Jean MOTTE r FACULTE DES SCIENCES DE MARSEILLE MUSEE COLONIAL PLACE VICTOR-HUGO 1940 SOMMAIRES des plus récents Volumes des Annales du Musée Colonial de Marseille 1929 1 er Fascicule. A. Baudon : Contribution à l'Etude des Plantes oléagineuses de l'Afrique Equatoriaîe. 2 me Fascicule. — Mlle A. Damiani : Recherches anatomiques sur les feuilles de Vonitra et le Piassava de Madagascar. 3 m * Fascicule. — L. Margaillan : Nouvelles recherches sur quelques Graines oléagineuses des Pays chauds. 1930 1 er Fascicule. — H. Jumelle : Les Moringa de Madagascar. 2 me Fascicule.— Ch. Exbrayat-Durivaux : Notes sur la germina- tion des Moringa malgaches. 3 mo Fascicule. — Van Gaver : Notes sur quelques Ophidiens de la Gui- née Française. 4 me Fascicule. — H. Jumelle : Catalogue descriptif des collections bota- niques du Musée colonial de Marseille : Indochine (l re partie). 1981 1 er Fascicule. — H. Jumelle : Catalogue descriptif des collections bota- niques du Musée colonial de Marseille : Indochine (2 e partie). 2 m * et dernier Fascicule. — H. Jumelle : Plantes du Soudan français récoltées par le lieutenant Boëry. 1033 1 er Fascicule. — F. Guichard et C. Aubert : Contribution à l'étude de la décoloration des huiles de palme (en deux mé- moires). 2 me Fascicule. — Pierre Choux : Deux Asclépiadées cactiformes de Madagascar. 3 me Fascicule. — Jean Motte : Le Konnyaku du Japon. 193« 1" Fascicule. — H. Jumelle : Nouveaux Palmiers de Madagascar. 2 me Fascicule. - - J. Motte : Les Aleurites à huiles de bois. 3 me Fascicule. — H. Jumelle : Nouvelles observations sur quelques Palmiers malgaches. 4 n,e Fascicule. - H. Jumelle : Caféiers sauvages de Madagascar. L. Gaffier : L'anatomie des feuilles des caféiers sau- vages de Madagascar. Mlle J. Rossi : Etudes chimiques sur des cafés de Madagascar. PLANTES MÉDICINALES D'EXTRÊME-ORIENT V. - LE KOGANEBANA (Scutellaria Baicalensis , Georg.) par le D r Jean MOTTE Maître de Conférences adjoint à la Faculté des Sciences de Montpellier Bien que le Koganehana (1) se trouve communément au Japon, il n'en est pas originaire. L'espèce aurait été introduite de Corée dans les années de Kioho (1756-1735), par conséquent à une date relativement récente. Elle est, en effet, particuliè- rement répandue dans l'Asie orientale septentrionale, surtout en Chine, dans le Hsiaowutaishan, où elle a été signalée par Kunk Hsien-Wu et Wang Tso-Pin « along the rocky borders of cultivation ». Elle est également commune en Mandchourie dans la province de Kirin et, bien entendu, en Corée, où elle est depuis très longtemps recueillie et cultivée. MORPHOLOGIE C'est une plante herbacée, non aromatique, pérennante par sa racine qui est pivotante, souple, d'un brun jaunâtre strié de brun foncé, offrant à la coupe un massif ligneux central jaune citron entouré d'une écorce de même teinte, mais moins claire. Elle développe, au printemps, une tige herbacée (fig 2), rou- geâtre par places, quadrangulaire, nettement pubescente à la base et au niveau des entre-nœuds inférieurs, glabre vers son sommet, ramifiée, retombante à la base, puis ascendante, pouvant atteindre en été jusqu'à un mètre de hauteur. (1) On le nomme aussi, au Japon, Kogane-Yanagi et Yamahi-hiragi. Le nom, souvent considéré comme synonyme, û'oogon, doit être réservé à la drogue. 6 JEAN MOTTE Les feuilles portées par cette tige sont opposées,, minces, entières, lancéolées, linéaires, subaiguës, obtuses, légèrement cordées à la base, vertes à la face supérieure, plus pâles à la face inférieure. Les inférieures sont nettement pubescentes sur les bords et à la face inférieure, surtout au niveau de leur nervure médiane, tandis que les supérieures sont presque glabres, finement ciliées. Les unes et les autres sont presque sessiles et portées par un pétiole largement canaliculé à la partie supérieure. Les fleurs (fig. 2 à 7) apparaissent en juillet et août. Elles sont purpurines, bleues ou blanches, brièvement pédonculées, isolées à l'aisselle des feuilles, et par conséquent opposées au niveau de chaque nœud. Mais elles sont dé jetées d'un même côté de la tige (fig. 2), et forment ainsi des épis d'aspect unilatéral. Le calice est bilabié (fig. 3), la lèvre supérieure offrant à considérer une crête qui donne à l'ensemble calicinal l'aspect d'un casque et qui paraît jouer un rôle dans la déhiscence du pseudo-fruit. L'une et l'autre lèvre sont velues, tronquées, entières, se rapprochant lors de la maturité pour formel' un pseudo-fruit (fig. 9). La corolle (fig. 3), bilabiée, peut atteindre 2 cm. 5 de longueur. Le tube est long, supérieurement très dilaté, récurvé depuis sa base et dressé. La lèvre supérieure est échancrée et arquée en avant, tandis que la lèvre inférieure est étalée et présente deux lobes latéraux très petits, presque soudés à la lèvre supérieure et accompagnant un lobe médian plus grand. Les étamines (fig. 4 et 5) sont au nombre de quatre, disposées par paires dont l'inférieure est la plus grande. Elles sont ascen- dantes et parallèles à la lèvre supérieure. Les filets sont blancs, glabres, filiformes. Les anthères, conniventes et ciliées, sont jaunâtres à l'état jeune, plus tard brun foncé. Celles qui appar- tiennent aux étamines supérieures sont normales, mais chez les inférieures une thèque avorte. Il s'ensuit que les seules thèques fertiles sont celles qui sont en rapport immédiat avec le stigmate, suggérants l'idée d'une fécondation autogame, que vient cepen- dant rendre moins probable la présence d'un appareil nectarifère. Le pollen est petit, jaunâtre, sphérique, plus ou moins comprimé, et présente trois sillons étroits disposés sur des méridiens équidistants. Le style est filiforme, blanc, glabre, terminé par un stigmate PLANTES MEDICINALES D EXTREME-ORIENT 7 incurvé nettement bifide, contrairement à l'affirmation erronée (1) et au dessin non moins erroné d'ICHiMURA. Lïovaire, quadripartite, vert, renferme quatre ovules anatropes, évoluant en autant de nucules indépendants, mûrs en août-septembre, et présentant à leur base l'appareil nectarifère signalé plus haut (fig. 6 et 7). Ce dernier, improprement appelé disque, est en réalité réniforme, à hile supérieur, emboitant dans sa concavité le pédoncule du gynécée. Au moment de la maturité du fruit, et après la chute de la corolle et des étamines, les lèvres du calice deviennent conni- ventes et étroitement accolées l'une à l'autre, déterminant la fermeture de la cavité calicinale (fig. 9). Ainsi se forme une pseudo-capsule, renfermant les ovules, comme un fruit renferme les graines, et les mettant en liberté, après dessication (fig. 8), par un mécanisme de déhiscence brutal qui détache en totalité et projette violemment la lèvre supérieure, disséminant ainsi les nucules. Ces derniers sont oblongs, brun foncé, rugueux. L'em- bryon, recouvert d'un mince albumen charnu, est plus ou moins incurvé avec de larges cotylédons, riches en substance grasse. (1) « Stigma curved, not bifld A N A T M I E La tige (fig. 10 à 13), au début de son évolution, offre déjà l'aspect quadrangulaire caractéristique des tiges des Labiées. Uépjderme est abondamment couvert de poils tecteurs (fig. 14) recourbés < j n crochets, constitués par une file de deux ou trois cellules portées par une base surélevée. Leur paroi, faiblement ornée, est très cutinisée. A coté de ces villosités se reconnaissent aisément des glandes pluri-cellulaires (fig. 14), dont la cuticule, détachée de la membrane proprement dite, sert de réservoir à la substance excrétée. Uécorce, à ce stade, est parenchymenteuse et se termine intérieurement par un endoderme (fig. 10) non différencié, mais abondamment chargé d'amidon, qui est alors la seule région amylifère de la tige. Les éléments vasculaires son! encore tous du type primaire. Le cambium ne s'organise qu'ultérieurement (fig. 11). Plus tard la tige s'accroît en diamètre surtout par son cylindre central, l'écorce gardant à peu près toujours la même épaisseur. L'épi- derme doit, bien entendu, augmenter le nombre cle ses cellules ; mais il ne semble pas qu'il augmente, dans les mêmes pro- portions, le nombre des villosités signalées plus haut. Elles deviennent, en effet, proportionnellement de plus en plus rares. Au-dessous de 1'épiderme les cellules corticales sous-épider- miques présentent assez communément une teinte rose homogène, due à la présence d'anthocyane intra-vacuolaire. Plus tard de l'amidon, peu dense et en petits grains, apparaît dans toutes les cellules de l'écorce, sauf toutefois dans le collenchyme qui se différencie au niveau des angles. Pendant que l'amidon apparaît dans l'écorce, il disparait dans l'endoderme, qui, au stade adulte, en est complètement privé. Le cylindre centra! n'est plus alors défini que par une région péricyclique (fig. 13) se sclérifiant bientôt et formant un anneau continu. A l'intérieur de ce dernier les éléments vasculaires de la stèle se sont d'abord organisés en quatre faisceaux libéro- PLANTES MÉDICINALES D'EXTRÊME-ORIENT 9 ligneux faisant face aux angles. C'est dans ces faisceaux qu'ap- parait d'abord un cambium intra-fasciculaire, auquel s'adjoignent bientôt des zones cambiales inter-fasciculaires constituant en définitive un anneau cambial continu, aux dépens duquel se forme bientôt un anneau libéro-ligneux également continu. La moelle, d'abord parenchymateuse (fîg. 10 et 12), se creuse au cours de cette évolution d'une lacune lysigène centrale (fig. 13) de plus en plus développée. La feuille (fig. 15 et 16) offre à considérer un épiderme moyen- nement cutinisé, développé en poils uni-cellulaires au niveau des nervures et sur les marges. Les poils tecteurs sont donc absents sur les faces supérieure et inférieure dans les régions corres- pondant au parenchyme foliaire. Les glandes sécrétrices sont du type décrit plus haut, mais enfoncées dans le limbe au fond de dépressions égales à leur volume et où elles sont entièrement dissimulées. La nervure médiane est constituée par un faisceau libéro-ligneux normalement orienté et noyé dans un parenchyme qui devient collenchymateux au niveau des épidémies supérieur et inférieur. Les nervures latérales sont du même type et sont également en rapport avec les épidémies par un parenchyme sus ou sous-jacent. Il s'ensuit que les tissus palissadiques et lacuneux, dont la structure est par ailleurs normale, sont inter- rompus au niveau des nervures. La racine enfin est, au début de son évolution, constituée par une écorce parenchymateuse sous-jacente à l'assise absorbante et enveloppant une stèle étroite (fig, 17), nettement délimitée par un endoderme à cadres extrêmement net, doublé d'un péricycle à gros éléments. Le bois est bipolaire, imposant à la stèle un aspect binaire, qui disparaît aussitôt que le cambium commence à fonctionner. CULTURE Originaire des régions froides où on peut, si l'on veut, le cultiver, Yooyon se développe cependant mieux dans les régions tempérées relativement humides. Il préfère un sous-sol profond et sablonneux, perméable, réalisant un bon drainage, et un sol de surface, meuble, à gros éléments. Un sol trop dur est à rejeter. Il entraine, en effet, un mauvais développement des racines qui ont tendance à se ramifier et à acquérir une forme irrégulière. En outre un tel sol rend la culture difficile. On préfère les sols argilo-sableux, et surtout les cendres volcaniques, fertiles et perméables. Cette deuxième caractéristique est aussi importante pour le sol que pour le sous-sol, l'humidité entraînant inévita- blement la pourriture de la racine. Il est à peu près indispensable, à moins de se résoudre à laisser le terrain en friche ou en jachère, de pratiquer l'asso- lement. On alterne alors la culture du Scutellaria Baicalcusis'uwc celle des céréales (blé, orge) ou des légumineuses (pois, fèves). L'assolement doit en général durer trois ou quatre ans. Il est avantageux, comme dernière culture alternante, d'employer ]e blé ou toute autre plante mûre en avril-mai. On peut alors, sans perdre de temps, mettre en place le Scutellaria semé en pépinière à l'automne ou au printemps. A. MULTIPLICATION La multiplication peut se faire par repiquage du collet ou par semis. Multiplication par repiquage du collet. — ■ Au moment de la récolte, on détache de la racine destinée à être préparée pour le droguier la région du collet avec les bourgeons et quelques racines. On peut aussi, si les dimensions en sont suffisantes, diviser ces collets en éclats. Les collets, ou fragments de collets, ainsi obtenus sont repiqués dans les mêmes conditions que les plants venus de graines, c'est-à-dire en planches de 70 cm. de largeur environ et à 35 cm. de distance. Ce repiquage peut s'effectuer, comme pour PLANTES MÉDICINALES DEXTRÊME-ORIENT 11 les plants semés, à l'automne ou au printemps. Dans le premier cas la mise en terre s'effectue sitôt après l'arrachage. Dans le deuxième on attend l'année suivante, les plants étant conservés au repos par un ensilage hivernal. Multiplication par semis. Le koganebana fleurit dès la première année, mais il vaut mieux attendre la deuxième ou troi- sième année pour récolter les graines qui mûrissent en septembre. Cette récolte est rendue difficile par le fait, exposé plus haut, que, dès leur maturité, la dessication du calice entraine sa déhiscence brutale et l'expulsion des nucules. On devra donc surveiller de près les événements, et, s'il y a lieu, bassiner les inflorescences pour pouvoir les manipuler plus aisément. On conserve la graine dans un local aéré et sec, ou mieux en silo mélangées de sable. Le semis se fait en place, si l'on dispose d'un terrain libre, ou en pépinière, si le terrain devant recevoir le Sculellaria est occupé, ce qui est le cas le plus général, par une autre culture. La quantité de graines nécessaire au semis est d'un demi litre par are si l'on sème sur place. Un tiers de litre suffit pour la même superficie si le plant est élevé en pépinière. Le semis en place s'effectue de la fin de mars au milieu de mai, mais le plus tôt est le mieux. Le sol doit être profondément labouré et ameubli, divisé en planches larges de 70 à 80 cm. et séparées par des allées de 25 à 35 cm. On trace des sillons peu profonds que l'on arrose de vidanges étendues de deux fois leur volume d'eau. C'est dans les sillons ainsi préparés qu'on jette les graines. On les couvre d'une faible épaisseur de terreau que l'on tasse légèrement et on recouvre de balle de riz pour faciliter la germination. On éclaircit lorsque les plants ont 6 à 10 cm. de hauteur, et on prend garde alors, tout en choisissant les mieux venus, de respecter les distances nécessaires (30 cm. environ). Les plants arrachés pourront, si on le désire, être repiqués ailleurs. Dès cet instant les soins se con- fondent avec ceux que l'on donne aux plants semés en pépinière. On doit choisir, pour le semis en pépinière, un emplacement ensoleillé et à l'abri des gelées. La terre, labourée et ameublie, reçoit, en mars-avril, un premier engrais constitué par un mélange d'engrais végétaux, de vidanges et de cendres végétales. Après un nouveau labour, destiné à incorporer ce compost, on dessine les planches. Celles-ci, de longueur quelconque, ont généralement de v l à 1 m. 30 de large. Leur superficie varie évidemment quelque peu, selon que l'on sème cà la volée, en ligne, ou en poquets. Toutefois on considère en général qu'une superficie de 15 à 20 mètres carré-; 12 JEAN MOTTE suffit à alimenter une are de culture. Le semis a lieu, dans la région de Tokio, vers la fin de mars ou le début d'avril. On recouvre les graines d'une faible épaisseur de terre sur laquelle on éparpille des débris végétaux ou des feuilles mortes que l'on recouvre encore de balle de riz. Ainsi on évite la dessication du sol, et on facilite la germination, en même temps que l'on protège les plants contre les gelées tardives. Les soins ultérieurs se bornent, jusqu'à l'arrachage des plants, à leur éclaircissement judicieux et au sarclage des mauvaises herbes. On fait aussi quelquefois une distribution modérée d'engrais liquides. B. - MISE EN PLACE L'époque de la mise en place se situe généralement dans la deuxième quinzaine de mai. Elle varie toutefois selon le dévelop- pement des plants en pépinière, et, dans le cas d'un assolement, selon l'état de la culture précédente. Mais il vaut mieux planter, dans tous les cas, le plus tôt possible. Il va de soi que, si le terrain a déjà fourni une culture accessoire, on pourra se contenter de tracer et d'égaliser les allées et d'ameublir les planches. Si, au contraire, la plantation succède à une friche, il conviendra de pratiquer un labour profond précédant l'établissement des planches, qui sera toujours précédé d'une distribution d'engrais généralement constitué par des vidanges. Les planches ont généralement 60 à 70 cm. de large. Les plants y sont repiqués isolément, sans soins spéciaux, à 30 ou 35 cm. l'un de l'autre. On doit seulement veiller à ce que leurs racines soient bien verticales pour assurer un développement régulier de leur forme. On se contente pour cela de disposer les plants dans des trous faits au plantoir et de couvrir de terre avec la bêche. Les jeunes plants reçoivent .alors une distribution d'engrais, appelé engrais principal, et dont la composition est généralement la suivante : matières végétales en décomposition 300 tourteau de soja 12 superphosphate de chaux .3 cendre de paille 5 L'engrais est déposé au pied des plantes, non au contact des racines, le plus souvent dès le repiquage, plus rarement lors du premier binage. PLANTES MÉDICINALES D'EXTRÊME-ORIENT 13 Un apport d'engrais liquide, constitué par des vidanges étendues ou du sulfate d'ammoniaque dilué, se fait après que la reprise s'est effectuée, généralement vers la fin du mois de juin, et peut être répété chaque année à pareille époque. Entre temps il suffira de sarcler régulièrement la culture. Les lalours, qui auraient l'avantage d'aérer le sol, sont à déconseiller. Ils risqueraient de blesser les racines et d'entraîner, à tout le moins, leur déformation, sinon leur destruction partielle, et par conséquent une diminution de leur valeur. On s'abstiendra le plus possible de cette pratique qui, si elle parait indispensable, devra avoir lieu au moment de la pleine végétation. Enfin, vers la fin de l'automne, après avoir laissé la fructifi- cation s'achever et lorsque les tiges se dessèchent, on fauchera ces dernières et on butera les collets afin de protéger les bourgeons. RECOLTE, PREPARATION ET CARACTERISTIQUES DE LA DROGUE La récolte peut s'effectuer dès la première année ; mais, pour avoir de bonnes racines, bien développées et de grosseur moyenne, il vaut mieux attendre deux ou trois ans ou davantage. On les déterre après la fanaison des feuilles, c'est-à-dire vers la fin de l'automne, et cette opération peut durer jusqu'au printemps ou, pour mieux dire, jusqu'au début de la germination. On préfère toutefois au Japon récolter à la fin de l'automne et au' début de l'hiver, parce que cette saison, exceptionnellement sèche sous le climat japonais, se prête mieux à la dessication des racines. L'arrachage se fait à la bêche et on ne doit pas craindre de remuer profondément le sol, ce qui a le double avantage de réaliser d'emblée un labour pour la culture suivante et d'éviter de blesser les racines. Ces dernières, une fois extraites, sont grossièrement lavées une première fois et dépouillées de leurs radicelles, de façon à les débarasser entièrement de la terre qui a pu y demeurer adhérente. Puis on les laisse tremper une nuit dans l'eau et on les écorce, en les agitant, dans un panier de bambou appelé zarn. On choisit pour cela un jour clair et sec de façon à ce qu'on puisse sécher immédiatement les racines au soleil, car la racine du koganebana est sujette à pourrir très vite ou tout au moins à changer de couleur et à virer au vert bleuâtre, au lieu de demeurer jaune, ce qui diminue la valeur de la drogue. L'oogon le plus estimé doit avoir une belle couleur jaune d'or qu'il doit conserver en séchant. Dans une bonne culture un are produit 450 kg. de racine fraîche dès la première année, et on peut en récolter environ 750 kg. après deux ou trois ans. Elles perdent au séchage environ 40 % de leur poids. La drogue (Radix Scutellariae) est généralement connue au Japon sous le nom cïoogon, souvent orthographié ogon et ivogon (litt.: racine jaune). M>ais de nombreux synonymes, plus ou moins fréquemment utilisés dans la littérature pharmacologique, s'ajou- PLANTES MÉDICINALES D'EXTRÊME-ORIENT 15 tent à cette dénomination. La plupart font allusion à la tendance que présente cet objet de se corrompre à partir de sa moelle et de présenter, de ce chef, un cylindre ligneux plus ou moins creux en son centre. A ce groupe se rattachent : fuchô (litt: intestin corrompu), keikom (racine en forme de veine), kocliù (litt: intestin desséché), naikyo (litt: intérieur vide), rifuso (litt: herbe pourrie à l'intérieur), tùfu (litt : femme jalouse, par allusion au cœur noir et corrompu attribué par les chinois à une telle personne). Mais d'autres noms tels que henkon (litt: racine aplatie), jôkon (litt: racine marquée de lignes), kokon (litt: racine séchée), shomikon (litt: racine en forme de queue de rat), intô (litt: tête de sceau), ôbun (litt: caractère jauni), ôgon (litt: racine jaune), hokukon (litt: racine du nord) font allusion à la forme, à la couleur ou à l'origine de l'objet. La racine, cueillie à deux ou trois ans d'âge et parfaitement développée, est conique, plutôt étroite et souvent plus ou moins aplatie. Sa longueur varie généralement de 15 à 20 cm., bien qu'elle puisse atteindre 30 cm., et son diamètre à la base n'excède pas 4 cm. Le collet est apparent et présente les cicatrices des anciennes tiges. La surface, dans le cas où la racine n'a pas été mondée de son liège superficiel, est brun jaunâtre, ridée dans le sens longitudinal et dans le sens transversal. L'ensemble est souvent tordu en spirale sur Taxe de la racine. Si la racine est privée de la zone subéreuse, c'est, sous le même aspect mor- phologique, mais avec une couleur jaune foncée, l'écorce qui apparaît. Elle se révèle, en section transversale, relativement étroite et immédiatement prolongée par le liber non moins étroit. Le massif ligneux central est, au contraire, assez épais, jaunâtre clair, offrant des anneaux annuels très nets et des rayons médul- laires surtout apparents vers le cambium. Ces mêmes rayons se prolongent dans la région cortico-libérienne. La moelle peut être pleine, solide, dure et cassante. Sa saveur est douce et faiblement amère. Son odeur est nulle. Voogon se trouve sur le marché, soit à l'état naturel, revêtue de son suber, et est appelée kawatsuki, soit mondée, et c'est alors le migaki oogon. La deuxième présentation est évidemment la plus estimée. Mais l'une et l'autre peuvent être réalisées à partir des trois variétés commerciales. ' qui elles-mêmes, s'offrent sous deux aspects. Les trois variétés mi alimentent les droguiors se distinguent par leur origine. Voogon chinois, dit de To ou de Kon est le plus 16 JEAN MOTTE estimé. Il est généralement vendu mondé. Sa couleur est noire jaunâtre et son goût fortement amer. L'oogon de Corée, au con- traire, se trouve sur le marché à l'état naturel, revêtu de son liège. Il est de couleur plus agréable que l'oogon de Chine, sa surface de section étant d'un jaune citron assez clair, faiblement bleuté. Mais son goût, peu prononcé, fait qu'on l'estime moins. Uoogon japonais enfin est considéré comme encore plus inférieur, à cause de son goût très faible. Généralement plus mince et plus ramifiée, cette racine offre, en surface, des rides longitudinales el sa surface de section est jaune clair. Chacune de ces variétés se subdivise, comme je l'ai indiqué plus haut, en deux catégories, selon l'âge et l'état de l'organe. Le chokon, appelé aussi chikude ou chikushu, est une racine âgée de deux ou trois ans, parfaitement développée, de forme réguliè- rement conique, et ne dépassant généralement pas 1 à 1,5 cm. de diamètre. D'un brun clair à l'extérieur, elle est intérieurement jaune citron. Le bois, assez épais, est jaunâtre clair, présentant souvent, en son centre, une teinte brune plus ou moins accentuée, laissant déjà pressentir la décomposition des [tissus médullo- ligneux et l'apparition d'une lacune nécrotique axiale. Cette lacune caractérise le deuxième aspect de Yoogon. La catégorie ainsi définie ,appelée hirade, kogon, hege ou sliinchude, renferme les racines âgées, irrégulières, creusées en leur centre comme un vieil arbre, en sorte que l'objet, réduit à une enveloppe parié- tale assez fragile, se morcelle aisément en fragments. Dans cet état on ne doit plus espérer retrouver la coloration jaune clair des diverses régions. L'ensemble de l'objet devient de plus en plus foncé et présente une cassure d'un brun noirâtre caractéristique. Il va de soi que Yoogon, sous cet aspect, est pou estimé. CONSTITUANTS DE LA DROGUE ET UTILISATION THERAPEUTIQUE Ainsi qu'on l'a vu plus haut, Yoogon renferme de l'amidon en petite quantité. Le glucose s'y trouve aussi, en quantité non négligeable, et les cellules à tannins sont abondantes. C'est, comme on peut s'y attendre, à ces deux éléments, que la drogue doit sa saveur douce et astringente. Mais sa valeur thérapeutique paraît due à d'autres constituants. Dès 1899 Takahashi réussit à extraire par L'éther, de Yoogon, une substance phénolique cristallisant en cristaux jaunes .11 lui attribua la formule C 1 " H s 0\ la considérant comme un isomère de l'hydrojuglone du noyer et la nomma scutellarine. Le même nom fut choisi en 1901 par Molisch et Goldschmiedt pour désigner une substance déjà cristallisée, présente dans l'épidémie des feuilles et des tiges de Scutellaria altissima. Cette scutellarine fut considérée comme un dérivé flavonique par Goldschmiedt et Zerner qui lui attribuèrent la formule C 21 H ,8 13 . Shibata, Iwata et Nakamura (1923) comparèrent la scutella- rine de Takahashi à celle de Molisch et Goldschmiedt et démon- trèrent qu'elles n'étaient pas identiques. Abandonnant le nom de scutellarine an dérivé flavonique découvert par Molisch et Goldschmiedt, ils proposèrent alors celui de icogonine pour le corps découvert par Takahashi. Cette wogonine, dont la consti- tution fut définitivement élucidée par Shibata et Hattori (1930) el par Hattori (1930-1931) se vit attribuer par ces auteurs la formule C 16 H 12 O 5 . Mais elle n'est pas le constituant principal de Yoogon. On y trouve en effet, en quantité beaucoup plu;? grande, un constituant différent qui se rapprocherait de la scutellarine. Ce corps, dévouvért par Shibata, Twata et Nakamura (1923) aurait pour formule C 2J H'* 0". Les auteurs de sa décou- verte lui donnèrent le nom de baicaline. Aucune étude pharmacodynamique n'a été jusqu'à présent réalisée à partir de ces éléments. Il est donc difficile d'attribuer 18 JEAN MOTTE à l'un plutôt qu'à Vautre les propriétés thérapeutiques de la drogue. Au reste, ainsi qu'il arrive le plus souvent en médecine chinoise, Voogon n'est jamais employé seul, et doit à l'association d'autres drogues des propriétés extrêmement étendues qui per- mettent de l'utiliser dans des cas aussi différents que l'ictère et la dysménorrhée. Néanmoins la comparaison des cas où il est le plus souvent ordonné, et les tendances actuelles dominant sa prescription, permettent de le considérer comme expectorant, diurétique et légèrement fébrifuge. Il s'ordonne, dans tous les cas, à la dose journalière d'i à 6 grammes, le plus souvent sous forme de décoction. La racine, refendue s'il y a lieu dans sa longueur autant de fois que sa grosseur l'impose, est alors présentée en fragments, ou kiguchiguri, débités au massicot, dit sashikome, et ayant environ un demi- centimètre de longueur. Il va de soi qu'une pareille manœuvre ne saurait s'adresser à la racine officinale durcie par la dessi- cation. On est donc contraint de la ramollir, ce que l'on réalise en la faisant tremper vingt-quatre heures ou quarante-huit heures dans l'eau. Mais ce procédé a l'inconvénient, surtout en été, d'entrainer un bleuissement de la drogue qui est ainsi dépréciée. La technique qui consiste à ramollir la racine par chauffage, éventuellement précédé d'une immersion dans l'alcool de riz (saké), n'est pas sujette à cet inconvénient. Uoogon peut aussi être ordonné seul, en pilules composées de poudre de racine mêlée de miel. Mais le plus souvent les formules sont compliquées par l'adjonction de médicaments adjuvants. C'est néanmoins, même dans ce cas, à ses propriétés expectorantes et antipyrétiques qu'on fait surtout appel. On l'administre contre les bronchites et les congestions de l'appareil pulmonaire, associé aux jujubes, à la réglisse, à la canelle, ou au gingembre. On formule alors : oogon 6 gr. jujube 2 gr. réglisse gr. 5 eau 100 gr. en décoction pour 24 heures ; PLANTES MEDICINALES D*EXTRÊME-ORIENT i9 ou encore : oogon 6 gr. jujube 2 gr. ginseng 1 gr. écorce de cannelle 1 gr. gingembre 1 gr. eau 200 gr. en décoction pour 24 heures. On recommande aussi de l'associer, pour obtenir les mêmes résultats, à la racine d'astragale et à l'ephedra, dont les propriétés diaphoniques et antipyrétiques sont connues. On formule alors : oogon 4 gr. ephedra sinica 2 gr. astragalus Henryi 2 gr. angelica polyclada 2 gr. eau 100 gr. pour une dose journalière. Par contre, pour exalter ses propriétés rafraîchissantes et diurétiques ,on lui adjoint plutôt le fruit de Gardénia florida et on prescrit : oogon 4 gr. gardénia florida 3 gr. eau 100 gr. en plusieurs fois dans 24 heures. INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 1929. Aoki. — Ika naru nambyo mo naoru yakuyoshokubutsu no jiryoho. (Traitement par les plantes médicinales de toutes les maladies). Tokio, 4 e année de Showa. 1935. Aral — Wakan yakuso hoten. (Dictionnaire des plantes médi cinales sino-japonaises). Tokio, 10 e année de Showa. 1930. Hattori. — Beitrâge zur Spektrographie der Flavonreihe. III. Ueber die Konstitution des Wogonins. Acta Phytochimica, Vol. IV, N° 2, Tokio, 1930. 1931. Hattori. — Weitere Untersuchungen iiber die Konstitution des Wogonins. Beitrâge zur Spektrographie der Flavone, IV. Acta Phytochimica, Vol. V, N° 3, Tokio, 1931. 1!)32. Hino et Ishiki. — Saishin wakan yakubutsu gaku (Pharmaco- logie sino-japonaise moderne). Osaka, 8° année de Showa. 1932. Ichimura. — Important médicinal plants of Japan. Tokio, 1932. 1934. Ishidoya. — Chinesische Drogen, III Teil. Keijo, 1934. 1930. Ishiki. — Wakanyaku no ryohi kambetsuho oyobi choseiho (L'art de reconnaître et de préparer les drogues sino-japonaises). Tokio, 1930. 1935. Jumelle. — Catalogue descriptif des collections botaniques du Musée colonial de Marseille. Ann. Mus. Col. de Marseille, 43° année, 5 e sér., vol. 3. Marseille, 1935. 1933. Kamiya et Matsushima. — Shumi no yuyo shokubutsu (Plantes utiles et décoratives). Tokio, 8 e année de Showa. 1934. Karyone et Wakabayashi. — Yakuyo shokubutsu saibaiho (Mé- thode de culture des plantes médicinales). Tokio, 9 e année de Showa. 1933. Koizumi. — Wakkan yakko. (Etude des drogues sino-japonaises). Tome I, Tokio. 8 e année de Showa. 1934. Kunk Hsien-Wu et Wang Tso-Ping. — The flowering plants of Hsiawutaishan. Contributions from the Inst. of Bot. Nation. Ac. of Peiping, Vol. II, N° 8, Pékin, 1934. PLANTES MÉDICINALES D'EXTRÊME-ORIENT 21 1933. Murakami. — Yakurideki seiyakugaku. (Science des drogues), Tokio, 8° année de Showa. 1927. Murakoshi. — Dai shokubutsu zukan. (Grand dictionnaire bota- nique illustré). Tokio, 2° année de Showa. 1929. Nakao et Kimura. — Kanyaku shasshin shusei dai isshu. (Cata logue photographique des drogues chinoises, Fascicule I). Bull. o/ the Shanghai Se. Inst., I. I, Vol. 2, Shanghai, 1930. 1936. Nishiyama. — Zusetsu yakuyo shokubutsu. (Description illustrée des plantes médicinales). Tokio, 10 fi année de Showa. 1930. Shibata et Hattori. Ueher dèn Ort der Glukuronsàurebindung im Baicalin. Aria Phytochimica, Vol. V, N° 2, Tokio, 1930. 1923. 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Détail de l'ovaire (nu, nucule ; ne, nectaire). — 7. Le même vu d'en haut. — F. Inflorescence après maturité (un certain nombre de calices ont expulsé les nucules). — 9. Un calice transformé en pseudo-fruit avant sa déhiscence. L'échelle figurée correspond aux figures 1, 2 et 8. L'échelle des autres figures s'en déduit aisément. Planche II Fig. 10 à 17. - - 10 à 13. Divers stades de la tige. — 14. Villosité épi- dermique. — 15. Coupe transversale de la feuille. — 16. Détail de la coupe précédente. - 17. Cylindre central de la racine au stade primaire. (Bo, bois ; Ca, cambium ; Co, collenchyme ; En, endoderme ; Ep, épidémie ; Li, liber ; Pa, parenchyme ; PI, parenchyme lacu- neux ; Pp, parenchyme palissadique ; Ps, poil sécréteur ; Pt, poil tecteur). L'échelle I correspond aux figures 10, 11, 12, 13 et 15 ; l'échelle II à la figure 1(5 ; l'échelle III à la figure 14 et l'échelle IV à la figure 17. Annales du Musée Colonial de Marseille - 1 940 Pl. I Planche I. - - Partie radicale, inflorescence et fleur de Scutellaria Baicaîensis. Annales du Musée Colonial de Marseille - 1940 Pl. II Planche II. Structure anatomique de la tige, de la racine et de la feuille de Scutellaria Baicalensis. 1934 1 er Fascicule. — H. Jumelle: Catalogue descriptif des Collections botaniques du Musée colonial de Marseille : Oléa- gineux de l'Afrique Equatoriale Française. 2 n,e Fascicule. — Jean Motte : Le Funori, colle d'Algues japonaise. gme Fascicule. — Pierre Choux : Une nouvelle Asclépiadacée cacti- forme malgache. 4 n,e Fascicule. — H. Jumelle : Nouvelles observations sur les Plec- taneia malgaches. 1935 1 er Fascicule. — L. Gaffier : Observations anatomiques sur les feuil- les des Connaracées de Madagascar. L. Gaffier : Sur l'origine botanique du piassava de Madagascar. 2 me fascicule. — P. Choux : Cryptostegia grandiflora et Cryptostegia madagascariensis. 3""' Fascicule. — H. Jumelle : Catalogue descriptif des Collections Botaniques du Musée Colonial de Marseille : Indo- chine (3° partie). 4 me Fascicule. — H. Jumelle : Catalogue descriptif des Collections Botaniques du Musée Colonial de Marseille : Indo- chine (4 e partie). 1936 1 er Fascicule. — Jean Motte : Castanea crenata. Esquisse d'un réper- toire des variétés japonaises. 2 me Fascicule. — D r P. Choux : L'œuvre coloniale d'Henri Jumelle. gme Fascicule. — Jean Motte : Plantes médicinales d'Extrême-Orient. Le Sansho (Xanthoxylum piperitum D. G.). 1937 1 er Fascicule. — Jean Motte : Plantes médicinales d'Extrême-Orient. IV. L'Asebo (Pieris iaponica D. Don.). 2 me et dernier Fascicule. — H. Prat : Caractères anatomiques et his- tologiques de quelques Andropogonées de l'Afrique occidentale. 1938 1 er Fascicule. — H. Perrier de la Bathie : Les Bignoniacées de la Région Malgache (Madagascar, Mascareignes, Sey- chelles et Comores). 2 me et dernier Fascicule. — Mme Bertaud-Rossi : La^Roténone : ses propriétés et ses applications. 1939 1 er Fascicule. — J. Léandri : Les Croton de Madagascar et des îles voisines. 2 me et dernier Fascicule. — H. P. Guérix : Etude anatomique du fruit des Palmiers de Madagascar (Genres endémiques). MODE DE PUBLICATION ET CONDITIONS DE VENTE Les Annales du Musée Colonial de Marseille, fondées en 1893,^ paraissent annuellement en un volume ou en plusieurs fascicules. Tous ces volumes ou fascicules, dont le prix est variable suivant leur importance, sont en vente à la Société d'Editions Géographiques, Maritimes et Coloniales, 17, rue Jacob, Paris (vi e ). ' Nous prions instamment nos correspondants, qui réclament' souvent des numéros qu'ils supposent manquants, de bien vouloir vérifier, à l'intérieur de la couverture du dernier fascicule paru, si ces numéros ont été publiés,' car le nombre des fascicules de chaque année est variable. A la Société d'Editions Géographiques, Maritimes et Coloniales, 17, rue Jacob, à Paris (vi e ) BIBLIOGRAPHIE DE MADAGASCAR (1904-1933) par G. Grandidier 1 volume de 1.350 pages Imprimerie Marseillaise, 39, rue Sainte - Marseille ANNALES DU MUSÉE COLONIAL DE MARSEILLE Fondées en 1893 par Edouard Heckel dirigées par le D r Pierre CHOUX Professeur à la Faculté des Sciences Directeur du Musée Colonial de Marseille Quarante-huitième année. 5 e série, 8 me volume (1940) DEUXIEME ET DERNIER FASCICULE ETUDE MORPHOLOGIQUE ET ANATOMIQUE DU GASSIA SIEBERIANA DC, par MM. J. BALANSARD et A. MOREL ETUDE CHIMIQUE PRELIMINAIRE DU GASSIA SIEBERIANA DC, par MM. L. VIGNOLI et J. BALANSARD ♦— <=S*Q*e= — t • FACULTE DES SCIENCES DE MARSEILLE MUSEE COLONIAL PLACE VICTOR-HUGO 1940 SOMMAIRES des plus récents Volumes ûps Annales du Musée Colonial de Marseille 1930 1 er Fascicule. — H. Jumelle : Les Moringa de Madagascar. 2 me Fascicule. — Ch. Exbrayat-Durivaux : Notes sur la germina- tion des Moringa malgaches. 3 me Fascicule. — Van Gaver : Notes sur quelques Ophidiens de la Gui- née Française. 4 me Fascicule. — H. Jumelle : Catalogue descriptif des collections bota- niques du Musée colonial de Marseille : Indochine (l re partie). 1931 1 er Fascicule. — H. Jumelle : Catalogue descriptif des collections bota- niques du Musée colonial de Marseille : Indochine (2 e partie). 2 me et dernier Fascicule. — H. Jumelle : Plantes du Soudan français récoltées par le lieutenant Boëry. 1932 1 er Fascicule. — F. Guichard et G. Aubert : Contribution à l'étude de la décoloration des huiles de palme (en deux mé- moires ) . 2«ne Fascicule. — Pierre Choux : Deux Asclépiadées cactiformes de Madagascar. 3 me Fascicule. — Jean Motte : Le Konnsaku du Japon. 1933 1 er Fascicule. — H. Jumelle : Nouveaux Palmiers de Madagascar. 2 me Fascicule. — J. Motte : Les Aleurites à huiles de bois. 3 me Fascicule. — H. Jumelle : Nouvelles observations sur quelques Palmiers malgaches. 4 me Fascicule. — H. Jumelle : Caféiers sauvages de Madagascar. L. Gaffier : L'anatomie des feuilles des caféiers sau- vages de Madagascar. Mlle J. Rossi : Etudes chimiques sur des cafés de Madagascar. 1934 1 er Fascicule. — H. Jumelle : Catalogue descriptif des Collections botaniques du Musée colonial de Marseille : Oléa- gineux de l'Afrique Equatoriale Française. 2 me Fascicule. — Jean Motte : Le Funori, colle d'Algues japonaise* 3 me Fascicule. — Pierre Choux : Une nouvelle Asclépiadacée cacti- forme malgache. 4 me Fascicule. — H. Jumelle : Nouvelles observations sur les Plec- taneia malgaches. ErUDE MORPHOLOGIQUE ET ANATOMIQUE DU CASSIA SIEBERIANA D. C. par MM. J Balansamd et A. Mokei. Les différents échantillons de Cassia Sieberiana D. C. en notre possession ont été récoltés par la Mission d'Etudes de la Pharma- copée indigène du Pharmacien Lt. Colonel Laffite en A. 0. F. Nous avons eu à notre disposition : 1° Des échantillons de fleurs, feuilles et tiges jeunes recueillis à Beluko (Sénégal) en avril 1936 ; 2° Des échantillons d'éeorce de la tige recueillis scus le nom de Sindia dans la même localité et à la même date que les pré- cédents ; 3° Des échantillons d'écorce de la racine et quelques frag- ments de racine jeune recueillis en un lieu indéterminé en janvier 1937, sous le nom de Canapislra, nom donné à ces frag- ments en Gambie portugaise, ou Sendieng, Sendiegne des Ouolofs. Notons que la répartition géographique paraît se localiser à l'Afrique tropicale : Sénégal, Afrique Occidentale Française et territoires portugais. C'est du moins ce qu indique l'Index Kewensis. ETUDE MORPHOLOGIQUE Nous passerons rapidement les différents organes en revue. La plante a pu être étudiée en entier, malgré qu'elle ait été tron- çonnée en petits fragments. I. — TIGE. — Les jeunes tiges qui portent les fleurs sont de couleur brune, recouvertes d'un fin duvet jaune.. La section trans- versale est ronde. — 2 — L'écorce n'est adhérente que dans la tige jeune. Elle reste mince et se détache facilement dans la tige âgée. Elle est alors de couleur brun-rougeâtre et peu pileuse. Elle est par ailleurs» ponctuée d'assez nombreuses lenticelles et n'a pas de saveur par- ticulière. Cette écorce, lorsqu'elle est placée dans l'alcool, colore ce dernier intensément en brun, cependant qu'une agréable odeur aromatique se dégage. r _ ...„__ .. II. — RACINE. — L'aspect des écorces et des fragments de racine entière diffère peu de l'aspect de la tige. La couleur est la même, peut-être un peu plus claire. La saveur de l'écorce est un peu amère. III. — FEUILLE. — La feuille est ovale arrondie, à bord lisse et à base atténuée, sauf chez la feuille jeune. Le limbe mesure de 3 à 5 centimètres de longueur et 2 à 3 centimètres de largeur (fig. l,b)". Le pétiole très court (comme chez la plupart des espèces du genre) mesure un demi centimètre de longueur. Il est aplati dans le sens vertical. Au toucher la feuille est coriace. L'aspect de la face supérieure est vernissée et l'étude anatomique montrera l'existence d'une cuticule assez épaisse. La face inférieure est glabre. Far aiheurs, la leuille est penninervée avec, une forte nervure principale faisant saillie sur la face inférieure du limbe. Les ner- vures secondaires sont reliées par de fines anastomones. IV. — FLEUR. — Les fleurs sont disposées le long des jeunes tiges sous forme d'épis peu serrés. Elles sont de couleur vraisem- blablement blanche, en tout cas de couleur claire. Elles sont presque actinomorphes : seuls deux pétales sont à peine plus grands que les autres. Le type floral est le type 5. Le pédicule floral est grêle et long de 4 à 5 centimètres. Le calice est formé de 5 sépales courts légèrement ovales, velus sur la face inférieure, longs d'un demi centimètre environ. La corolle est formée de 5 pétales dépassant nettement les sépales. Ils sont de forme semblable et, comme nous l'avons déjà dit, 2 d'entr'eux sont légèrement plus grands que les autres. Vandrocée est diplostémone : il y a 10 étamines de taille très — 3 — ' Ê Mi 1 I .31 i'j ; i Fiq. 1. — Rameaux, fruit et graine de Cassia Sieberiana DC: a, rameau floral (grandeur naturelle) ; b, rameau feuille (grand, nat.) ; c), fruit (réduit d'un tiers) ; d, graine. différente. La zygomorphie, inexistante chez les pétales, à peine sensible dans la corolle, est ici très nette. Le filet staminal est long et sinueux, ce qui permet aux anthères de rester cachées à l'intérieur de la corolle. Ces anthères sont basifixes. Elles contiennent un pollen de couleur jaune, dont les grains, de forme ovale allongée, présentent un sillon longitu- dinal séparant deux parties égales. Le fruit est une gousse cylindrique, d'une trentaine de cen- timètres de longueur et d'un centimètre et demi de diamètre. Les lignes suturales dorsales et ventrales ne sont pas très nette- ment marquées (fig. 1, c). Cette gousse est divisée en loges par des cloisons assez épaisses. Chaque loge contient une seule graine ovale allongée, peu com- primée. Son tégument est brillant, de couleur brune. Le raphé est très visible (fig. 1, d). La plante est en fructification au mois de janvier. V. — ASPECT GENERAL DE LA PLANTE. — Cassia Sie- beriana se présente comme un arbuste assez ramifié, assez touffu donc, portant des fleurs de couleur claire. B. — ETUDE ANATOMIQUE I. — HISTOLOGIE DE LA TIGE. Nous avons pratiqué des coupes sur des échantillons diffé- rents et à des hauteurs différentes- 1° Coupe dans une tige jeune portant les pédoncules floraux. La section a 3 millimètres de diamètre environ. Elle est régu- lière et arrondie. L'écorce est très mince. La coupe présente les formations suivantes en allant de la périphérie vers le centre (fig. 2). a) un épiderme formé de petites cellules assez régulières quant à leur forme et à leur taille. La cuticule est mince. Cet épiderme porte de courts poils unicellulaires en général. On n'observe pas de stomates. b) un parenchyme cortical collenchymateux seulement dans sa partie externe. On compte de 8 à 10 assises de cellules. L'assise scus-épidermique est formée de cellules régulières, allongées tangentiellement et presque toutes rtcloisonnées par un fin trabécule. Les cellules qui touchent au péricycle sont de nature parenchymateuse avec des parois minces. Elles contiennent des cristaux d'oxalate de calcium. Ceux-ci accompagnent d'ailleurs .e r ■ c.*a i p e i -B : - 3i _ par lu I ^î'rs iu I/O ' Fig. 2. — Section transversale d'une tige de Cassia Sieberiana DC: ep, épiderme ; ec, écorce ; oxal, cristal d'oxalate de calcium ; per, péricvcle ; lib, liber ; R 2 , bois secondaire ; B lt bois primaire ; par. du bois, parenchyme du bois primaire ; gaine du bois, gaine de cellules scléreuses ; m, moelle. — 6 — toujours les formations péricycliques de la tige et de la racine, ainsi que les méristèles foliaires. c) un péricycle en forme d'anneau discontinu, d'épaisseur variable. Il est constitué par une série de massifs de petites cellules, scléreuses en général, fibreuses parfois, massifs séparés par de grandes cellules scléreuses à parois ponctuées. Cn compte de 20 à 24 de ces massifs. d) un liber dense, en forme d'anneau régulier entourant le bois. Les cellules libériennes sont de taille très variable. Leurs parois sont très froissées. On trouve ça et là de grands éléments, dont certains, voisins du péricycle, contiennent un cristal d'cxalate de calcium. Au niveau des grandes cellules scléreuses du péri- cycle, les cellules libériennes font place à un parenchyme libérien formé de grandes cellules plates. Enfin, au niveau des interrup- tions péricycliques, le liber communiaue directement avec Técorce par de grands éléments parenchymateux. e) un bois, qui constitue un anneau secondaire épais et qui présente au voisinage de la moelle des formations primaires. Le sclérenchyme ligneux est formé par des files radiales de petites cellules scléreuses à parois épaisses entourant d'énormes vaisseaux du bois. On observe enfin ouel^ues travées parenchvmateuses formées d'une seule assise de cellules allongées radialement. Les formations primaires font saillie dans la moelle. Il y a de 20 à 24 pointements, autant donc rue de massifs péricy- cliaues. Ces pointements, dans lesquels on observe des vaisseaux du bois et un parenchvme se colorant en rose par le rous-e congo. sont séparés de la moelle par une gaine de cellules scléreuses plus grandes. fï une moelle centrale, importante, oui forme de petits rayons médullaires séparant les formations frimaires décrites. Elle est constituée rar de nombreuses cellules arrondies à parois minces, et dont la taille augmente en allant vers le centre de la coupe. 2° Coupe dans une tige plus âgée. Les caractères anatomiques sent les mêmes. Les massifs périevelioues sont toutefois mieux isolés les uns des autres, car les grandes cellules scléreuses sont moins nombreuses. Les poils portés par l'épiderme sont plus longs et plus rares. En résumé, l'étude anatomicue de la tige montre des carac- tères essentiellement normaux, quoique la plante ait un habitat tropical. II. — HISTOLOGIE DE LA RACINE. Parmi les fragments d'écorce de la racine réunis scus le nom de Canapistra, nous avons trouvé quelques fragments de racine jeune. La coupe a 3 millimètres de diamètre environ et permet ainsi de comparer la tige et la racine à diamètre égal. On peut remarquer que la racine montre des formations secondaires plus importantes que celles de la tige. On distingue en partant de l'extérieur (fig. 3) : a) un suber épais, compact, formé d'une trentaine de cellules régulièrement empilées. b) une écorce très mince, formée d'une dizaine d'assises de cellules. Celles oui sont" en contact avec le suber tendent à s'or- donner en files verticales comme ce suber. Celles oui sont au voisinage du péricvcle sont allongées tangentiellement et contien- nent des cristaux d'oxalate. c) un péricycle scléro-fibreux de plusieurs assises de cellules. Son aspect est irrégulier et bosselé ; les fibres, rondes, petites, à petit lumen, alternent- avec d'énormes cellules à parois striées et craquelées. Ces cellules, éléments âgés, existent également dans les écorces. d) un anneau libérien formé surtout de tissu secondaire, dont les cellules très froissées sont parsemées de cellules scléreuses isolées et d'ilôts fibreux. Les cellules qui entourent ces ilôts fibreux sont oxalifères. a) un bois secondaire très important, occupant le centre de la racine. Il a rejeté au centre le bois primaire, dont il n'est pas possible de distinguer les éléments. Il n'y a pas de m:elle. Le bois secondaire est disposé en couches concentriques de paren- chyme ligneux, séparées par des couches de fibres. A cette dispo- sition tangentielle, s'ajoute une disposition radiale figurée par des tracées parenchymateuses radiales formées d'une assise unique de cellules. — 8 — Tous ces caractères sont assez proches de ceux de la tige âgée. A diamètre égal, la racine présente des caractères de vieillesse nettement plus accentués crue dans la tige. Ainsi, comme il arrive presque toujours, la racine secondaire devient difficile à séparer de la tige secondaire, dont elle prend les caractères. Ici cependant on peut noter, comme différences essentielles, l'absence de moelle et la nature du bois. Il n'en sera pas de même pour les écorces qui ne montrent plus ces caractères de différenciation. 5CL Fig. 3. — Section transversale d'une racine de Cassia Sieberiana DC: s, suber ; ec, écorce ; per, péricycle ; /, liber ; il sel, ilôts fibreux libériens ; b 2 , bois secondaire ; trav. fibr, travées fibreuses du bois secondaire ; trav par, travées parenchymateuses. — 9 __ III. — HISTOLOGIE DES ECORCES. I ' ANATOMIE DE L'ÉCORCE DE ! V TIGE. Cette écorce est essentiellement composée de suber, de paren- chyme cortical, de péricycle et de formations libériennes (fig. 4). a) le suber est semblable à celui de la racine ; il est forme- de 14 à 18 assises de cellules comprimées, ordonnées en pile^ ménageant des lenticelles. b) le parenchyme cortical est peu important : quelques assises de cellules aplaties et comprimées dans le sens tangentiel à l'extérieur, plus ou moins polygonales à l'intérieur. L'assise sus- jacente au péricycle est oxalifère. c) le péricycle est formé par plusieurs assises de fibres et de grandes cellules scléreuses à petit lumen et à parois craquelées. Ce péricycle forme un anneau continu d'aspect tourmenté. d) le liber est représenté par des ilôts primaires comprimés contre le péricycle et séparés par du parenchyme libérien. Ça et là quelques grandes cellules scléreuses très comprimées. Le liber secondaire est très épais. Il est ordonné en files plus ou moins régulières, séparées par des travées parenchymateuses formées d'une seule assise de cellules allongées radialement. Ii est de plus parsemé d'ilets fibreux d'importance variable, depuis la fibre isolée jusqu'au massif de 15 à 20 fibres. Ces ilôts sont entourés de cellules oxalifères contenant, soit des cristaux ordi- naires, soit des cristaux en oursins. Le bois fait normalement suite aux éléments précédents, mais il ne les accompagne que sous la forme d'une frange mince appliquée sur la face interne de l'écorce. 2° ANATOMIE DE L'ÉCORCE DE LA RACINE. Les caractères généraux sont très voisins de ceux que nous venons de décrire dans la tige. Il paraît même au prime abord à peu près impossible de différencier les deux écorces par l'ana- tomie. On peut noter toutefois quelques différences : a) le suber est plus épais que dans l'écorce de la tige. b) le péricycle ne contient que de grandes cellules scléreuses à parois striées. Il n'y a pas de petites fibres. 10 c) il y a plus de cellules oxalifères au voisinage du péricycle. d) les travées parenchymatettses radiales sont plus nettes et elles s'insinuent entre les ilôts fibreux qui parsèment le liber, se L.U tf-~ lib S.V - Svb ""7 f f |» Lrr SrJ ■i— ■ P II -*--Lir V. i Lt m- Tfav- fiar — Oval F IGi 4, — Section transversale dans Pécorce de la tige de Sindia : Sub, suber ; Ec. écorce ; Ver fihr. sel., péricycle fibreux et scléreux ; Lib. 1, liber primaire ; Par lib., parenchyme libérien ; Lib. 2, liber secondaire ; Trav. par., travées parenchymateuses du liber secondaire; Oxal, cristal d'oxalate de calcium. continuant dans le jeune bois secondaire qui est quelquefois visible au-dessous du liber. IV. — ETUDE HISTOLOGIQUE DE LA FEUILLE. L'étude du limbe nous paraissant être plus importante que celle du pétiole, il nous est apparu nécessaire d'y insister plus particulièrement. 1° Etude du limbe dans sa partie moyenne Les deux faces sont planes et le type anatomique est hifacial. — 11 — En allant de l'épiderme de la face supérieure vers l'épiderme de la face inférieure, on distingue les tissus suivants (flg. 5) : a) Vépiderme supérieur, assez particulier, est constitué par d'énormes cellules, deux fois plus hautes que larges, assez régu- lières quant à la forme et la taille. La cuticule est épaisse, comme le faisait prévoir l'aspect vernissé de la face supérieure de la feuille. On n'observe pas de stomates. Cet épiderme ne porte que quelques rares poils unicellulaires. Il nous apparaît en somme comme une barrière opposée à la dessication par la feuille. Car, étant donné la station tropicale de la plante, on peut se proposer de rechercher chez elle quelques caractères de xérophy- tisme. Or celui que nous venons de signaler nous paraît être le seul et encore est-il bien imprécis. b) le tissu palissadique est extrêmement important. Il est caractéristique et mérite bien son nom. Il est en effet formé par de longues cellules 7 à 8 fois plus hautes que larges, disposées en une assise unique. Elles sont en relation directe avec l'épiderme supérieur d'une part, avec le tissu lacuneux d'autre part. Elles représentent à elles seules la moitié de l'épaisseur du limbe. c) le mésophylle est représenté par un tissu lacuneux qui est au contraire très réduit. Notons ce caractère, qui montre que la plante n'a probablement pas à résister à une dessication intense, étant protégée du reste par son épiderme supérieur. d) ce tissu lacuneux est en relation avec une ou deux rangées de cellules sans caractères spéciaux, sincn qu'elles tendent à l'allon- gement vertical. La question se pose de savoir s'il faut les consi- dérer comme de simples assisses excdermiques ou comme une tentative vers une différenciation du type palissadique. Si nous insistons sur ce point, c'est que la question s'est déjà posée et en particulier pour, des espèces africaines (1). Remarquons tout d'abord que ces assises sont constituées par des cellules bien diffé- rentes des cellules palissadiques type. Elles sont à la fois plus larges et moins hautes. Pour essayer de trancher la question, nous avons étudié le mode d'apparition du limbe au niveau de la zone de transition pétiole-nervure principale. Nous verrons plus loin quelle est la conclusion de cette étude. e) Vépiderme inférieur, enfin, est très différent de l'épiderme (1) M. L. Perraud. — Xérophijtisme chez les plantes mauritaniennes. Thèse doct. (Sciences), Marseille. 1934. — 12 — supérieur. Il est constitué par des cellules de taille plus petite et irrégulière. Leur face externe est fortement bombée, ainsi que la cuticule qu'elles supportent. Cette disposition donne un aspect bosselé à l'épiderme. Les stomates sont rares, superficiels, avec une chambre sous- stomatique petite. Les poils sont plus nombreux que sur la face supérieure. Ils sont le plus souvent unicellulaires et fortement recourbés sur la face inférieure de la feuille. f) les petites méristèles sont représentées par liber et bois coiffés de deux petites calottes de fibres rondes, elles-mêmes en- tourées de cellules oxalifères end o dermique s. Notons ici l'abondance de l'oxalate dans la feuille sous forme de cristaux. Cela se voit bien surtout lorsque les hasards de la coupe montrent une mé- ristèle coupée longitudinalement : vaisseaux et fibres apparaissent alors entre deux belles rangées de cristaux d'oxalate. L'extrémité du limbe est occupée par un massif collenchy- mateux peu important. Notons aussi qu'à ce niveau la cuticule Fig. 5. — Section transversale d'une feuille de Cassia Sieberiana (région moyenne du limbe) : eut, cuticule ; ép. sup., épiderne supé- rieur ; t. p., tissu palissadique ; t. t., tissu lacuneux ; l, liber ; b, bois ; f, fibres ; ox, cristaux d'oxalate de calcium ; ex, exoderme ; ep. inf., épiderme inférieur. — 13 — de l'épiderme supérieur s'épaissit encore. Les cellules de cet épi- derme diminuent de taille et passent insensiblement aux cellules de l'épiderme inférieur. 2° Coupe au niveau de la nervure principale La nervure fait saillie sur la face inférieure de la feuille. a) La méristèle reproduit les caractères de la stèle de la tige. A ce niveau, l'épiderme supérieur garde tous ses caractères, cepen- dant que la cuticule de l'épiderme inférieur s'épaissit. Ce dernier porte de nombreux poils : unicellulaires en forme de boule, plu- ricellulaires allongés. b) Vécorce est collenchymateuse dans sa partie externe, paren- chymateuse dans sa partie interne. c) Pour la première fois on observe un endoderme net. Au cours de cette étude, nous ne l'avons observé que dans la feuille. La même constatation a du reste été faite par Peuter (1) et Hérail (2), dans leurs traités respectifs de Matière Médicale. Les cellules endodermiques sont de forme polyédricrue et alternent avec les cellules péricvcliques. Elles sont oxalifères. Toutefois elles ne sont nettement différenciées que sur les parties latérales de la méristèle. d) Le péricycle est fibreux dans sa partie externe, scléreux au voisinage du liber. Il est compact et continu. Au niveau de la face supérieure, il n'est plus formé que par des cellules scléreuses. e) Liber et -bois occupent le centre de la méristèle en relation avec le péricycle du côté de la face supérieure par un massif scléreux. 3° Etude du Pétiole. Le pétiole est formé par un parenchyme cortical entourant un faisceau unique ouvert vers le haut. La section est ovale, aplatie dans le sens vertical. Le caractère le plus évident est l'absence presque totale (1) L. Reuter. — Traité de Matière Médicale (Baillière et Fils, éd.), Paris, 1923. p. 700. (2) J. Herail. — Traité de Matière Médicale (Baillière et Fils, éd.), Paris, 1927, p. 584. 14 d'éléments scléreux. En particulier, le péricycle est parenchy- mateux. On n'observe que de rares éléments scléreux isolés. Ainsi, alors que la tige comprend des formations péricycliques scléreuses très nettes, celles-ci disparaissent au niveau du pétiole, pour réapparaître au niveau de la nervure principale, en même temps que le limbe. 4° Etude de la zone de transition Pétiole-nervure principale. Cette étude nous montre l'apparition des formations scléreuses dans le péricycle. Ces formations sont représentées d'abord par des ilôts scléreux isolés, puis par des massifs plus denses, qui finissent par se rejoindre pour représenter l'aspect décrit dans la nervure principale. Les schémas de la figure 6 nous montrent la réalisation de ces faits : 3iat bciere-D* -f Fig. 6. — Schémas de la sclérification péricyclique dans la zone de transition entre le pétiole et la nervure principale du limbe : /, bois ; 2, liber ; 3, péricycle. — 15 — Cette étude montre d'autre part la différenciation des tissus dans le limbe. Celui-ci apparait au début sous la forme de deux petites ailes constituées par un parenchyme homogène. Au niveau des coupes II et III commence la différenciation palissadique. Celle-ci se précise très vite et le tissu palissadique est donc celui qui apparait le premier. Aux dépens du parenchyme restant se différenciera le tissu lacuneux. Il restera enfin sous l'épiderme inférieur l'assise, ou les deux assises, dont ncus avons fait mention. On voit qu'elles ne peuvent pas nous apparaître comme des formations palissadiques. Il faut plutôt les considérer ccmme un reste du parenchvme initial. Cela nous amène à considérer que le type anatornique foliaire est bifacial. Mais nous ne pouvons pas nier que l'exoderme, dans les parties bien développées du limbe, tend à la forme palissadique. Cette différenciation est et reste une ébauche. Elle n'aboutit jamais au tissu type. On peut en quelque sorte dire que, du point de vue anato- rnique ,il n'y a qu'un seul tissu palissadique. Mais biclogiquement il y en a très probablement deux. V. — CONCLUSIONS A L'ETUDE ANATOMIQUE. Parmi les caractères présentés par Cassia Sieberiana, nous retiendrons les suivants : a) la plante malgré sa localisation n'est pas xérophyte ; b) il y a une unité de structure très grande entre les diffé- rents organes de la plante ; c) on relève la présence cïoxalate dans toutes les parties étudiées : tige, racine, écorces, feuilles, au niveau des formations péricycliques et des tissus conducteurs ; d) le limbe de la feuille présente quelques caractères spéciaux, parmi lesquels nous signalons la taille anormale de l'épiderme supérieur. Notons enfin Yapparition de l'endoderme dans la méristèle foliaire. 16 G. — CONCLUSION En résumé, par l'ensemble de ses caractères morphologiques et -anatomiques, le Cassia Sieberiana est très voisin du Cassia fislula, le canéficier des Antilles. Comme différence on peut signaler que « les gousses sont toutefois plus petites que celles de la véritable casse et les graines sont plus oblongues et moins aplaties » (1). Par ailleurs l'étude chimique nous a montré qu'il n'existait pas de différences entre les principaux éléments de ces deux espèces. Il nous semble donc que le Cassia Sieberiana puisse parfaitement être substitué au Cassia fistulosa dans toutes sets applications. Entre autres il n'y aurait pas d'inconvénient à substituer comme purgatif doux la pulpe du Sendieng à celle du Canéficier. (Laboratoire d'Histoire Naturelle de la Faculté de Pharmacie de Marseille). (1) H. Jumelle. — Catalogue descriptif des collections botaniques du Musée Colonial de Marseille. Afrique Occidentale Française (Ann. d. Mus. Col. de Marseille, 24 e année, 3 e série, 5 e vol., 1 er fasc, 1917, p. 38). ETUDE CHIMIQUE PRÉLIMINAIRE DU CASSIA S1EBERIANA D. C. par AI M. L. Vigmoli et J. B.^lansard Le Cassia Sieberiana, arbrisseau appartenant aux Légumi- neuses Césalpiniées, fournit aux indigènes de l'A. 0. F. ses racines et ses sommités fleuries, drogues dont ils se servent à titre de médicament. Le Pharmacien Lieutenant Colonel Laffite, Chargé de Mission d'Etudes de la Pharmacopée indigène en A. 0. F., signale que la plante, suivant son origine, est connue sous diverses déno- minations. Sous le nom de Sindia (Bambara de Béléko) nous avons reçu, d'une part des sommités fleuries, d'autre part des sommités feuillées. Les termes de Sendieng (Diola de Oussaye) et de Canafùtra (Portugais créole de la Guinée portugaise) paraissent être réservés respectivement à la racine entière et à l'écorce de la racine. Un épuisement systématique pratiqué sur ces diverse» drogues nous a donné les résultats suivants : CANAPISTRA (écorce-racine) Ether de pétrole 1,60 % Ether 5,17 % Ester acétique 7,00 % Alcool à 95° 10,50 % Eau 3,50% En réalité, si l'épuisement sur l'écorce de la racine et les tiges feuillées opéré sur 100 grammes de drogue a pu nous fournir un résidu appréciable, les 25 grammes de rameaux fleuris traités dans les mêmes conditions ne nous ont pas permis de pouvoir procéder à quelques investigations que ce soit sur des résidus minimes. SINDIA SINDIA (feuilles et tiges) (rameaux fleuris 2.42% 1,48% 2,14% 1,32 % 6,50% 6.85% 2.93 % 3,00% 4,00 % 3.90% 18 - A. — FRACTION SOLUBLE A L'ETHER DE PETROLE. 1° Canapistra. — Le résidu obtenu est de consistance molle, de couleur orangé, d'odeur aromatique faible. Il est constitué par un mélange de matières grasses, stérols, essence, matière colorante. 2° Sindia. — Les extraits obtenus sont de consistance pulvé- rulente ; tous deux ont une couleur verdâtre, moins accentuée dans le résidu provenant des fleurs. On peut y déceler la présence de chlorophylle, essence, stérols. B. — FRACTION SOLUBLE DANS L'ETHER. 1° Canapistra. — Résidu brun clair, sec, renfermant des acides aromatiques solubles, C0 3 NaH et C0 3 Na 2 , une résine, enfin des traces d'une matière colorante. 2° Sindia. — Résidus verts, renfermant, outre les principes plus haut signalés, une importante quantité de chlorophylle. La matière colorante. — Nous avons essayé de déterminer si cette matière n'était pas, en partie tout au moins, de nature anthra- quinonique. Les résidas provenant de l'éther de pétrole ou de l'éther, épuisés par une solution de C0 3 Na 2 à 2 %, fournissent une solution qui précipite par ajout de HC1. Ce précipité, séché et épuisé par le benzène, cède à celui-ci une matière jaune qui donne la réaction de Borntrager. Ceci nous permet d'avancer qu'il existe dans ces drogues, en plus faible proportion du reste dans l'écorce de la racine, des oxyméthylanthraquinones libres. C. — FRACTION SOLUBLE DANS L'ESTER ACETIQUE. 1° Canapistra. — Cette fraction, de couleur brun rouge, ren- ferme essentiellement une matière colorante de nature non glyco- sidique qui possède les caractères suivants : Poudre brun rouge, sans saveur ni odeur appréciable, inso- luble dans l'eau froide, un peu soluble dans l'eau bouillante et Tester acétique, très soluble dans l'alcool. Cette scluticn alcoolique précipite par l'acétate neutre de plomb ; ce précipité est soluble dans l'alcool bouillant ; elle précipite par contre par le sous- acétate. — 19 — Par hydrolyse acide elle n'est pas touchée, par distillation sèche elle fournit comme produits volatils : du phéncl, de l'acé- tone et de l'acide acétique, le résidu restant étant un goudron noirâtre. 2° Sindia. — L'extrait, de couleur brun noirâtre, est plus riche que le précédent en matières phénoliques, plus pauvre en matière colorante. Il paraît renfermer un corps de nature glyccsidique, ainsi que le montrent les résultats de dosage des sucres avant et après hydrolyse ; ces premiers essais cependant demandent confirmation. D. — FRACTION SOLUBLE DANS L'ALCOOL A 95°. 1° Canapistra. — L'extrait obtenu, pulvérulent, de couleur brun chocolat, renferme des glucides, un tanin probablement de nature catéchique, des phlobaphènes, des proportions assez grandes de la matière colorante plus haut signalée. La présence d'azote nous a incité à y rechercher les alcalo'.'des ; ceux-ci sont absents ; par contre il existe une faible proportion de bases aminées. 2° Sindia. — Les extraits obtenus, de couleur claire, renferment également des glucides et de l'azote aminé. La matière colorante s'y trouve en minime proportion, ainsi que les tanins. E. — FRACTION SOLUBLE DANS L'EAU. i° Canapistra. — Le produit obtenu après dessication se présente sous la forme de paillettes peu colorées qui donnent les réactions des mucilages. 2° Sindia, — Le mucilage aussi paraît être le constituant le plus important de cette partie, F. — CENDRES. CANAPISTRA SINDIA SINDIA (écorce-racine) (feuilles et tiges) (rameaux fleuris) Cendres 3.96 % 2,40 % sulfuriaues 3,64 % 0.415 % 0.047 % Silice SiO 0.135% 0.0PO % 0.150 % Fer et alumine 0.1^% 0.345 % 0.045 % Chaux 0,140 % 0.0 '0 % 0.0 M) % Magnésie 0.070 % 0,135 % 0,055 % Potasse 0,225 % 3ÉU — CONCLUSIONS. Cette étude préliminaire, si elle ne nous a pas permis de déterminer d'une façon certaine la composition des drogues étudiées, nous a cependant indiqué dans quel sens nos recherches ultérieures devront être dirigées. La présence de dérivés anthraquinoniques, abondants dans les feuilles surtout, doit en effet attirer l'attention sur la recherche d'un hétéroside, que la quantité trop faible de matériaux mis à notre disposition ne nous a pas permis d'isoler. (Laboratoires de Pharmacie et de Matière médicale de la Faculté de Pharmacie de Marseille). imprimerie Marseillaise, 39, rue Sainte - Marseille 1935 1" Fascicule. — L. Gaffier : Observations anatomiques sur les feuil- les des Connaracées de Madagascar. L. Gaffier : Sur l'origine botanique du piassava de Madagascar. 2 me Fascicule. — P. Choux : Cryptostegia grandiflora et Cryptostegia madagascariensis. 3 me Fascicule. — H. Jumelle : Catalogue descriptif des Collections Botaniques du Musée Colonial de Marseille : Indo- chine (3° partie). 4 me Fascicule. — H. Jumelle : Catalogue descriptif des Collections Botaniques du Musée Colonial de Marseille : Indo- chine (4 e partie). 1936 1 er Fascicule. — Jean Motte : Castanea crenata. Esquisse d'un réper- toire des variétés japonaises. 2 me Fascicule. — D r P. Choux : L'œuvre coloniale d'Henri Jumelle. 3 me Fascicule. ■ — Jean Motte : Plantes médicinales d'Extrême-Orient. Le Sansho (Xanthoxylum pipevitum D. C). 1937 1 er Fascicule. — Jean Motte : Plantes médicinales d'Extrême-Orient. IV. L'Asebo (Pieris japonica D. Don.). 2 me et dernier Fascicule. — H. Prat : Caractères anatomiques et his- tologiques de quelques Andropogonées de l'Afrique occidentale. 1938 1 er Fascicule. — H. Perrier de la Bathie : Les Bignoniacées de la Région Malgache (Madagascar, Mascareignes, Sey- chelles et Comores). 2 m v e et dernier Fascicule. — Mme Bertaud-Rossi : La_Roténone : ses propriétés et ses applications. 1939 1 er Fascicule. — J. Léandri : Les Croton de Madagascar et des îles voisines. 2 me et dernier Fascicule. — H. P. Guérin : Etude anatomique du fruit des Palmiers de Madagascar (Genres endémiques). 1940 1 er Fascicule. — D r J. Motte : Plantes médicinales d'Extrême-Orient. V. Le Koganebana. (Scutellaria Baicalensis Georg.) MODE DE PUBLICATION ET CONDITIONS DE VENTE Les Annales du Musée Colonial de Marseille, fondées en 1893, paraissent annuellement en un volume ou en plusieurs fascicules. Tous ces volumes ou fascicules, dont le prix est variable suivant leur importance, sont en vente à la Société d'Editions Géographiques, Maritimes et Coloniales, 17, rue Jacob, Paris (VI e ). Nous prions instamment nos correspondants, qui réclament souvent des numéros qu'ils supposent manquants, de bien vouloir vérifier, à l'intérieur de la couverture. du dernier fascicule paru, si ces numéros ont été publiés, car le nombre des fascicules 'de chaque année est variable. A la Société d'Editions Géographiques, Maritimes et Coloniales, 17, rue Jacob, à Paris (vi e ) BIBLIOGRAPHIE DE MADAGASCAR (1904-1933) par G. Grandidier 1 volume de 1.350 pages Imprimerie Marseillaise, 39. rue Sainte - Marseille ANNALES DU MUSÉE COLONIAL DE MARSEILLE Fondées en 1893 par Edouard Heckel DIRIGEES PAR le D r Pierre CHOUX Professeur à la Faculté des Sciences Directeur du Musée Colonial de Marseille Quarante-neuvième année, 5 e série, 9 e volume (1941) PREMIER FASCICULE CONTRIBUTION A L'ETUDE DE LA TRANSFORMATION DES GRAISSES ET DES HUILES DE POISSONS EN HYDRO-CARBURES I. — Pyrogénation comparée des savons alcalins et alcalinoterreux d'une graisse de Poisson des Grands Lacs Cambodgiens par M. Jacques ARNOUX ♦— oS;Q© — fc FACULTE DES SCIENCES DE MARSEILLE MUSEE COLONIAL PLACE VICTOR-HUGO 1941 SOMMAIRES des plus récents Volumes des Annales du Musée Colonial de Marseille 103O 1 er Fascicule. — H. Jumelle : Les Moringa de Madagascar. 2 m " Fascicule. — Ch. Exbrayat-Durivaux : Notes sur la germina- tion des Moringa malgaches. 3 me Fascicule. — Van Gaver : Notes sur quelques Ophidiens de la Gui- née Française. 4 me Fascicule. — H. Jumelle : Catalogue descriptif des collections bota- niques du Musée colonial de Marseille : Indochine (l re partie). 1931 1" Fascicule. — H. Jumelle : Catalogue descriptif des collections bota- niques du Musée colonial de Marseille : Indochine (2 e partie). 2 me et dernier Fascicule. — H. Jumelle :, Plantes du Soudan français récoltées par le lieutenant Boëry. 193a 1 er Fascicule. — F. Guichard et C. Aubert : Contribution à l'étude de la décoloration des huiles de palme (en deux mé- moires). 2 me Fascicule. — Pierre Choux : Deux Asclépiadées cactiformes de Madagascar. 3 me Fascicule. — Jean Motte : Le Konnyaku du Japon. 1933 1 er Fascicule. — H. Jumelle : Nouveaux Palmiers de Madagascar. 2 me Fascicule. — J. Motte : Les Aleurites à huiles de bois. 3 m * Fascicule. — H. Jumelle : Nouvelles observations sur quelques Palmiers malgaches. 4 ra * Fascicule. — H. Jumelle : Caféiers sauvages de Madagascar. L. Gaffier : L'anatomie des feuilles des caféiers sau- vages de Madagascar. Mlle J. Rossi : Etudes chimiques sur des cafés de Madagascar. 1934 1" Fascicule. — H. Jumelle : Catalogue descriptif des Collections botaniques du Musée colonial de Marseille : Oléa- gineux de l'Afrique Equatoriale Française. 2 m * Fascicule. — Jean Motte : Le Funori, colle d'Algues japonaises 3 m * Fascicule. — Pierre Choux : Une nouvelle Asclépiadacée cacti- forme malgache. 4 mt Fascicule, — H. Jumelle : Nouvelles observations sur les Plec- taneia malgaches. Rec'd Jun. 6,1946 ANNALES DU MUSÉE COLONIAL DE MARSEILLE Année 1941 ANNALES DU MUSÉE COLONIAL DE MARSEILLE Fondées en 1893 par Edouard Hegkel dirigées par le D r Pierre CHOUX Professeur à la Faculté des Sciences Directeur du Musée Colonial de Marseille Quarante-neuvième année, 5 e série, 9 e volume (1941) PREMIER FASCICULE Jacques ARNOUX : Contribution à l'étude de la transformation des graisses et des huiles de poissons en hydrocarbures I. - Pyrogénation comparée des savons alcalins et alcalino- terreux d'une graisse de poisson des Grands Lacs Cam- bodgiens. DEUXIEME FASCICULE M. DUONG-HUU-THOI : Etudes sur l'histologie, l'anatomie et la croissance de quelques riz d'Indochine et d'Italie >-<8i a> < FACULTE DES SCIENCES DE MARSEILLE MUSEE COLONIAL PLACE VICTOR-HUGO 1941 CONTRIBUTION A L'ETUDE DE LA TRANSFORMATION DES GRAISSES ET HUILES DE POISSONS EN HYDROCARBURES /. Pyrogénation comparée des savons alcalins et alcalinoterreux d'une graisse de Poisson des Grands Lacs Cambodgiens par M. Jacques ARNOUX Licencié es-Sciences I. — HISTORIQUE ET OBJET DU TRAVAIL Le principe de la décomposition pyrogénée des huiles et graisses d'origine animale ou végétale est connu depuis fort longtemps. Les travaux d'ENGLER parurent en 1888. En France A. Mailhe mettait cette question à l'honneur en 1921 (12) ; le Japon s'y intéressait à la même époque (9), l'Italie un peu plus tard avec les travaux de Gallo et Gorelli en 1923 (5). Et, depuis 20 ans, des recherches ininterrompues sur ce sujet ont amené aux résultats que nous allons reproduire succinctement. La pyrogénation des huiles organiques se pratique de trois manières : soit par voie catalytique, soit par l'intermédiaire d'un savon quelconque, soit enfin par simple décomposition sous pression à haute température. A. — Les procédés catalytiques En premier lieu le procédé Mailhe (12, 13, 14, 15, 16, 17.), qui soumet vers 600° les huiles organiques à l'action d'un catalyseur mixte à la fois déshydratant et déshydrogénant, mélangé de poudres de cuivre et d'alumine. Le résultat est un cracking à la pression ordinaire, qui permet d'obtenir un produit liquide formé d'hydrocarbures insaturés et d'acides gras ; les acides gras sont ensuite éliminés par neutralisation à la soude diluée, et les hydrocarbures hydrogénés sur nickel à 180°. Maii.uk par ce procédé -obtient à partir de l'huile d'arachide un rendement de 34 à 36 % d'hydrocarbures bruts. 2 TRANSFORMATION DES GRAISSES EN HYDROCARBURES Au Japon, à la même époque, Kobayashi et Yamaguchi (8) obtiennent des pétroles en partant d'huiles de poissons par la distillation de celles-ci sur de l'argile acide entre 100° et 360°. Ils obtiennent par ce procédé, avec un rendement de 60% à 74%, un liquide contenant du pétrole et des acides gras, probablement en assez forte proportion. En Italie, Gallo et Gorelli (5) pratiquent le cracking des huiles végétales suivant une méthode identique à celle de Mailhe. L'huile est décomposée par la vapeur d'eau surchauffée en présence de terres alcalines et les produits obtenus sont di- rigés à l'état de vapeur sur de la pierre ponce renfermant de l'oxyde ferreux et chauffée à 550°-560°. Les auteurs obtiennent ainsi, avec un rendement de 60%, un liquide légèrement acide (0,5% d'acidité oléïque), qui est hydrogéné sur du nickel et neu- tralisé. Heon (6) relate des expériences faites en 1932 par Ch. Roux en A.O.F., qui, par distillation pyrogénée. d'un mélange de di- verses graines et noix non décortiquées, les sels de calcium et de magnésium contenus dans la coque servant de catalyseurs, obtint un goudron avec un rendement de 20% à 40% du poids brut des oléagineux. B. — Les procédés faisant intervenir une saponification En 1922, les Japonais Hirose et Yamada (7), pratiquant mie distillation pyrogénée des savons de sodium, résidus d'épuration de raffineries d'huiles de Hareng, obtiennent, à la pression or- dinaire, un liquide huileux à odeur de pétrole, très faiblement acide, avec un rendement de 50% environ. En Italie, Melis (18, 19), en 1924 et 1928, publie les résultats d'expériences pratiquées sur différentes huiles végétales sapo- nifiées en présence de potasse, de chaux et d'eau, puis distillées. L'auteur obtient un pétrole avec un rendement de 60 à 70%, c'est à dire comparable au procédé Mailhe au chlorure de zinc. En France, le brevet Lege (11) recommande une semi-car- bonisation des matières oléagineuses à 500°-600°, en présence d'un grand excès de sels alcalins ou alcalino-terreux, d'acides faibles (silicates, aluminates, carbonates...) ; la distillation est facilitée par l'addition d'un hydrocarbure, tel que fuel oil, qui freine en même temps les phénomènes de pyrolyse. Lege indique pour l'opération un rendement total en hydrocarbures de 70% JACQUES ARNOUX 3 à 80% ; le produit obtenu, jaune rougeâtre et à fluorescence verte, n'accuse pas d'acide gras. C. — Les procédés faisant intervenir la pression En 1888, Engler et Seidner (3) ont distillé de l'huile de Men- haden sous une pression de dix atmosphères dans un appareil de Krey, à 320° environ ; ils obtinrent 65% d'un liquide brun rougeâtre contenant encore 7,5% de matières saponifiables, dune très acide. Faragher, Eglof et Morrel (4) appliquent en 1932 ce pro- cédé au cracking des huiles de palme du Niger et de Sumatra, ainsi que des huiles de poissons. Le cracking est mené à 426° sous 90 kgs pour les huiles végétales et donne un rendement de 70% à 80% avec un avantage pour les huiles végétales acides. Les huiles de poissons sont chauffées à 450° sous 25 à 40 kgs et fournissent 70% environ de pétrole. Les produits obtenus dans les deux cas sont riches en acides gras. Citons enfin l'essai d'hydrogénation sous pression de résidus d'huile de sardine, fait au Japon en 1937 par Ueno et Koyama (20), avec de bons rendements en hydrocarbures, mélangés cependant à une fraction saponifiable assez importante. Il ressort de ce rapide aperçu de la question que les procédés catalytiques, s'ils ont l'avantage de permettre un traitement con- tinu, présentent aussi l'inconvénient de fournir des produits de distillation tellement acides que leur neutralisation abaisse con- sidérablement leur rendement. Les procédés faisant intervenir une saponification intermé- diaire nous ont paru, par contre, présenter de sérieux avantages, tant au point de vue de la qualité et du rendement du produit obtenu qu'en raison de la simplicité du matériel utilisé — qua- lité indispensable pour une exploitation coloniale — et de la modicité du coût des opérations. Nous nous sommes donc attachés, dans le présent travail, à étudier en détail les modalités de la transformation des savons alcalins et alcalino-terreux d'une graisse de jjoisson en hydro- carbures et à préciser Vinfluence considérable que pouvaient avoir sur la qualité et le rendement des produits ob te nus cer- taines modifications dans le processus de la pyrogé nation, point qui, à notre connaissance, n'avait pas encore été abordé. 4 TRANSFORMATION DES GRAISSES EN HYDROCARBURES II. — RECHERCHES PERSONNELLES Notre matériel d'étude est une graisse de poisson des Grands Lacs cambodgiens Tonle-Sap que nous devons à l'obligeance de Monsieur Bjelke, Directeur de la Société marseillaise « Matières Premières et Produits ». Cette graisse se présente sous la forme d'une masse pâteuse à 15°C, jaune foncé et d'une odeur nauséabonde. En voici quel- ques caractéristiques : Acidité (en mgrs de soude p. 1000) 11,1 Densité 15° 0,9415 Viscosité 36° centistokes 91,85 65° 16, » » 70° 13, 100° 8 Indice d'iode (Wus 15 heures) 102,9 Inflammabilité (Luchaire) 220° Indice de cokéfaction (Conradson) 0,98 Point de décongélation ( Woog) 18° A. — Technique opératoire 1) Saponification. La saponification a été réalisée dans la marmite à dis- tillation que nous décrirons dans le paragraphe suivant. Nous avons opéré à 100 °C ajoutant peu à peu un fort excès de réactif, tout en agitant le mélange jusqu'à formation d'une pâte homogène et très consistante. Nous avons eu recours à diverses bases, les résultats obtenus en hydrocarbures après la pyrogénation variant considérablement suivant la nature de la base employée pour la saponification préalable. Véthylate de sodium et la lessive de soude permettent une saponification rapide et totale et les résultats obtenus après pyrogénation sont identiques. La chaux éteinte, par contre, ne permet pas une saponification complète ; nous avons donc uti- lisé le lait de chaux et la chaux desséchée avec des résultats comparativement médiocres pour la réaction de saponification. Le rendement de saponification a été amélioré en acidifiant la graisse par 2% en poids d'acide oléique ; nous avons cepen- dant constaté par la suite l'inutilité de cette amélioration, le ren- JACQUES ARNOUX 5 dément final en hydrocarbures, aussi bien que la qualité de ceux-ci, n'étant pas fonction des résultats de cette saponification à 100°C ; il est en effet probable que la réaction s'achève à plus haute température, au cours même de la pyrogénation. 2) Pyrogénation. Nous avons utilisé dans ce but une marmite en acier de 20 cm. de diamètre et 35 cm. de haut. Un couvercle plat percé sur ses bords de trois orifices livrant le passage à trois vis soud sur les parois extérieures de la marmite permet, grâce à des joints d'amiante entre ce couvercle et le bord de la marmite et après serrage de boulons sur les trois vis susmentionnées, une étanchéité très suffisante. Le couvercle porte en son centre un ori- fice fileté où vient se visser un tube métallique recourbé a angle aigu, s'abouchant lui-même à un réfrigérant descendant en py- rex. L'extrémité du tube réfrigérant plonge jusqu'au fond d'un récipient collecteur, ce qui oblige les gaz, formés en même temps que les carbures liquides au cours de l'opération, à barbotter dans ces liquides avant de se dégager dans un gazomètre étalonné. La marmite est placée dans un bain d'air et l'ensemble soigneu- sement calorifuge par de la toile d'amiante. Le chauffage est conduit progressivement pour éviter la for- mation d'une mousse très abondante qui tend à monter jusqu'au niveau des tubes à distillation. Après une première phase con- sistant en la distillation, soit de l'alcool éthylique, soit de l'eau, suivant le procédé de saponification utilisé, les hydrocarbures commencent à distiller à 140°. 3) Rectification des hydro-carbures obtenus. Cette opération a été réalisée grâce à une colonne sépara- trice en Pyrex de- 5 cm de diamètre et 20 cm de hauteur, bourrée de tubes de verre. Nous avons constaté que ce diamètre de tube, relativement grand, favorisait la régularité de la distillation, évitant les entraînements mécaniques par brusques surpressions. B. — Résultats obtenus 1) Rendement. La décomposition pyrogénée des savons consiste principa- lement en un phénomène de cracking plus ou moins profond suivant la nature des bases utilisées pour la saponification et l'intensité du chauffage. 6 TRANSFORMATION DES GRAISSES EN HYDROCARBURES Ce cracking attaque les liaisons insaturées des acides gras en combinaison et libère les fractions de chaînes débarassées de la fonction carboxyle qui est fixée par la base et qu'on retrouve sous forme de carbonate. Ces fractions se présentent par consé- quent sous forme de carbures liquides principalement en C 8 et de carbures gazeux à deux ou trois C, suivant les places pri- vilégiées des doubles liaisons des acides gras insaturés. La perte théorique correspondant à la séparation de la fonc- tion carboxyle, qui reste dans les résidus après l'opération sous forme de carbonates, est d'environ le cinquième en poids du glycéride. De fait, quel que soit le procédé de saponification ou la méthode de pyrogénation, nous avons toujours obtenu des résultats constants, le rendement en hydrocarbures étant d'en- viron les 3/4 du glycéride, en poids. Dans le cas de la pyrogénation des savons de sodium i on obtient entre 60% et 70% de pétrole brut et, dans le cas des sa- vons de chaux, 65% à 75%. Le reste est constitué par un résidu charbonneux, le brai, qui posséderait les propriétés d'un char- bon décolorant très actif Hirose et Yamada (7). Il est aussi re- présenté en partie par un abondant dégagement gazeux sur le- quel nous reviendrons. Le pétrole brut obtenu est un liquide brun, à fluorescence verte, s'enflammant spontanément à la température ordinaire. 2) Qualité des produits. Il convient de noter tout d'abord, du point de vue de la qualité des carbures obtenus, d'importance capitale de la nature de la base employée pour la saponification. Les carbures obtenus à partir des savons de sodium sont beaucoup plus légers que ceux obtenus à partir des savons de chaux, dans les mêmes conditions opératoires. La distillation pyrogénée des savons de sodium commence à 140°C, température gaz, et 280°C, température liquide ; elle se poursuit régulièrement jusqu'à 248°C, température gaz, et 400°G., température liquide, avec parfois des abaissements de tempé- rature brusques correspondant à des phases de cracking plus intense. A 248°C, température gaz, les 4/5 du pétrole brut ont dé- jà distillé ; vient ensuite une phase correspondant à un long cracking au cours duquel achève de passer le reste des carbures et où la température de distillation descend jusqu'à 200°C. Le pétrole obtenu a une densité d(15) = 0,8094. JACQUES ARNOUX 7 * La distillation pyrogénée des savons de chaux débute éga- lement à 20O°C et se poursuit régulièrement jusqu'à 345°C tem- pérature gaz, point où prend fin l'opération. On ne constate pas clans ce cas les abaissements de températures correspondant aux phases de cracking intense. Le pétrole obtenu est très visqueux ; il a une densité d(15) — 0,842 et laisse rapidement déposer un précipité abondant et jaune correspondant aux carbures concrets paraffiniques. Nous avons essayé une saponification préalable à la chaua sodée à 5% : les carbures obtenus clans ce cas furent très sen- siblement identiques à ceux obtenus après saponification à la chaux seule ; ceci prouve que dans ce cas l'achèvement de la réaction de saponification par la soude est sans conséquence sur le résultat de la pyrogénation, comme nous l'avons montré pré- cédemment. Un facteur aussi important pour la qualité des produits fi- naux que la nature de la base utilisée est celui de l'intensité du chauffage au cours de la pyrogénation. Les quelques expé- riences de pyrogénation de savons de chaux, dans une marmite parfaitement calorifugée à la terre réfractaire et plus fortement chauffée, nous ont permis d'obtenir un pétrole brut intermédiaire entre celui produit par la pyrogénation des savons de sodium et celui issu des précédentes distillations de savons de chaux, plus semblable même aux premiers qu'aux seconds : liquide brun à fluorescence verte, ne déposant presque pas de carbures con- crets et de densité d(15) = 0,814. 3) Etude analytique des produits obtenus. a) Les produits gazeux. Au cours de la pyrogénation, la distillation des carbures liquides s'accompagne d'un fort dégagement de gaz ; leur ren- dement est de 190 litres au kg. de matière traitée ; l'étude de leur composition chimique par la burette de Bunte fait ressortir leur grande richesse en hydrocarbures, puiqu'ils ne contiennent approximativement que 7 % de GO», 9 % de O 2 , 4 % de CO. Cette richesse est d'ailleurs confirmée par un pouvoir calorifique élevé. Pouvoir calorifique (calorimètre de Junkers) : 8.840 calories ; pouvoir calorifique industriel (en tenant compte de l'eau de con- densation) : 8.580 calories. b) Les produits liquides et solides. Nous avons rectifié et fractionné nos divers échantillons de 8 TRANSFORMATION DES GRAISSES EN HYDROCARBURES pétrole brut de manière que les différentes fractions obtenues correspondent à un type industriellement défini. Chacune de ces fractions a été caractérisée. FRACTION 40°-200° DU BRUT OBTENU à partir des savons de sodium Rendement : 28 à 35 % du brut Distillation A. S. T. M. - Engler : Début 10% . 20% , 30% . 40% . 50% 60% 70 % 80% 90% 95% 46.5 75 94 108 120 132 141 157 170.5 189 200 15 Densité = 0.750 15 Couleur jaune paille brunissant rapidement. Acidité : nulle. I Br = 113. Essai de corrosion : satisfaisant (pas de soufre). Solubilité totale dans : éther de pétrole, acétone, benzène, al- cool. Indice d'octane (sur produit redistillé) : 63. Gomme actuelle : environ 400 mgrs par 100 cm 3 . à partir des savons de calcium Rendement : 12 à 17 % du brut Distillation A. S. T. M. - Engler : Début 10% , 20 % 30% , 40% , 50% 60% 70% . 80% 90% 95% 54 82.5 108 114 125 136 149 160 171 192 214 15 Densité - 0.757 15 Couleur jaune paille brunissant rapidement. Acidité : nulle. I Br = 94. Essai de corrosion : satisfaisant. Solubilité totale dans : éther de pétrole, acétone, benzène, al- cool. Gomme actuelle : environ 400 mgrs par 100 cm 3 . Il ressort de ce tableau que les deux échantillons étudiés, de caractères assez semblables, seraient utilisables Vun et Vautre -pour les moteurs à explosion, s'ils ne présentaient un indice de gomme trop élevé, qui correspond à une insaturation très forte (ayant rendu infructueux tous nos essais "de purification), et qui indique une grande instabilité se manifestant à l'œil par un brunissement du produit, lequel passe en quelques jours du jaune paille au brun. Nous pensons qu'on pourrait parer à cet inconvénient (par l'emploi d'inhibiteurs d'oxydation, tels que xylénol, naphty lamine, pyrogallol, benzylparaaminophénol. injec- tés dans l'appareillage même, au cours de la rectification. JACQUES ARN0UX 9 Notons que la valeur élevée de l'indice de brome n'est plus aujourd'hui un inconvénient à l'utilisation de ces essences pour les moteurs à explosion. Quant à l'indice d'octane, rappelons que les essences de tourisme avaient en 1935 un indice de 60 et en 1938 un indice de 65. Les seules différences notables entre nos deux échantillons portent sur le rendement et l'I Br et font ressortir que le crachin?/, dans les conditions opératoires identiques, est beaucoup plus poussé lors de la pyrogénatioîi des sels de sodium que dans la distillation pyrogénée des sels de calcium, point remarquable sur lequel nous avons déjà insisté.' FRACTION 200°-30O° DU BRUT OBTEM à partir des savons de sodium à partir des savons de calcium Rendement : 35 à 45 % Distillation A. S. T. M. - Engler Début 178 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 95% 223.5 224.5 233 240 246 254 261.5 271 285 305 15 Densité = 0.814 15 Couleur verte brunissant rapi- dement. Acidité (1) : 0.01 % NaOH. Inflammabilité Luchaire : 83°C. Viscosité 20° : 3.1 centistokes. (2) Rendement : 23 à 27 % Distillation A. S. T. M. - Engler Début 188 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 95% 211.5 £'21 233 233 240 -247 256 266 284 302 15 Densité = 0.809 15 Couleur verte brunissant rapi- dement. Acidité (1) : 0.015 % NaOH. Inflammabilité Luchaire: 83°5C. Viscosité 20° : 2.6 centistokes. (2) (1) Il va de soi que la seule acidité à envisager est une acidité organi- que due à la présence de traces d'acides gras qui distillent, ayant échappé à l'action de la saponification. (2) Ces valeurs sont plus grandes que celles des fractions correspon- dantes des pétroles naturels. 10 TRANSFORMATION DES GRAISSES EN HYDROCARBURES RESIDUS DU BRUT OBTENU à partir des savons de sodium à partir des savons de calcium Rendement : 25 à 30 % Rendement : 55 à 65 % 15 15 Densité = 0.872 Densité = 0.905 15 15 Aspect noir. Léger dépôt paraf- Aspect marron. Très abondant finique. dépôt paraffinique. Acidité : 0.070 % NaOH. Acidité : 0.074 % NaOH. Is : 8. Is : 18.5. Inflammabilité Luchaire : 165. Inflammabilité : 165. Viscosité 50° : 12.2 centistokes. Viscosité 50° : impossible. » 100° : 3.7 » 100° : 2.9 centistokes. Conradson : 0.97 %. Conradson : 0.18 %. Point de décongélation (Woog): Point de décongélation — . 20°2. Point de fusion commençante, Point de fusion commençante, (tube capillaire) — . (tube capillaire) : 45°5. Point de goutte — . Point de goutte : 45°. % Paraffines (1) : 5.7 %. % Paraffines (1) : 5.7 %. Point de fusion du produit pa- Point de fusion du produit pa- raffinique : 64°. raf finique : 48°. Pouvoir, calorifique — . Pouvoir calorifique: 10.600 C. Il ressort de ces résultats que la fraction distillant au-dessus de 300° peut, dans le cas des savons de sodium, être assimilée ■par ses caractères aux fuel oils extraits des ]]étroles naturels, et pourrait, de ce fait, être utilisée comme combustible lourd ou se prêter à un traitement pour en extraire des lubrifiants. La fraction correspondante, dans le cas des savons de calcium, contient, par contre, une quantité énorme de paraffines ; il serait avantageux de réserver son emploi à l'extraction de ces derniers produits. 4) Essai de reforming. Nous basant sur les résultats obtenus par Barlot (1), en 1939, dans le cracking des goudrons de schistes et de lignites par absorption sur de la craie desséchée et pyrogénation en four électrique vers 350° à la pression ordinaire, nous avons envisagé la possibilité, dans le cas de la pyrogénation des savons de cal- cium, d'utiliser notre réactif de saponification, la chaux, comme (1) Il s'agit plus précisément du % de produits insolubles dans un mélange à parties égales d'alcool-éther refroidit à — 20°C. Ces produits pré- sentent tous les caractères des paraffines, tant par leur point de fusion que par leur solubilité, qui est grande dans le benzène et l'alcool à chaud, faible dans l'alcool à froid, dans l'éther de pétrole et l'acétone. JACQUES ARNOUX U agent de reforming de fractions plus lourdes en essences légères 40°-200°, afin d'augmenter le rendement naturellement très faible de cette fraction. A cet effet, nous avons utilisé notre appareil à rectification. Un lit épais de chaux, au fond du ballon, est porté à 300° sur lequel un tube aminci laisse couler goutte à goutte le liquide à craquer. Les résultats du reforming de la fraction 20O°-300° furent les suivants : rendement 98%, soit 2% de perte sous forme de brai ; 25% distillèrent au dessous de 200°, c'est à dire passèrent dans la fraction légère 40°-200° que nous avons précédemment caractérisée ; 90% distillèrent au dessous de 265°. Il y a donc eu un net reforming portant svr le quart en volume de la frac- tion utilisée. III. — CONCLUSION Au cours de cette étude nous avons pu juger de la valeur du procédé de transformation pyrogénée d'un savon en hydrocar- bures. Nous avons pu d'autre part apprécier la qualité des pro- duits obtenus à partir d'une graisse de poisson. Mais nous nous sommes attachés surtout à démontrer et à faire ressortir, sur le rendement et la qualité des produits obtenus dans cette opération, Y importance capitale jouée par certains facteurs, comme les bases de saponification et la température de la distillation (1). Rap- pelons que si les rendements en pétrole brut ne varient pas sen- siblement et se maintiennent aux environs de 70 % en poids de la graisse, la qualité de ce pétrole varie considérablement en fonc- tion de ces deux facteurs. 1° Pour les mêmes conditions de température, la saponifi- cation à la soude fournit des produits de pyrogénation moins denses, plus riches en fractions légères et dont les fractions lourdes sont de véritables fuel oils. La pyrogénation des savons de chaux donne au contraire un brut plus dense, plus riche en. fractions lourdes (65% contre 30% dans le cas des savons de so- (1) Nous verrons dans une prochaine étude l'influence de la nature même du corps gras qui est ainsi transformé. 12 TRANSFORMATION DES GRAISSES EN HYDROCARBURES dium pour les fractions supérieures à 300°) qui sont essentiel- lement par aff inique s. 2° Pour une même base saponifiante, une augmentation de température favoriserait nettement le cracking, une forte tem- pérature permettant même le re/orming de certaines fractions. La connaissance exacte des causes de la variété des produits obtenus, ainsi que la possibilité d'agir sur certaines fractions formées, nous permettront dorénavant de conduire ]une telle transformation pyrogénêe dans le sens que nous voudrons, soit par exemple pour obtenir un fort rendement en essences lé- gères, soit au contraire pour aboutir à des paraffines ou des fractions lourdes susceptibleis d'être utilisées comme 'mazouts ou traitées en vue de l'obtention de lubrifiants. On pourra, de ce fait, profiter de Y montage incontestable qu'il y a à utiliser la chaux, base moins coûteuse que la soude récupérable, et la seule possible pour certaines de nos colonies comme Vlndochine, sachant qu'on peut pallier aux mauvais résultats obtenus par elle, quant aux fractions légères, par une plus haute température de transformation et au besoin un re- forming des fractions lourdes. + * + Cette étude a été réalisée au Laboratoire National des Ma- tières grasses ; toute notre gratitude va à M. le Professeur Mar- gaillan, son éminent Directeur. Nous remercions également la Compagnie Française de Raf- finage de Provence, son très savant Directeur M. Siegwald et son collaborateur M. Dayan, ainsi que M. Le Thales, Ingénieur Chimiste, qui nous ont aidé de leurs appréciations et analyses ; leur concours nous a été indispensable. [Laboratoire National des Matières grasses, Marseille) INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 1. Barlot J. — Mat. Gr„ Pétv. et Dér., 1929, 369, 14-15. 2. Berthelot C. — Carburants et Lubrifiants nationaux, Paris, Dunod, 1941. 3. Engler et Seidner. - - Dinglers polyth. J. ,1888, 269, 136. 4. Faragher W. F., Egloff G. et Morrell J. C. — lnd. Eng. Chem., 1932, 3k, 440. 5. Gallo G. et Corelli R. — ■ Atti congr. naz. chim. appl., 1923, 257. 6. Héon M. G. - - Congr. Comb. Carb. et Lubr. Nat., 1938. 7. Hirose M. et Yamada C. — Kogijo Kwagakn Zasshi, 1922, 25, 41. 8. Kobayashi K. et Yamaguchi E. — J. Soc. Chem. Ind. Japan, 1921, 2k, 1399. 9. Kobayashi K. — J. Soc. Chem. Ind. Japan, 1921, 24, 1. 10. Kobayashi K. — Brevet japonais, janvier 1921, n° 37.897. ■ — Chem. Abstr., 1932 16, 1313. 11. Légé. — Br. français, janvier 1936, n° 802.006. Berthelot, loc. cit., pp. 258-256. 12. Mailhe A. — C. H., 1921, 173, 358. 13. Mailhe A. — Chaleur et Industrie, 1922, 3, 1144. 14. Mailhe A. — Bull. Soc. Chim. France, 1922, 31, 249 et 567. 15. Mailhe A. — J. usines Gaz, 1923, 47, 65. 16. Mailhe A. — Chaleur et Industrie, 1924, 5, 3. 17. Mailhe A. — C. R., 1924, 177, 329. 18. Mélis B. — Atti congr. naz. chim. appl., 1924, 238. 19. Mélis B. — Ann. Chim. Appl., 1928, 18, 108. 20. Ueno et Koyama R. — J. Soc. Chem. Ind. Japan, 1937, 40, 296 B. IMP. MARSEILLAISE, 39, RUE SAINTE - MARSEILLE 193S l' r Fascicule. — L. Gaffier : Observations anatomiques sur les feuil- les des Connaracées de Madagascar. L. Gaffier : Sur l'origine botanique du piassava de Madagascar. 2 m * Fascicule. — P. Choux : Cryptostegia grandiflora et Cryptostegia madagascariensis. 3 me Fascicule. — H. Jumelle : Catalogue descriptif des Collections Botaniques du Musée Colonial de Marseille : Indo- chine (3 9 partie). 4 me Fascicule. — H. Jumelle: Catalogue descriptif des Collections Botaniques du Musée Colonial de Marseille : Indo- chine (4 e partie). 1938 1" Fascicule., — Jean Motte : Castanea crenata. Esquisse d'un réper- toire des variétés japonaises. 2 me Fascicule. ■ — D r P. Choux : L'œuvre coloniale d'Henri Jumelle. 3 me Fascicule. — Jean Motte : Plantes médicinales d'Extrême-Orient. Le Sansho (Xanthoxylum piperitum D. C). 1937 1 er Fascicule. — Jean Motte : Plantes médicinales d'Extrême-Orient. IV. L'Asebo (Pieris japonica D. Don.). 2 me et dernier Fascicule. - — H. Prat : Caractères anatomiques et his- tologiques de quelques Andropogonées de l'Afrique occidentale. 1938 1" Fascicule. — H. Perrier de la Bathie : Les Bignoniacées de la Région Malgache (Madagascar, Mascareignes, Sey- chelles et Comores). 2 me et dernier Fascicule. — Mme Bertaud-Rossi : La_Roténone : ses propriétés et ses applications. 1939 1" Fascicule. — J. Léandri : Les Croton de Madagascar et des îles voisines. 2 me et dernier Fascicule. — H. P. Guérin : Etude anatomique du fruit des Palmiers de Madagascar (Genres endémiques). 19-ÏO 1" Fascicule. - — D r J. Motte : Plantes médicinales d'Extrême-Orient. V. Le Koganebana. (Scute//arz'a Baicalensis Georg.) 2 me .et dernier Fascicule. — J. Balansard et Morel : Etude morpholo- gique et anatomique du Cassia Sieberiana DC. L. Vignoli et J. Balansard : Etude chimique prélimi- naire du Cassia Sieberiana DC. MODE DE PUBLICATION ET CONDITIONS DE VENTE Les Annales du Musée Colonial de Marseille, fondées en 1893, paraissent annuellement en un volume ou en plusieurs fascicules. Tous ces volumes ou fascicules, dont le prix est variable suivant leur importance, sont en vente à la Société d'Editions Géographiques, Maritimes et Coloniales, 17, rue Jacob, Paris (vi e ). Nous prions instamment nos correspondants, qui réclament souvent des numéros qu'ils supposent manquants, de bien vouloir vérifier, à l'intérieur de la couverture du dernier fascicule paru, si ces numéros ont été publiés, car le nombre des fascicules de chaque année est variable. A la Société d'Editions Géographiques, Maritimes et Coloniales, 17, rue Jacob, à Paris (VI e ) BIBLIOGRAPHIE DE MADAGASCAR (1904-1933) par G. Grandidier 1 volume de 1.350 pages Imprimerie Marseillaise, 39. rue Sainte - Marseille Wl A « H ANNALES DU MUSÉE COLONIAL DE MARSEILLE Fondées en 1893 par Edouard Heckel dirigées par le D r Pierre CHOUX Professeur à la Faculté des Sciences Directeur du Musée Colonial de Marseille Quarante-neuvième année, 5° série, 9 e volume (1941) DEUXIEME ET DERNIER FASCICULE ETUDES SUR L'HISTOLOGIE, L'ANATOMIE ET LA CROISSANCE DE QUELQUES RIZ D'INDOCHINE ET D'ITALIE par M. DUONG-HUU-THOI ♦— <=©r®s : — • FACULTE DES SCIENCES DE MARSEILLE MUSEE COLONIAL PLACE VICTOR- HUGO 1941 SOMMAIRES des plus récents Volumes des Annales du Musée Colonial de Marseille 1981 1 er Fascicule. — H. Jumelle : Catalogue descriptif des collections bota- niques du Musée colonial de Marseille : Indochine (2 e partie). 2 me et dernier Fascicule. — H. Jumelle : Plantes du Soudan français récoltées par le lieutenant Boëry. 1932 1 er Fascicule.— F. Guichard et C. Aubert : Contribution à l'étude de la décoloration des huiles de palme (en deux mé- moires). 2 me Fascicule. — Pierre Choux : Deux Asclépiadées cactiformes de Madagascar. 3 me Fascicule. — Jean Motte : Le Konnyaku du Japon. 1938 1 er Fascicule. — H. Jumelle : Nouveaux Palmiers de Madagascar. 2 me Fascicule. — J. Motte : Les Aleurites à huiles de bois. 3 me Fascicule. — H. Jumelle : Nouvelles observations sur quelques Palmiers malgaches. 4 me Fascicule. — H. Jumelle : Caféiers sauvages de Madagascar. L. Gaffier : L'anatomie des feuilles des caféiers sau- vages de Madagascar. Mlle J. Rossi : Etudes chimiques sur des cafés de Madagascar. 1934 1 er Fascicule. — H. Jumelle : Catalogue descriptif des Collections botaniques du Musée colonial de Marseille : Oléa- gineux de l'Afrique Equatoriale Française. 2 me Fascicule. — Jean Motte : Le Funori, colle d'Algues japonaises. 3 me Fascicule. — Pierre Choux : Une nouvelle Asclépiadacée cacti- forme malgache. 4 me Fascicule. — H. Jumelle : Nouvelles observations sur les Plec- taueia malgaches. 193S 1 er Fascicule. — L. Gaffier : Observations anatomiques sur les feuil- les des Connaracées de Madagascar. L. Gaffier : Sur l'origine botanique du piassava de Madagascar. 2 me Fascicule. — P. Choux : Cryptostegia grandifiora et Cryptostegia madagascariensis. 3 me Fascicule. — H. Jumelle : Catalogue descriptif des Collections Botaniques du Musée Colonial de Marseille : Indo- chine (3 e partie). 4 me Fascicule. — H. Jumelle : Catalogue descriptif des Collections Botaniques du Musée Colonial de Marseille : Indo- chine (4 e partie). 1936 1 er Fascicule. — Jean Motte : Castanea crenata. Esquisse d'un réper- toire des variétés japonaises. 2 me Fascicule. — D r P. Choux : L'œuvre coloniale d'Henri Jumelle. 3 me Fascicule. — Jean Motte : Plantes médicinales d'Extrême-Orient. Le Sansho (Xanlhoxylum piperitum D. C). 1933? 1 er Fascicule. — Jean Motte : Plantes médicinales d'Extrême-Orient. IV. L'Asebo (Pieris japonica D. Don.). 2 me et dernier Fascicule. • — H. Prat : Caractères anatomiques et his- tologiques de quelques Andropogonées de l'Afrique occidentale. 1938 1 er Fascicule. — H. Perrier de la Bathie : Les Bignoniacées de la Région Malgache (Madagascar, Mascareignes, Sey- chelles et Comores). 2 me et dernier Fascicule. — Mme Bertaud-Rossi : La Roténone : ses propriétés et ses applications. 1989 1 er Fascicule. — J. Léandri : Les . Croton de Madagascar et des îles voisines. 2 me et dernier Fascicule. — H. P. Guérin : Etude anatomique du fruit , des Palmiers de Madagascar (Genres endémiques). ÎO^IO 1 er Fascicule. — D r J. Motte : Plantes médicinales d'Extrême-Orient. V. Le Koganehana. (Scutellaria Baicalensis Georg.) 2 me et dernier Fascicule. — J. Balansard et Morel : Etude morpholo- gique et anatomique du Cassia Sieberiana DC. I Yignoli et J. Balansard : Etude chimique prélimi- naire du Cassia Sieberiana DC. 1941 Fascicule. — J. Arnoux : Contribution à l'étude de la transfor- mation des graisses et des huiles de Poissons rn hydrocarbures. MODE DE PUBLICATION ET CONDITIONS DE VENTE Les Annales du Musée Colonial de Marseille, fondées en 1893, paraissent annuellement en un volume ou en plusieurs fascicules. Tous ces volumes ou fascicules, dont le prix est variable suivant leur importance, sont en vente à la Société d'Editions Géographiques, Maritimes et Coloniales, 17, rue Jacob, Paris (vi e ). Nous prions instamment nos correspondants, qui réclament souvent des numéros qu'ils supposent manquants, de bien vouloir vérifier, à l'intérieur de la couverture du dernier fascicule paru, si ces numéros ont été publiés, car le nombre des fascicules de chaque année est variable. A la Société d'Editions Géographiques, Maritimes et Coloniales, 17, rue Jacob, à Paris (vi e ) BIBLIOGRAPHIE DE MADAGASCAR (1904-1933) par G. Grandidier 1 volume de 1.350 pages Imprimerie Marseillaise, 39, rue Sainte - Marseille ETUDES SUR L'HISTOLOGIE, L'ANArO/HIE ET LA CROISSANCE DE QUELQUES RIZ D'INDOCHINE ET D'ITALIE par M. DUONG-HUU-THOI Diplômé d'Etudes Supérieures de Sciences Naturelles Introduction Bien que le riz soit une des céréales les plus répandues du inonde entier, sa connaissance, au point de vue scientifique, ne s'est beaucoup développée qu'au cours de ces trente derniè- res années. Comme le riz pousse en général dans dos terrains inondés ou irrigués, on a tendance à considérer le riz comme une plante aquatique. En réalité, il n'en est rien, comme le montre l'étude de sa croissance, de son histologie et de son anatomie, que nous abordons particulièrement dans le présent travail. La biologie du riz mérite d'être vue de près, car nous som- mes en présence d'une plante aérienne qui s'adapte au milieu aquatique. Dès lors, il n'est pas sans intérêt de suivie sa crois- sance, qui s'accélère, ou se ralentit, aux dépens des conditions externes. Les influences du milieu externe ont aussi une répercussion sur l'ensemble anatomique et histologique de la plante, bien qu'il existe des caractères qui en sont indépendants. Ainsi, nous constatons certaines modifications dans la formation des sto- mates ou la maturation des organes aériens. D'après les travaux récents sur les épidémies des Graminées, il apparaît de plus en plus que les caractères épidermiques pour- raient servir à la systématique, au même titre que les caraci res morphologiques utilisés jusqu'à ce jour (voir index biblio- • graphique). C'est pourquoi nous nous proposons d'appliquer cette méthode à quelques variétés du genre Oryza et de deg ensuite des caractères généraux constants, tirés des formes et de la répartition des cellules sur les divers organes. D'autre part, le matériel que nous avons étudié provient de l'Italie et de la Cochinchine, deux origines bien différentes, tant 2 CROISSANCE DE QUELQUES RIZ D'iNDOCHINE ET D'iTALIE au point de vue climatique que géographique. Ce qui nous a conduit à faire un tel choix, c'est qu'avec des conditions si diverses nous comptions obtenir des variations notables dans la structure et être sûr d'observer d'autres caractères immua- bles. Voici les indications relatives à ce matériel : Provenances Variétés d'Oryza sativa Années de la Récolte ITALIE » Agostano var. italica ALEF., Août-Octobre 1938 cuvta Americano 1000 var. italica » ALEF., curla Oldenico var. italica ALEF., » média Précoce 6 var. italica ALEF., »? média Sen Novelli géant var. " gilanica GUST., perlonga CÔCHINCHINE Ca-dnng Sept. -Décemb. 1938 » Lua-voï » » Xang-tec » » Nang-ret » » Huè-kg Hanoï 1939 » Lua Mêh * * * » Nous répartirons notre travail en quatre chapitres. Le premier sera consacré à la « gradation bi omet ri que » des chaumes, le second à la structure ariatamique et histologique des feuilles adultes, le troisième à la structure anatomique et histo- logique des feuilles juvéniles et le dernier aux conditions de la germination. Faute de matériel, nous étudierons seulement les plantes adultes en provenance de la Cochinchine. Nous avons exécuté ce travail au Laboratoire de Biologie Végétale et de Botanique Agricole de la Faculté des Sciences de Marseille, sous la direction de M. le professeur H. Prat, auquel j'exprime toute ma gratitude pour ses précieux conseils. Je suis également heureux de remercier M. le professeur P. Choux, directeur du Musée Colonial de Marseille, qui a bien voulu accepter l'insertion de ce mémoire dans les « Annales du Musée Colonial de Marseille ». CHAPITRE PREMIER GRADATION BIOMETRIQUE DU CHAUME DE RIZ Les grandeurs biométriques des chaumes des céréales ont été l'objet des recherches de Mrs Mac Leod (1919), Novacki, F. E. Lloyd (1921), puis récemment de H. Prat (1934, 1935, etc..) Les deux premiers auteurs ont fourni chacun une règle sur la croissance en longueur des différents entre-nœuds du chaume, mais ces règles n'ont qu'une valeur relative. Par contre, la représentation par une courbe des longueurs de ces mômes organes (voir H. Prat) nous semble plus expressive. Appli- quée au cas du riz cultivé, elle fournit une explication du mode particulier de développement et de croissance durant le cycle végétatif de la plante. Considérons, par exemple, dans l'espèce Orijza sativa, la variété précoce Lua-voî et les deux variétés tardives Nang-tec et Nang-ret. Toutes ces variétés poussent dans des terrains inon- dés. La pratique du repiquage entraîne une discontinuité dans lu longueur des entre-nœuds. En effet, lorsque les plantules possèdent 8 à 10 feuilles juvéniles, on les repique dans une nou- velle pépinière ; dans ces conditions, le sommet de la plant ule serait enfoui dans la boue. Pour atteindre rapidement la surface du sol, la jeune plantule pousse un entre-nœud vertical, brus- quement allongé, de 5 à 6 cm. de long. Les entre-nœuds situés au-dessus de celui-ci (partie correspondant aux feuilles juvéni- les) seront désignés par l'indice P (entre-nœuds primitifs). Leurs nœuds portent des racines, mais pas de bourgeons. Dans une plante de la variété « Nang-tec » par exemple, les en tu- nœuds nous donnent les chiffres moyens suivants : N° de rentre-nœud : P x P 2 P 3 P 4 P., P 6 P 7 P 8 P, Mesures en m/m. : 0,5 0,8 1,2 1,5 1,8 2 2,4 2,7 2,5 Après repiquage, les entre-nœuds s'allongent progressive- ment selon un nouveau mode de gradation, correspondant à un nouveau stade de développement de la plante. Nous désignerons t CROISSANCE DE QUELQUES RIZ D'INDOCHINE ET D'ITALIE ces entre-nœuds par l'indice R. La mesure des entre-nœuds a été effectuée sur des chaumes principaux, c'est-à-dire de pre- mier ordre et non sur ceux qui proviennent des talles. Ces chau- mes sont prélevés dans une même touffe ; de cette façon, ils ont poussé dans des conditions identiques. Le tableau suivant donne le résultat moyen de ces mesures sur 5 chaumes dans le de la variété Lua-voi et sur 1 ou 2 pour les deux autres. Catégorie des Entre-Nœuds Basaux Intermé- diaires SUB- TER- MIXAL R>12 Te MIN Numéros R: » 2,5 R 2 ■ R 3 1,3 ■ i ■' ') R, 7 •'- o O R 5 7,4 3,4 3 R 6 R 7 10,8 11,4 3,5 5 3 |4,5 R 8 23 12 7,5 R 3 34,4 50 53 Rio Rn R Longui moyenne en m ni. Lua-voi . . . Nang-tec . . Nang-ret . . 119 165 80,5 170 175 160 264 305 228 430 41 31 Ce tableau peut être complété par quelques remarques. 1" Les 6 à 8 entre-nœuds basaux, séparés par des nœuds pourvus de racines adventives et de bourgeons, constituent le plateau de toilage, d'où partent tous les chaumes- 2° Le premier entre-nœud intermédiaire, n° R„ est nette- ment plus long que le dernier entre-nœud basai (R s ). Les représentations graphiques en coordonnées logarithmi- ques permettent de se rendre mieux compte des différentes phases du développement et de la croissance d'un plant de riz (fig. f). Nous pouvons interpréter ces faits de la façon suivante : 1° Après le repiquage, la plantule de riz croît lentement jusqu'au 7° entre-nœud, ce qui est dû aux mutilations des raci- nes provoquées par les différentes opérations de la transplanta- tion {crise du repiquage). 2° Quand la plante a acquis toute la vigueur nécessaire dans la nouvelle pépinière et que les racines adventives des nœuds basaux sont suffisamment formées, elle passe à une vie active, d'où la phase de croissance rapidement progressive des entre-nœuds R, à R 13 . Le dernier est considérable. Cette grada- tion biométrique est due aux hormones -sécrétées par les ébau- ches florales (voir H. Prat, 1935, p. 90 et 124). 3" On peut considérer trois phases dans la croissance d'un chaume de riz repiqué : DUONG-HUU-THOI 5 a) La phase primitive (entre-nœuds P, à P.). b) La phase préparatoire (entre-nœuds R, à R 8 ). s) La phase active (entre-nœuds R, à R 1S ). La première et la seconde peuvent être considérées comme appartenant au rhizome vertical, qui comprend tous les entre- nœuds primitifs et les entre-nœuds basaux. 1 Cryza. JaUt* L. ts> ** }se Sa> mm, TTtoywn* Jt g cnaumtt(o) (*ar. luAVoi) — moy. J, S cM&um«.j (x) ««*- Ave J chaume (*J Fie. 1. — Représentation graphique en coordonnées logarithmiques de la croissance de divers chaumes d'Orijza sciltva. 6 CROISSANCE DE QUELQUES RIZ D'INDOCHINE ET D'ITALIE Ces phases vérifient chacune la formule de gradation propo- sée par M. Prat en 1935 Y = A. nk et dans laquelle Y désigne la longueur des entre-nœuds, A une constante, k la pente de la droite, et n le numéro d'ordre des entre-nœuds. Elles sont représentées par des droites, A et k étant différents dans chacune d'elles (fig. 2). Les entre-nœuds primitifs, dans l'exemple précité, donnent k = 0,920 et les entre-nœuds basaux (phase préparatoire) : k = 1,198 pour la var- Lua-voi, k = 0,185 pour la var. Nang- tec et k = 0,102 pour la var. Nang-ret. Les entre-nœuds supérieurs (phase active) donnent : log. Y.» - log. Y 7 var. Lua-voi k =■ = 5,866 log. 13 - log. 6 log. Y„ - log. Y 8 var. Nang-tec k = = 6,323 log. 13 - log. 6 log. Y„ - log. Y 6 var. Nang-ret k = = 6,317 iog. 13 - log. 6 On peut remarquer que ces coefficients k, ou gradients d'élongation des entre-nœuds, ont sensiblement une même valeur pour les trois variétés étudiées. Ainsi la gradation biométrique positive des chaumes flori- fères des trois variétés provenant des localités différentes est semblable. La limite entre les diverses phases est représentée par des points d'inflexion. D'autre part, les travaux de M. Prat ont montré que d'autres Graminées, en. particulier les Triticum, n'ont que la phase active. En coordonnées logarithmiques, leur graphique est constitué par une seule droite. Dès lors, on est en mesure de considérer les points d'inflexion de la courbe repré- sentative comme un caractère important des plants de riz transplantés. La croissance des chaumes de riz dans leur milieu naturel subit l'influence d'innombrables facteurs internes et externes, capables de l'accélérer ou de la retarder (nous verrons plus en détail ces facteurs au chapitre III). En dehors du repiquage, il DUONG-HUU-THOI £*** 12j Sjpb/yoW /t &trlMwi qUy fw. Loâ-VÔl ) ' (v„ .Vi~f r*tj ~\G. ?. — Graphiques logarithmiques des entre-nœuds d'Oryza Saliva, 8 CROISSANCE DE QUELQUES RIZ D'iXDOCHIXE ET D'ITALIE y a la durée totale de l'exposition de la plante à la lumière, la température, l'eau, la nature du sol, l'apport en engrais, la varia- tion de pH, la concentration ou la dilution des matières nutri- tives ou toxiques dans l'eau qui varie avec l'intensité d'évapora- tion, la pluie et l'irrigation. Ce qui explique les nombreuses fluc- tuations individuelles sur la courbe représentative de la variété Lua-voï. Cette dernière pousse au mois de mai, époque à laquelle les changements de ces différents facteurs sont considérables. En résumé, l'étude d'un chaume de riz à l'état statique et au point de vue biométrique fournit divers caractères impor- tants qui sont les suivants : 1° Les chaumes de riz repiqué présentent trois phases de développement et de croissance- Les deux premières (phase pri- mitive et phase préparatoire) correspondent au rhizome verti- cal et la dernière (phase active) aux cinq derniers entre-nœuds. L'existence de la deuxième phase (deuxième partie du rhizome vertical) est due au seul fait de la transplantation. Dans ces dif- férentes phases, les entre-nœuds présentent une gradation bio- métrique positive et leurs valeurs vérifient la formule de M. Prat : Y = A. n k , les coefficients A et k étant différents dans chacun des cas ; 2° Dans la dernière phase les valeurs k des droites expri- mant la gradation des chaumes des trois variétés de riz étudiées sont sensiblement les mêmes. Par contre, dans la phase prépa- ratoire, les valeurs A et k sont variables, ce qui tient aux muti- lations des plantules pendant les différentes phases de la trans- plantation. CHAPITRE DEUXIEME STRUCTURE ANATOMIQUE ET HISTOLOCIQUE DES PLANTES ADULTES DE RIZ (ORYZA SATIVA L.) Nos recherches anatomiques et histologiques sur les. plantes adultes de riz ont surtout porté sur les épidémies. M. Prat a, en effet, montré toute l'importance des caractè- res fournis par cette assise et a généralisé l'étude de la topogra- phie épidermique en systématique. Nous verrons, au reste, ulté- rieurement que la connaissance de cette topographie permet facilement la détermination de l'espèce Oryza sativa L. Nous avons, par ailleurs, suivi, pour nos recherches, la méthode indiquée par cet auteur dans sa Thèse et dans ses publications ultérieures (1). I. — TECHNIQUE Les techniques de préparation et de coloration de Fépiderme indiquées par M. Prat (1932, p. 139) sont appliquées ici. L'em- ploi du matériel frais est particulièrement à recommander. Par contre, si l'on s'adresse au matériel sec, il est préférable de chauffer d'abord à l'autoclave à 120° pendant 3/4 d'heure, comme pour procéder à une stérilisation ; mais le tube qui ren- ferme l'organe doit être rempli d'eau. Puis, on le conserve dans le liquide ramollissant (eau -f- glycérine -4- alcool, à vol. égal) préconisé par M. Prat. Avec des feuilles juvéniles, nous observons l'organe directement au microscope et sans colora- tion, mais en l'éclaircissant au préalable par de l'hypoehloiïte de sodium. Les colorants convenant le mieux sont le carmino- vert ou le rouge de Ruthénium et le bleu de méthylène aluné. (1) Voir ces publications à l'Index bibliographique. 10 CROISSANCE DE QUELQUES RIZ D'INDOCHINE ET D'ITALIE IL — ELEMENTS EPIDERMIQUES C'est à des feuilles terminales de plantes adultes que nous nous sommes adressés pour préciser la nature des éléments composant l'épi derme. Sur ces feuilles on observe un grand nombre de formes de cellules épidermiques différenciées décrites chez les Graminées par M. Prat (1931) ; la plupart des associations de ces cellu- les avec des cellules longues sont contenues dans les feuilles terminales et forment des types variés d'épidermes. A ce point de vue, YOryza saliva L., bien qu'espèce archaïque, serait une des plus élevées en organisation de la famille des Graminées. Nous verrons plus tard que ces vues sont confirmées par l'étude de sa structure anatomique- A. - Cellules courtes différenciées Cellules siliceuses S. — Contrairement à ce que pense Heim de Balzac, les cellules siliceuses sont de véritables cellules et non des « dépôts de silice qui se sont localisés dans le cadre d'assem- blage de 2 cellules mitoyennes et en ont écarté les membranes respectives ».Les plus caractéristiques de ces cellules sont celles du type oryzoïde en forme de sablier S c . Les cellules siliceuses s'associent généralement chacune à une cellule subéreuse Z, située du côté apical de l'organe pour former un couple silico- subéreux SZ. Couple SZ. — Il semble que le couple silico-subéreux pro- vienne primitivement d'une cellule courte spéciale, qui sélec- tionne, en plus d'autres matières, de la silice à l'état colloïdal. Celle-ci se sépare et se cristallise de très bonne heure en bloc au pôle supérieur de la cellule et de l'extérieur vers l'intérieur, com- me tout phénomène de cristallisation ; il se formerait donc une cellule siliceuse S. De même, les silicates dans la plante se précipi- teraient, en présence d'un pH .acide des protéines du protoplasme, des cellules épidermiques des zones méristématiques pour donner une carapace siliceuse sur tous les organes de l'appareil végéta- tif et plus particulièrement sur les glumelles. D'autre part, à la suite de l'élimination d'eaù d'imbibition retenue par les colloï- des, la cristallisation entraîne une déformation de la paroi, due à des pressions osmotiques plus fortes des cellules voisines. D'ailleurs ces pressions varient avec la proportion et la nature des éléments constitutifs des cellules de différentes espèces de DUONQ-HUU-THOI H Graminées. Ce sont ces pressions qui donnent des formes variées de couples SZ, caractéristiques de chaque genre. Quant au re du contenu de la cellule mère de la cellule siliceuse, il constitue- rait une cellule séparée Z du couple. Par ailleurs la présence d'une grande proportion de silice et de ses combinaisons organiques dans la paille de riz a l'ait renoncer pendant longtemps à l'emploi de celle-ci en papeterie. Aujourd'hui, avec des techniques modernes qui ne cessent de se perfectionner, on a pu éliminer de la silice et obtenir avec de la paille de riz des papiers d'excellentes qualités. Cellules exodermiques P. — Les cellules exodermiques P sont, soit de petits aiguillons P t (fig. 1, 2, 3, pi. II), soit le plus sou- vent des gros aiguillons P 2 (fig. 2, pi. IV). Poils biccllulaires B. — Les poils bicellulaires ont ici un seul type « filiforme » B : (fig. 3, pi. IV). Leur présence cons- tante sur tout l'appareil végétatif du riz constitue un des carac- tères importants du genre, au même titre que les cellules en sablier (SJ. Stomates X. — Les stomates sont ovales ou losangiques ; les deux cellules de l'ostiole sont souvent pourvues à maturité de 2 à 4 verrues. B. - Cellules longues Les cellules longues sont surtout engrenées L.„ comme chez tous les Panicoïdées. Les ondulations des parois latérales et la pré- sence de papilles sur ces cellules sont acquises au cours de la ma- turation de celles-ci. Il semble bien que ces modifications méca- niques seraient liées d'une part à la présence de verrues et à des renforcements siliceux à la face externe des cellules épidèrmi- ques et, d'autre part, aux variations des forces de succion des cellules avoisinantes, plus généralement aux changements des propriétés physiques et chimiques des constituants cellulaires. ///. — TOPOGRAPHIE DES ELEMENTS EPIDERMIQU-S Nos recherches concernant la topographie des éléments épider- miques ont porté surtout sur la variété Nang-Teç. Nous avons ce- pendant examiné également, à titre de comparaison, la variété Lua-Voi. Pour la variété Nang-Tec, nous avons considéré successive- ment les entre-nœuds du chaume, les faux-noaids, la face externe 12 CROISSANCE DE QUELQUES RIZ D'iNDOCHIXE ET D'ITALIE des feuilles, leur face interne et, enfin, les glumes et les glu- melles. D'autre part, pour les feuilles, il nous a paru nécessaire de décrire en même temps la structure anatomique de ces organes. A. - Variété Nang-Teg 1) Entre-nœuds Le chaume de riz présente un grand nombre de nervures pa- rallèles comprenant entre elles d'étroites bandes de parenchymes pourvues de quelques stomates. Les poils bicellulaires B x et les poils exodermiques P 2 sont rares. L'entre-nœud est revêtu d'un épidémie formé de cellules silico-subéreuses et de cellules à pa- rois engrenées SZL 3 ; les cellules S du couple sont plus petites que les cellules Z ; les cellules L 3 sont étroites. Au-dessus du nœud et en relation avec l'enchevêtrement vasculaire dans la pro- fondeur, le nombre de couples SZ devient élevé, ce qui confère à cette partie une rigidité remarquable. 2) Faux-nœuds La constitution anatomique du faux-nœud des feuilles de riz est semblable à celle de la plupart des autres céréales. L'épiderme externe est formé de cellules SL„ où les éléments L t sont à pa- rois épaisses et aplaties transversalement ; par contre, les cellu- les S sont rectangulaires. L'aspect blanchâtre des faux-nœuds est dû au manque de sclérenchyme et à la réfringence des cellules siliceuses sans granulations. 3) Face externe de la feuille a) Gaine (PI. I). — L'épiderme de la gaine (fig. 1) est le pro- longement de celui de l'entre-nœud situé au-dessous ; il est, ici encore, du type SZL 3 . Seulement les couples SZ ne sont abon- dants que dans la zone immédiatement au-dessus du faux-nœud. La cellule S du couple, en forme de rein, se loge en partie dans la partie concave de la cellule Z. Les poils P, et P 2 sont nombreux sur les bandes membraneuses du bord de la gaine ; mais ces deux derniers deviennent de plus en plus rares vers le milieu de celle- ci. Les cellules longues L sont pourvues de verrues et de quelques papilles. Par ailleurs, l'épiderme du sommet de la gaine est plu- tôt du type PiSZLa. Sous cet épidémie externe il y a des fibres à parois épaisses ; ce sont des tissus de soutien et de protection des faisceaux libé- DUOXG-HUU-THOI 13 Gâinc n.j 14 CROISSANCE DE QUELQUES RIZ D'iNDOCHINE ET D'iTALIE 7*1. II 5 °f 7?€>CCOfc/ (J* 1 J A^t^Ay •Ù'P'>V ■ -accord DUONG-HUU-THOI 15 ro-ligneux (fig- 3 et 4). Ces derniers sont entourés par un en- doderme lignifié, encadré à son tour par de grosses cellules diffé- renciées du parenchyme. Celles-ci sont minces et cellulosiques. Leur taille et leur forme sont dues probablement à des forces de succion du protoplasme, ainsi qu'à la plasticité des parois. Ces cellules persistent chez les feuilles adultes et relient les faisceaux libéro-ligneux à la face supérieure de la gaine. Des résorptions de cellules du parenchyme se produiraient de très bonne heure entre les nervures pour faire place à des lacunes aérifères. La présence de celles-ci pourrait conférer aux riz le ca- ractère de plantes semi-aquatiques (fig. 3 et 4 ; pi. I). b) Raccord gaine-limbe (PI. II). — La structure épidermique de la zone du raccord entre la gaine et le limbe constitue un des caractères importants de la feuille de riz. Cette zone est encadrée du côté de la gaine, comme de celui du limbe, par une ligne on- dulée limitant ainsi un épidémie typique SZP^ (fig. 5 ; pi. IV), les cellules L 3 étant ici très courtes. Les parties convexes de la ligne de séparation correspondent aux nervures sous-jacentes et sont marquées par de nombreux couples silico-subéreux de formes irrégulières et moins aplatis que ceux de la région cen- trale. Il y a aussi les poils B x . Au delà de la ligne de démarcation, surtout dans les bandes entre nervures, les cellules L 3 s'allongent sensiblement pour donner un changement brusque de leur allure (pi. II). Cette zone est marquée, d'une part par l'absence de fibres hypodermiques et de lacunes aérifères, d'autre part par la pré- sence d'un parenchyme à cellules turgescentes ; elle rappelle donc la constitution du faux-nœud et remplit le même rôle que lui dans le géotropisme. Ainsi, la zone du raccord se distingue des deux parties de la feuille qu'elle sépare par sa structure épidermique et par son anatomie interne. D'autre part, par la forme et par la qualité des éléments courts, elle constitue la zone de croissance basale du limbe, comparable à celle de la gaine. c) Limbe (PI. III). — A la différence de la gaine, les nervures du limbe sont espacées. Les bandes de cellules situées entre ces nervures présentent huit à treize files de cellules, dont quatre à sept sont à stomates. Ces dernières files sont groupées par 2, par 3 ou par 4, et sont séparées des nervures par 2 ou 3 files de cellu- les L 3 , dont une est constamment pourvue de poils B x . Ce qui le 16 CROISSANCE DE QUELQUES RIZ D'INDOCHINE ET D'ITALIE différencie encore de la gaine, c'est que ses cellules longues L 3 sont pourvues de grosses papilles, dont les dispositions ne sont pas quelconques. Elles sont placées généralement dans les parties les plus larges de la cellule, soit au niveau d'une cellule B, d'un stomate sur des files voisines, soit au niveau des parois transver- sales des cellules voisines, soit enfin vers l'extrémité d'une des cellules en contact avec le stomate (cellule en direction de la gaine). Comme chez les autres Graminées, les poils exodermiques P 2 sont sur les nervures et dans les bordures du limbe P 2 b. Sur les nervures, on a toujours un épidémie SZL 3 n avec des cellules siliceuses oryzoïdes S 6 sur les plus grosses. Vers le sommet du limbe, la répartition des éléments épider- miques ne change pas, mais le nombre des éléments différenciés diminue en fonction de la largeur de l'organe. Signalons que la présence de nombreux stomates sur le limbe constitue un autre caractère important des variétés de riz à culture irriguée, puis- que, chez les espèces aquatiques, les individus submergés ont des stomates en nombre plus faible que les individus hors de l'eau (Mer, 1882 ; Costantin, 1884). En somme, l'épidémie externe du limbe de la feuille de riz est du type SZ, XL 3 . En ce qui concerne la structure anatomique du limbe, une coupe transversale faite dans la partie moyenne du limbe mon- tre, sur sa face supérieure, une structure différente de celle de la gaine, tout comme dans la plupart des Graminées des régions chaudes. Cette face supérieure présente, en effet, des sillons lon- gitudinaux, "séparés par des crêtes correspondant aux nervures. C'est dans le creux de ces sillons que se placent les tissus moteurs constitués par des cellules bulliformes (fig. 3). Celles-ci sont des cellules épidermiques hypertrophiées et modifiées de bonne heure par leur fonction mécanique. La face interne du limbe est à cuti- cule mince et pourvue de verrues et de papilles (fig. 2). De plus, les ondulations des parois longitudinales des cellules épidermi- ques sont peu prononcées. Les cellules bulliformes se composent en général de 4 cellules plus ou moins turgescentes, dans la jour- née surtout, quand la plante pousse dans des terrains secs ; elles provoquent ainsi l'étalement ou l'enroulement du limbe. Le méca- nisme de ces mouvements serait dû à la rupture de l'équilibre des pressions osmotiques des cellules bulliformes et des cellules du parenchyme, cette rupture étant provoquée par la transpira- tion stomatique et cuticulaire, sans que la plante puisse compen- ser sa perte en eau. DUONG-HUU-THOI 17 tl m ' Va*, lica. Vin' e *» DUONG-HUU-THOI 29 plus d'un millimètre de long. Le nombre de ces poils exodermi- ques est assez variable (trois à dix) (fig. 13 ; pi. IV). D. - Raccord Gaine-Limbe (fig. 1 et 2 ; pi. VI) Cette zone diffère des deux parties de la feuille qu'elle sépare par un épidémie S, SZL : , analogue à celui de la base de la gaine. E. - Limbe Comme chez les feuilles adultes, les cellules affectent des for- mes normales. En sortant de la zone du raccord, elles s'allongent entre les nervures, mais moins que dans la gaine, et leurs parois présentent des ondulations plus prononcées (fig. 1 et 2 ; pi. VI). On observe aussi sur ce limbe des cellules stomatiques arrêtées dans leur évolution (fig. 11 ; pi. VI). D'autre part, nous avons pu constater sur les feuilles juvéni- les que la formation d'une nervure secondaire entre deux ner- vures principales entraine toujours l'apparition de part et d'autre des files supplémentaires de stomates, sauf d'ailleurs le cas où la partie de l'organe considéré est de nature membraneuse (bord de la gaine par ex.). Cette règle pourrait être généralisée pour les autres Graminées. La topographie de l'épidémie interne du limbe est analogue à celui de l'épiderme externe ; cependant les cellules L 3 entre les nervures sont plus larges et plus grosses que celles qui sont dans la partie correspondante de l'épiderme externe. A l'inverse de celui-ci, les poils exbdermiques P : (fig. 6 ; pi. VI) sont ici aussi abondants que les poils'Bi ; par contre les stomates le sont un peu moins. La structure anatomique n'a rien de particulier (fig. 5 ; pi. VI). Bref, la troisième feuille de riz présente déjà les caractères morphologiques et épidermiques des feuilles adultes, mais elle a encore à la base de la gaine des zones de cellules qui sont en pleine évolution. En plus de ce qui a été dit précédemment, nous avons pu constater que la répartition topographique des éléments épider- miques sur la quatrième et la cinquième feuille est analogue à celle de la troisième. * ** 30 CROISSANCE DE QUELQUES RIZ D'iNDOCHINE ET D'iTALIE En résumé, l'étude des caractères épidermiques et anatomi- ques des feuilles juvéniles de riz nous révèle d'abord une distri- bution d'éléments épidermiques et une structure interne peu .dif- férentes de celles des feuilles adultes. Mais nous avons pu cons- tater les divers stades d'évolution (multiplication, différencia- tion et élongation) des éléments épidermiques. Ces derniers par- viennent déjà, dans les feuilles juvéniles, à des formes stables et définitives de la plante adulte. C'est le cas des cellules L 3 , SZ, B x , P, X. La topographie de l'épidémie externe des juvéniles diffère seulement de celle des feuilles adultes par la présence à la base de la gaine des zones d'éléments courts différenciés. Sur les ner- vures les cellules siliceuses oryzoïdes S G sont généralement sur deux files caractéristiques et leur maturation s'observe de bonne beure à la base de la gaine ou du limbe. Les cellules courtes L;i de la zone du raccord sont entremêlées de cellules mères des élé- ments différenciés et de couples silico-subéreux SZ dont les composants sont rectangulaires. Ainsi, la topographie de l'épiderme des feuilles juvéniles nous apporte, une fois de plus, une preuve irréfutable' de l'homogé- néité de l'espèce Oryza satina. Son importance en systémati- que est incontestable. Malgré la diversité des variétés, cette to- pographie reste sans changement notable dès les premiers sta- des de la végétation, époque à laquelle les plantules sont influen- cées par d'innombrables facteurs externes (voir chapitre IV). 31 CHAPITRE QUATRIEME CONDITIONS GENERALES DE LA GERMINATION Le jeune plantule de riz, en sortant de la puissante enve- loppe protectrice formée par les glumelles, réagira d'une façon diverse aux facteurs internes et externes dont dépendent sa ger- mination et sa croissance. Ce sont ces réactions que nous allons tour à tour étudier. A cet effet, nous avons fait six germinations successives depuis le début de printemps jusqu'au mois d'août 1939. Les semences provenant de la Cochinchine et d'Italie étaient mises à germer simultanément. Des observations faites sur ces expériences complètent nos souvenirs d'enseignement pratique appliqué par les riziculteurs de la terre indochinoise, /. — TECHNIQUE Au cours des essais de germination, nous avons utilisé deux moyens : a) Germination sur papier filtre ; b) Germination dans des pots. Dans le premier cas, nous nous sommes servis d'assiettes creuses et de papier filtre stérilisé à la flamme d'un bec Bun- sen ; cinq couches de papier étaient placées dans le fond de l'assiette pour obtenir une lame poreuse. L'assiette était recou- verte d'une cloche et les graines mises à germer étaient placées dans une étuve maintenue à une température de 29° à 30° C. Dans le second cas, les grands pots dont nous nous sommes servis avaient leur fond fermé par un bouchon et paraffiné. Ils étaient remplis de terre du jardin du laboratoire de Biologie Végétale, jusqu'à 3 cm. du bord. Les pots étaient placés, soit sur les fenêtres de la salle de travaux pratiques du laboratoire et à l'exposition S. W., soit dans la cour, en face de cette même salle. Dans le premier cas, les pots étaient arrosés journellement par l'eau du robinet et, 32 CROISSANCE DE QUELQUES RIZ D'INDOCHINE ET D'ITALIE dans le second cas, ils étaient alimentés par un courant continu de la même eau (eau industrielle). //. — INFLUENCE DES FACTEURS INTERNES Pour le riz, comme pour toute autre céréale, une bonne ger- mination nécessite des semences parvenues à complète matu- rité physiologique. Certains auteurs pensent que le poids et la taille des semences sont peu importants au point de vue du pou- voir germinatif. En réalité, ces facteurs ne sont pas négligeables, si la germination se place dans de mauvaises conditions. C'est ce que confirment nos expériences du mois d'avril 1937, particu- lièrement avec les variétés indochinoisès très sensibles aux bas- ses températures. On sait que le pouvoir germinatif de la graine dépend du stade de maturation physiologique et de l'âge de celle-ci. Seu- les les graines mûres à point germent parfaitement et produi- sent des plantules fortes et vigoureuses, sauf dans le cas où elles sont fraîchement cueillies. La durée que celles-ci mettent pour germer est assez longue : 6 à 7 jours. Par contre, elles pos- sèdent généralement un pourcentage élevé de germination si elles sont semées 40 à 50 jours environ après la récolte. Cepen- dant, Miège a constaté chez Hordeum distichum que la faculté germinative est déjà parfaite dès la récolte, ou immédiatement après, puisqu'elle atteint 80 à 92 % à la moisson. Chez d'autres Graminées, Nardus stricta par exemple, il faudrait plusieurs mois de repos après la récolte (J. Coulon). Quoi qu'il en soit, nos expériences ont montré que la cause physiologique des variations constatées dans la faculté germi- native des vieilles graines et des graines non mûres est due pro- bablement à la destruction et à l'insuffisance de substances protéiques et de certaines diastases dans le tégument de la graine. On sait que ces diastases sont constituées, soit par des protéines spécifiques, généralement pourvues de groupements prosthéti- ques capables de jouer un rôle catalytique dans les phénomè- nes d'oxydation, soit par des protéides (phosphoprotéides, métal- loprotéides, etc..) auxquelles la présence de métaux lourds, comme le fer, le cuivre, etc.-, ou même de métalloïdes, tels que le phosphore et le bore, permet de jouer un rôle équivalent. C'est ainsi que la catalase et la peroxydase sont des combinaisons fer-porphyrine. En présence d'eau oxygénée, les groupements DUONG-HUU-THOI 33 prosthétiques, les métaux ou les métalloïdes sont capables de catalyser énergiquement- l'oxydation des substances de réserves et réduisent cet oxydant en donnant de l'oxygène moléculaire. Grâce à ce processus, on expliquera facilement les constatations d'AppLEMAN (1915) sur la relation entre la catalase et le phéno- mène de la respiration de l'organisme végétal. On comprendra, de même, le rôle activant de l'eau oxygénée dans le traitement des graines incomplètement mûres. Ainsi, étant de nature protéique, les diastases, et même les codiastases (vitamine Bi par exemple), sont facilement altérées par les facteurs défavorables du milieu ambiant. Il est donc naturel de conclure que les substances protéiques sont impor- tantes chez les végétaux comme chez les animaux. Nos dosages d'azote au micro-Kjeldahl ont montré que la variété Ca-dung renferme environ 5,6 % d'albumine. Si donc on supprime ces substances des graines d e riz par un artifice quelconque (en débarrassant des amandes de riz de leur péricarpe ou en faisant germer le riz dans une solution à des concentrations convena- blés de SO'Anr, de NaCl, d'alcool), nous avons constaté que la germination était fort gênée ou arrêtée complètement. Par ailleurs, d'autres expériences en cours semblent mon- trer que les corps ayant des atomes d'azote pourvus d'une dou- ble liaison et surtout des groupements aminés, en particulier les acides aminés, sont actifs sur la germination et jouent un rôle non négligeable dans le métabolisme des cellules végétales. ///. — INFLUENCE DES FACTEURS EXTERNES A. - Nécessité de désinfecter les semences Les méthodes de stérilisation préconisées jusqu'ici sont excessivement nombreuses. Elles utilisent des sels minéraux, des composés organiques ou encore des oxydants. Pour diverses raisons, nous préférons utiliser l'eau de Javel à 6° B° diluée au tiers ; dans ce cas, l'immersion des graines pendant deux heu- res suffit pour les désinfecter. Cette méthode a l'avantage de permettre des applications pratiques, simples et a peu de frais. Si les graines ne sont pas désinfectées au préalable avant le semis, les moisissures, les bactéries, les champignons se dévelop- pent et se multiplient rapidement, en envahissant la base de la 34 CROISSANCE DE QUELQUES RIZ D'INDOCHINE ET D'iTALIE gemmule, là où il y a une émission de substances nutritives mobilisées par les diastases. C'est pourquoi l'action antisepti- que ne doit pas être confondue avec la stimulation d'ordre phy- siologique des graines en germination, comme on le fait assez souvent. B. - Trempage des graines, phase d'imbibition La quantité d'eau absorbée par un grain de riz trempé est d'environ 25 % de son poids sec. La durée du trempage favo- rable à la germination varie avec la température de l'eau et par suite de la vitesse de la perméabilité des enveloppes de la graine. Au mois d'avril, la température extérieure étant basse, en moyenne 15° C, il faudrait tremper les semences pendant 4 ou 5 jours, alors qu'en été, la température extérieure étant de 30° C environ, cette durée peut baisser jusqu'à un jour. Quoi qu'il en soit, ce temps doit être suffisant pour amener le réveil des phé- nomènes vitaux de la graine. Par contre, un trempage trop long peut retarder considérablement la germination par manque de chaleur nécessaire. C. - Importance de l'Oxygène L'oxygène dissous dans l'eau ou dans une solution de cul- ture exerce une action plus ou moins directe sur la marche du développement des plantules de riz en germination. Il faut absolument de l'oxygène pour l'aération de leurs racines et pour l'oxydation des inclusions glucidiques et lipidiques du cj'to- plasme. L'énergie résultant de cette oxydation rend possible la protéosynthèse. Nos expériences ont montré, d'ailleurs, que le manque d'oxygène dans une eau provoque l'asphyxie des raci- nes et l'arrêt de croissance en longueur de la plante. Le dosage de l'oxygène dissous a été vérifié par la méthode de Winckler. Nous verrons ultérieurement (cf. p. 34) que la pauvreté en pxygène dans une atmosphère influe différemment sur la crois- sance d'une plantule. Par ailleurs, Erygin a constaté que le manque d'eau, et par suite d'oxygène, affecte davantage les jeunes plants que les grai- nes en germination. De même le quotient respiratoire est plus ou moins grand que l'unité suivant que les graines sont sub- mergées ou non. DUONG-HUU-THOI 35 De son côté, Nagai Isburo a montré en 1910 que les graines de riz trempées peuvent germer dans une atmosphère d'hydro- gène ou dans un air privé d'oxygène. Mais il y a seulement développement de la gemmule, alors que la formation de la radicule nécessite la présence de l'oxygène. Il semhle que ceci provienne de la grande nécessité pour la plantule de respirer. Il serait donc intéressant de refaire ces expériences, mais d'une toute autre manière et d'examiner de même les possibilités de résistance des plantules à l'asphyxie. D. - Résistance à l'asphyxie En vue de vérifier la résistance à l'asphyxie des graines de riz en germination, nous avons semé dix graines, non trempées au préalable, dans quatre séries de grands tubes à essai de 50 ce. remplis au 1/5 d'eau distillée. Les tubes de la première série étaient fermés au chalumeau immédiatement après l'introduction des graines. L'eau distillée de la seconde série de tubes était soumise à l'ébullition. Puis, on ajoutait un bout de paraffine dans chacun des tubes et on chauffait légèrement ces derniers au niveau de la paraffine pour faire fondre cette dernière, ce qui permettait d'isoler complètement l'eau contenant les graines de riz. Dans la troisième série de tubes, on faisait passer un cou- rant de gaz carbonique et ces tubes étaient fermés comme dans le premier cas. La dernière série de tubes renfermait des témoins et les tubes étaient bouchés par du coton verre. Dans tous les cas, ces expériences ont été poursuivies à Tétuve maintenue entre 30 et 31° C. Les résultats obtenus pour chaque série ont été les suivants : Dans la première série, toutes les variétés de riz ont germé. Les plantules continuent à pousser pendant une dizaine de jours en acquérant, d'une part trois premières feuilles (la dernière est incomplètement formée) et, d'autre part, la radicule, des raci- nes adventives et des poils absorbants. 36 CROISSANCE DE QUELQUES RIZ D'INDOCHINE ET D'iTALIE Mais la hauteur (1) de ces plantules reste inférieure à celle des témoins. Ceux-ci seront à leur tour moins élevés que s'ils avaient germé sur du papier filtre humide et sous cloche. On aura respectivement les valeurs moyennes suivantes, prises sur toutes les variétés en expérience, au cinquième jour, c'est-à-dire au moment où les réserves ne sont pas encore épuisées. Plantules en exp. Témoins Plantules germant sur du papier filtre Hauteur 4 cm. 4,7 cm. 9,5 cm. Par contre, la longueur définitive du coléoptile des plantules en expérience est supérieure à celle des témoins. Plantules en expérience Témoins Longueur du coléoptile . 2,7 cm. 1,8 cm. Il apparait donc que le manque d'oxygène dans l'atmosphère du tube excite passagèrement les cellules du germe et le phé- nomène se traduit par une élongation et une multiplication des cellules du coléoptile. On observe encore ce même phénomène quand les graines poussent dans de l'eau contenue dans un tube fermé par du coton. Mais, dans ce dernier cas, les résultats changent com- plètement si, auparavant, on a fait un vide partiel dans les tubes (croissance irrégulière de la gemmule). Ainsi, les plantules de riz peuvent pousser à peu près norma- lement dans une atmosphère confinée. Il en est de même si on remplace l'eau en excès dans les tubes par du coton-verre sim- plement saturé d'eau. Quoi qu'il en soit, la respiration intracellu- laire et le peu d'oxygène contenu dans le tube permettent aux plantules de vivre et de croître pendant un certain temps ; ce n'est environ qu'au douzième jour qu'elles meurent (2). (1) Cette hauteur est mesurée depuis la base de la tigelle jusqu'au som- met de la dernière feuille de la plantule. (2) Si on met dans les tubes un grand nombre de graines (30 par exem- ple) la vie de ces plantules est raccourcie (5 à 7 jours). L'oxygène est vite épuisé et remplacé par le gaz carbonique rejeté des graines ; aussi la respi- ration normale devient-elle impossible. DUOXG-HUU-THOI 37 Dans la deuxième série, les gemmules apparaissent seules et leurs longueurs moyennes sont données par les chiffres sui- vants : Temps : 2 jours 3 jours 4 jours 5 jours 6 jours Longueur gemmule en m/m : négligeable 0,50 1,80 2 3 au max. On remarque, d'autre part, que, chez les graines à faible pou- voir germinatif, la gemmule est à peine visible après quarante- huit heures. Puis elle reste presque dans cet état pour mourir ensuite au bout du septième jour. Enfin, dans la troisième série, les graines présentent un début de germination comme les témoins. La gemmule a environ un millimètre de haut. Mais, en général, elle ne s'allonge pas plus. La plantule meurt comme dans le premier cas. Ces deux dernières séries d'expériences confirment les ob- servations de Nagai Isburo. Ainsi, contrairement aux vues de M. Ca.mpese, l'oxygène libre est nécessaire au développement normal et à la formation complète de la plantule. Le manque, ou la pauvreté en oxygène, dans un milieu de culture oblige la plante à développer en pre- mier lieu son appareil végétatif (gemmule). Si les graines peu- vent germer en l'absence d'oxygène, c'est seulement par l'effet d'une fermentation intracellulaire, mais non pas parce qu'elles peuvent s'en passer. D'ailleurs cet état de choses ne peut durer plus de 60 heures, sinon il y a arrêt de croissance et dépérisse- ment de la plantule. Si, toutefois, cette dernière peut croître dans un milieu pauvre en oxygène, c'est plutôt alors une crois- sance irrégulière. E. - Influence de l'épaisseur de l'eau Selon M. Campese, l'épaisseur de l'eau n'a pas d'influence sur la germination du riz. En réalité, il en est autrement, surtout quand elle est faite dans des régions froides. Par ailleurs, le riz peut germer, soit dans l'eau, soit sur une terre humide. Mais. dans ces diverses éventualités, on a des résultats tous différents. Depuis longtemps on a constaté que, si les semences de riz sont entièrement plongées dans l'eau, l'embryon développe en premier lieu sa gemmule, qui croit rapidement jusqu'à ce qu'elle soit sortie à l'air. Son svstème radiculaire reste court et l'appa- 38 CROISSANCE DE QUELQUES RIZ D INDOCHINE ET D'ITALIE rition de la radicule est en retard sur celle de la tigelle. Tout se passe comme si le potentiel de la croissance se portait plutôt vers la tigelle. Sethi a, par ailleurs, noté que la germination dans l'eau s'accompagne toujours d'une perte en matière sèche. Par contre, si les semences germent sur une terre humide ou saturée d'eau, elles émettent d'abord, comme toute autre cé- réale, la radicule. Celle-ci s'entoure ensuite de poils absorbants et s'allonge plus vite que la tigelle, qui apparaîtra tardivement et croîtra plus lentement (cf. page 45). Dans tous les cas, les basses températures entravent forte- ment la germination en tuant le germe de la plantule. Aussi, dans la pratique, pour obtenir de bons résultats, il faut semer le riz sur un sol saturé d'eau, mais en le laissant au moins cinq jours sans le recouvrir d'eau, tout au moins si la température est favorable et si le soleil n'est pas trop ardent. Au contraire, dans le cas où les basses températures peuvent causer de graves préjudices au riz, il est recommandé de main- tenir une couche d'eau au-dessus des semences pour que le système radiculaire puisse croître à peu près normalement. On observe cependant un léger retard dans la germination, même pour les graines les plus vigoureuses. F. - Influence de la température L'action combinée de la température avec celle de l'épais- seur de l'eau constitue un des facteurs importants de la crois- sance des plantules de riz. D'une façon générale, la germination des semences de riz à la surface du sol s'effectue entre certaines limites moyennes de température : Minimum Optimum Maximum Temp. en degrés C. 12°-13° 30°-32° 38°-40° Ces chiffres peuvent, d'ailleurs* osciller de quelques degrés, suivant qu'on s'adresse aux variétés des pays chauds ou à celles des pays tempérés. Dans la pratique, la façon dont on sème le riz peut modifier la température optimum. En effet, en faisant germer, par exem- ple, les semences de riz des pays froids à une profondeur de 1 cm. dans un sol saturé d'eau, la température optimum peut descendre jusqu'à 20° C- ; dans ces conditions, les graines peu- vent germer au bout de quatre jours. On explique ceci en se DUONG-HUU-THOI 39 rappelant que la grande quantité de chaleur dégagée par la graine pendant la période active maintient le milieu environ- nant à une température un peu élevée. Kotowski a montré, en 1927, que le coefficient de rapidité de la germination varie en fonction de la température, alors que cette dernière est sans influence sur le pourcentage des graines en germination. L'auteur a observé, de plus, une stimulation de la croissance des plantules comme conséquence des alternances de température. Lissenko a, par ailleurs, constaté que l'action combinée de la température et de la lumière sur la germination peut modifier le cycle végétatif des plantes, en particulier des Graminées. G. - Influence de la profondeur des semis En 1933, Brezitsky a expérimenté sur un sol d'humidité moyenne et, après de nombreuses observations, l'auteur conclut que le pourcentage des graines de riz germées diminue à mesure que la profondeur des semis augmente. En dépit de ces don- nées, l'enfouissement des semis, obtenu en troublant l'eau de la pépinière, est recommandé, surtout quand le riz pousse près de la limite septentrionale. Cet enfouissement a pour but de préserver les graines contre les actions très nuisibles des basses températures. En plus de la vérification des conclusions de Brezitsky, nos expériences ont été conduites de manière à montrer que, si les graines sont semées dans de l'eau trouble, pendant les mois chauds, le pouvoir germinatif tombe généralement d'un tiers. Cette notable mortalité des semences dans les conditions de l'expérience peut s'expliquer de plusieurs manières. On peut penser d'abord que, pour une température optimum, la germination est défavorisée par la présence d'une couche d'eau au-dessus des semences. D'autre part, en raison de la grande activité diastasique, il est certain que la graine consomme une importante quantité d'oxygène, que la radicule se procure difficilement dans l'eau, en raison de la présence d'une couche de boue qui la recouvre. Enfin, on peut faire intervenir la faible solubilité des gaz dans une eau exposée au soleil, c'est-à-dire chaude. 40 CROISSANCE DE QUELQUES RIZ D'iNDOCHINE ET D'ITALIE Remarquons que, dans les conditions ci-dessus indiquées, les semences des variétés à culture irriguée présentent une mortalité beaucoup moins grande que les variétés à culture sèche. En outre, on pourrait se demander si la profondeur des semis de riz a une influence sur le rendement en grain. H. - Influence de la lumière De l'action retardatrice de la lumière sur la croissance des plantules, retenons seulement une nouvelle explication de son mécanisme par Went. D'après cet auteur, la lumière agit en détruisant une forte proportion d'hormone de croissance qui se formerait au sommet des plantules et, de plus, le phototro- pisme serait la conséquence immédiate de la disproportion dans la répartition de ces substances dans les plantules éclairées uni- latéralement. En 1932, Sawayya a constaté que les talles de riz pren- nent naissance environ à 13mm. de la surface du sol, si les graines germent à une certaine profondeur, ce tallage commen- çant vers la troisième ou la quatrième semaine après le semis. Au contraire, si on sème superficiellement le riz, la formation des talles s'arrête complètement et l'auteur conclut que la lu- mière empêche toute formation de talle. Cependant, nos obser- vations ont montré que cette action n'est pas systématique, puisque la lumière faible, ou diffuse, n'annihile pas toujours la formation des talles et que les nœuds de tallage sont bien au- dessus de la surface du sol. Dans les mêmes conditions, les talles se forment encore quand le bourgeon terminal est mutilé par une cause quelconque. Notons aussi qu'un grand nombre d'auteurs (Koowitch, Peretouin, Govorov, Percival, Chien-Lang-Pan, Apagan, etc..) ont montré que, à côté de la luminosité, la température, le pho- topériodisme, l'ombre, l'âge des plantes repiquées, etc.. exer- cent aussi une influence sur le tallage- Nous avons pu constater, par ailleurs, que la durée de l'éclai- rement influe aussi sur le cycle végétatif d'une plante ; elle réduit la hauteur des plants de toutes les variétés de riz étudiées. La variété précoce Lua-voi, par exemple, a un cycle végétatif normal de 120 jours dans le pays d'origine. En poussant dans un endroit exposé au soleil pendant cinq heures par jour seu- lement, elle ne fructifie pas au bout de six mois (du 15 avril DUONG-HUU-THOI 41 au 15 octobre 1939). La hauteur du chaume se réduit à 50 cm. au lieu de 1 m. 20. On peut penser qu'à côté de ces importants facteurs il ne faut pas négliger non plus la vigueur de la plantule, l'afflux lu courant nutritif et la concentration en hormones de croissance dans la plante et, enfin, tous les facteurs internes et externes qu'il reste à déterminer. I. - Influence des stimulants La stimulation des diastases et des cellules de la graine a été particulièrement étudiée ces dernières années par bon nom- nombre d'auteurs. Des recherches de ceux-ci, il ressort que les stimulants sont surtout des substances antiseptiques ou toxi- ques à forte dose. Ils ne sont actifs qu'à de très faibles concen- trations. Leur excitation est d'ordre physiologique ; elle aura, dans certains cas, une répercussion sur le développement et la croissance de la plante. On a utilisé pour la stimulation des sels de métaux lourds (chlorures, sulfates), des halogènes, des composés organiques, des oxydants ou des solutions de diastases à 5 %. Nous avons obtenu de bons résultats avec les alcaloïdes, tels que le sulfate d'ésérine, la pilocarpine, l'hordénine et les extraits de curare (curarine). La durée de traitement des graines est variable avec la nature et la concentration de chacune de ces substances. Plus récemment, les hormones végétales ont été utilisées dans ce but. C'est ainsi que Shibuya a essayé Fauxine sur le riz et a montré que la présence de ce corps entraine un retard et une diminution de la germination. L'inconvénient est que les concentrations employées par l'auteur, variant entre 40 % à 0,01 mg. %, sont vraiment toxiques, car on sait que 1 action stimulante des hormones se fait avec des quantités mi- nimes, dans l'ordre de 1/10.000, et même plus faibîe encore. C'est ainsi que Vauxine a, ou acide auxentriolique, à une con- centration de 1/1.1 10 7 , est encore active sur YAvena (cf. Nicol). Les plus usuelles des hormones synthétiques sont des acides organiques ; elles se retrouvent pour la plupart parmi les pro- duits de désagrégation des protéines animales ou végétales. On a aussi essayé sur les végétaux des hormones animales et tout semble indiquer que la stimulation ne peut avoir lieu qu'à des doses excessivement faibles. En outre, il est à remar- 42 CROISSANCE DE QUELQUES RIZ D'INDOCHINE ET D'ITALIE quer que les résultats discordants obtenus par de nombreux auteurs à ce sujet sont dus aussi aux différentes méthodes de traitement plus ou moins brutales des graines ou des plan- tules par les hormones. De même, la biologie, la physiologie de la plante et les activités synthétiques des cellules des diverses espèces végétales y contribuent pour une large part. Quoi qu'il en soit, il semble bien que les réactions spécifiques des cellules vis-à-vis des substances hormonales sont fonction des groupe- ments actifs de ces dernières. Chez les graines traitées il y a un changement de l'activité des cellules du germe, occasionné par une élévation de l'intensité respiratoire. D'autre part, les rayons X, le champ électro-magnétique, les ondes courtes, la radioactivité sont également utilisés comme stimulants. IV. — MORPHOLOGIE DES PLANTULES DE RIZ EN GERMINATION L'aspect morphologique des plantules de riz en croissance a fait l'objet de nombreux travaux dans toutes les stations rizi- coles du monde (voir Copeland, Sethi, Brjezitsky, Piacco, etc.). Nous n'examinerons donc que quelques points qui, à notre connaissance, n'ont pas été jusqu'à présent suffi- samment étudiés, à savoir l'embryon au début de la germina- tion et les différents stades de la germination (voir pi. VII). Rappelons d'abord pour cela la forme de l'embryon avant la germination. Une coupe longitudinale faite dans le germe de la graine nous montre que la gemmule présenté, par rapport à la radi- cule, une disposition très différente de la plupart des autres céréales. En effet, chez ces dernières la radicule et la gemmule sont dans le prolongement l'une de l'autre (cas du blé, de l'orge, du maïs, etc.), alors que chez le riz elles forment entre elles un angle de 65° environ. Le bord supérieur du scutellum est rabattu au-dessus de la gemmule. De plus, le lobule est plus grand que chez la plupart des autres céréales et se trouve placé entre les deux organes du germe (pi. VII). A. - L'Embryon au début de la germination Si l'on fait une coupe dans l'embryon deux ou trois jours après le trempage, on constate que la gemmule a commencé par s'allonger, tandis que la radicule reste encore en plac'. La DUONG-HUU-THOI 43 FL.Vlê Coupe /orr^iV. Jfjevr ^sww/twA en Vnr. 'Lu*- voi T>29'<: Va!* 1 i 44 CROISSANCE DE QUELQUES RIZ D'INDOCHINE ET D'iTALIE piléole se développe rapidement pour donner en quelque sorte un fourreau étanche, premier organe de protection de la gem- mule (fig. 5). Ainsi, le trempage déclenche en premier lieu la croissance de la gemmule et cette croissance se poursuit tant que la graine reste sursaturée d'eau, sinon la radicule croît plus vite que la gemmule. Cette adaptation particulière, inconnue chez les autres céréales, serait un des caractères héréditaires et spécifiques du riz. Il semble que la polarisation du courant nu- tritif dans la graine doive être recherchée dans les besoins d'oxygène pour les phénomènes d'oxydation en général et d'eau pour l'hydratation et l'hydrolyse des réserves par les diastases. B. - Différents stades de la germination sur papier filtre Les observations faites sur les variétés étudiées seront don- nées sous forme de vue d'ensemble (voir pi. VII). Les chiffres qui les accompagnent sont des valeurs moyennes. A la fin du trempage, l'embryon de riz se soulève en écar- tant la partie médiane correspondante de la glumelle inférieure. Cet écartement est dû, non à la dissolution de la glumelle par la cytase, comme le croyait F. Angelini, mais simplement à la croissance (augmentation de volume des cellules du germe provoquée par l'eau d'imbibition) et à la multiplication des cellules initiales de la gemmule. 1. Plantule d'un jour. Un jour après le semis la gemmule apparaît seule. Elle me- sure 0,1 à 1 mm., alors que la radicule reste encore invisible. Le lobule déchiré entoure la base de la gemmule. 2. Plantule de 2 jours. Quand la gemmule est sortie, la radicule croit rapidement et finit par atteindre plus du double de la longueur de la pre- mière. Ainsi on aura : gemmule = 3,6 mm. radicule = 7,4 mm. En même temps il apparaît des racines adventives au point d'insertion de la piléole avec la tigelle et des poils absorbants à la base de la radicule. duong-huu-thoi 45 3. Plantule de 3 jours. La tigelle et la radicule atteignent en moyenne respective- ment 16 et 26 mm. La première est pourvue de deux feuilles, dont la piléole, qui est incolore. Les racines apparues s'allon- gent et d'autres ébauches se forment. 4- Plantule de 4 jours. Allongement des différents organes déjà acquis de la jeune plantule. La troisième feuille est visible. C'est la première feuille verte des plants de riz. 5. Plantule de 5 jours. Il y a formation de nouvelles racines adventives et de poils absorbants comme dans le cas du deuxième jour. Mais, cette fois-ci, les poils absorbants apparaissent et gagnent peu à peu le sommet de la radicule qui continue à croître. La troisième feuille et les poils absorbants existants s'allongent. La hauteur totale de la plantule est de 7 cm. environ. 6. Plantule de 6 jours. La troisième feuille- atteint presque sa longueur définitive et possède ses deux parties caractéristiques, la gaine et le limbe. Ce dernier, à lui seul, a une longueur de 3 cm. La quatrième feuille est visible au sommet de la plantule. La hauteur de celle-ci est de 9 cm. environ. Les racines adventives deviennent longues, abondantes. Il en est de même pour les poils absorbants. Ces racines donnent à leur tour d'autres ramifications. 7. Plantule de 7 jours. Ralentissement dans l'accroissement de tous les organes de la plantule. La hauteur de celle-ci est de 9 cm. 50 environ. Ce ralentissement correspond à un épuisement des réserves de l'albumen. En conséquence, le septième jour de la germination marque généralement la fin de cette phase. Par contre, si les semences avaient été mises en terre vers le deuxième jour, la plantule aurait en moyenne 12 cm. 50 de haut au sixième, et 18 cm. au septième jour. La mise en terre est nécessaire pour permettre aux plantules de poursuivre leur croissance dans les conditions favorables du milieu extérieur. 46 CROISSANCE DE QUELQUES RIZ D'iNDOCHINE ET D'ITALIE C. - Différences morphologiques des plantules en ger- mination dans des milieux contenant plus ou moins d'eau A une température donnée, on peut expérimentalement ap- porter certaines modifications dans la morphologie des plan- tules en germination, en faisant varier la quantité d'eau mise eh présence des graines. 1. En milieu contenant beaucoup d'eau. Ce cas a déjà été exposé précédemment (cf. page 36). Ce- pendant on peut noter encore qu'à la température de 30° C. la sortie de la gemmule est en avance sur la radicule, parfois de deux ou trois jours. Même lorsque la radicule atteint une longeur de 3 mm., il y a peu ou pas d'ébauches de poils absor- bants sur elle et sur le lobule. 2. EN MILIEU CONTENANT PEU D'EAU. Les papiers filtre, dans les assiettes qui ont servi pour les expériences, sont humides, mais non surmontés d'une couche d'eau, l'atmosphère de la cloche étant saturée. Dans ces condi- tions les plantules formeront abondamment des poils absor- bants à la base de la radicule et à la surface du lobule. De sorte qu'au bout de deux à trois jours les plantules seront entourées à leur base par une collerette de poils absorbants. L'épiderne externe du lobule acquiert donc une propriété remarquable, c'est de pouvoir produire, si les conditions l'exigent, des poils abondants, afin de suppléer aux racines proprement dites de la plantule. La surface absorbante de celle-ci est ainsi augmentée. En conséquence, dans la germination, il est important de préciser les degrés d'humidité du milieu de culture et même de l'atmosphère où les plantules ont poussé. Il est possible d'obtenir, pendant la phase de la germination, non seulement des modifications morphologiques des organes du germe et de 1'épiderme du lobule, mais encore toute une série continue de rapports entre la longueur de la gemmule et de la radicule (L /Lj, en faisant varier la quantité d'eau mise à la disposi- tion des graines. Pendant toute la durée de l'expérience, ce rap- port peut être plus grand ou plus petit que l'unité, d'où trois cas : 1°) L„./L. plus petit que l'unité : germ. dans l'eau ; DUONG-HUU-THOI 47 2°) L /L r plus grand que l'unité : germ. dans un milieu sous-saturé ; 3°) Lg/L r égal à l'unité : cas intermédiaire. Ce dernier cas est difficile à réaliser ; il suffit, en effet, d'un peu plus ou d'un peu moins d'eau pour que la germination se rapporte alors à l'une des deux premières éventualités. V — COMPORTEMENTS DIFFERENTIELS DES RIZ D'INDOCHINE ET DES RIZ D'ITALIE EN GERMINATION C'est en étudiant l'influence des différents facteurs externes sur la germination en terre des semences de riz que nous avons pu établir les différences dans les comportements des riz d'Italie et d'Indochine. Cela proviendrait des différences dans le sens des adaptations où elles ont été orientées. Nous donnerons briè- vement ici les résultats de nos observations. A. - Dans la zone de T° minimum Ce n'est qu'à une température inférieure à l'optimum, et plus près du minimum, que l'on peut constater des différences dans l'énergie germinative des deux lots de riz. A basse température (par exemple 15° C), les variétés italiennes germent avant celles d'Indochine. Pendant la période de croissance, les plantules des variétés indochinoises dégénèrent, si la température extérieure se main- tient au-dessous de 20°. Elles poussent jusqu'à la sixième ou la dixième feuille et meurent ensuite, même si on leur apporte une bonne solution nutritive, mise au point spécialement oour le riz par MM. Espino et Palisoc en 1931 (1). (1) Solution cI'Espino et Palisoc : PO'H 2 K 1 S0 4 (NH*) 1 (NO s ) 2 Ca 1 SO*Mg ., 32 avec une concentration totale de 0,00875 g/mol. par litre de tous les sels. 48 CROISSANCE DE QUELQUES RIZ D'INDOCHINE ET D'ITALIE Par contre, les variétés italiennes résistent aux températures un peu inférieures à celles du minimum, même si elles sont placées dans des endroits qui ne reçoivent que quatre ou cinq heures de soleil par jour. B. - Dans la zone de T° optimum Dans cette zone, toutes les variétés croissent presque unifor- mément. Les différences entre les riz des deux origines en ques- tion sont moins nettes, surtout si les autres conditions sont bonnes et, en particulier, si l'eau ne manque pas dans les pots de différents lots. En général les riz de provenance de la Cochinchine deman- dent des terrains submergés. Leurs plantules se dessèchent au soleil rapidement, lorsqu'il y a manque d'eau. Leur résistance à la chaleur et à la sécheresse est faible, plus faible que celle des riz d'Italie. D'ailleurs, on peut noter que ces derniers sont sou- vent cultivés dans des terrains secs, temporairement irrigués, mais non submergés en permanence. Il en résulte que pendant les chaudes journées une intense circulation d'eau dans la plante est nécessaire, en relation, au reste, avec le degré hygro- métrique de l'atmosphère. De là, une propriété corrélative, à savoir la présence d'abondants stomates sur tout l'appareil végéta- tif de la plante et, en particulier, à la face externe des différents organes. C. - Dans la zone de T° maximum Les variétés à culture irriguée supportent très mal les fortes températures, si la terre des pots est desséchée. C'est pourquoi les variétés à culture sèche conviennent mieux aux terrains élevés ou non inondés. Elles seraient donc adaptées à lutter contre les fortes chaleurs, en présentant moins de stomates. Ceux-ci sont relativement plus petits que ceux des riz irrigués. C'est le cas de certains riz du Piémont. 49 Résumé général /. — BIOMETRIE A la différence du blé, la croissance d'un chaume florifère de riz cultivé se fait, non en deux étapes, mais en trois étapes. La première correspond à la formation des feuilles juvéniles, la deuxième à la crise du repiquage (phase préparatoire) et la troi- sième à la phase active. Les deux premières de ces étapes forment dans l'ensemble un rhizome vertical, mais sont séparées par un entre-nœud de 5 à 6 cm. Dans ces diverses étapes la gradation biométrique des entre-nœuds vérifie la relation de M. Prat : Y = An k , A et k étant différents dans chacune d'elles. Mais, dans la dernière phase, ces deux constantes sont sensiblement les mêmes pour les variétés de riz à culture irriguée, bien que ces dernières soient prélevées dans des localités différentes. La courbe représentative en coordonnées logarithmiques des deux dernières étapes est caractérisée par un point d'inflexion, qui sépare ainsi deux segments de droite de pentes différentes. //. TOPOGRAPHIE EPIDERMIQUE Les feuilles juvéniles, comme les feuilles adultes de riz, pré- sentent déjà une topographie épidermique remarquablement sta- ble. La distribution des éléments épidermiques y est la même, sauf la présence, dans la partie basale de leur gaine, des zones particulières de cellules en pleine croissance et la densité des élé- ments épidermiques différenciés, plus forte chez les feuilles adul- tes. Les épidémies externes de l'appareil végétatif du riz sont du type le plus évolué SZL 3 ; par suite la gradation épidermique est une gradation forte. Un autre caractère remarquable de l'épidémie de la feuille de riz est la présence d'une zone de raccord gaine- limbe limitée, de part et d'autre, par une ligne ondulée. Le riz possède en outre les caractères épidermiques généraux de la sous-famille des Panicoïdées, à savoir la présence de poils B„ P, de stomates losangiques et de couples silico-subéreux de forme spécifique S 6 Z sur les nervures. 50 CROISSANCE DE QUELQUES RIZ D'iNDOCHINE ET D'ITALIE L'examen de la topographie épidermique des feuilles de riz permet de constater certaines modifications histologiques de la plante en fonction du milieu, notamment la formation d'abon- dants stomates au sommet de la piléole et dans les bandes situées entre les nervures des feuilles de riz à culture irriguée. III. — CONDITIONS DE GERMINATION Les bonnes semences de riz ne peuvent germer vigoureuse- ment que dans certaines conditions extérieures précises. Il faut d'abord les désinfecter, les tremper dans Veau pendant un jour à la température de 30° C et ensuite les faire germer dans un mi- lieu aéré, bien qu'elles soient capables de résister sans dommage à l'asphyxie pendant deux ou trois jours. Elles poussent leur ti- gelle, soit avant, soit après la radicule, selon qu'on s'adresse à un milieu saturé ou sous-saturé d'eau ; de ce fait, la polarisation du courant nutritif dans l'embryon serait fonction de la quantité d'eau. La germination doit se faire entre certaines limites de température (min. 12°, optim. 31°, max. 40° C). Pendant les mois chauds le pouvoir germinatif des graines diminue grandement, à mesure que la profondeur des semis augmente. Si on raccourcit expérimentalement la durée journalière de l'éclairement, on peut allonger le cycle végétatif du riz et réduire aussi la hauteur du chaume à moins de la moitié de la hauteur normale. Par ailleurs le traitement des semences de riz par des stimu- lants ou hormones de croissance peut donner des résultats po- sitifs, si les doses des substances employées sont suffisamment faibles. IV. — MORPHOLOGIE DES PLANTULES Dans l'embryon de riz la gemmule forme avec la radicule un angle d'environ 65°, alors que, chez la plupart des autres céréales, ces deux organes sont dans le prolongement l'un de l'autre. Quand les organes de l'embryon sont sortis, et si les graines sont en milieu relativement sec, V èpiderme du lobule émet des poils absorbants et augmente ainsi la surface d'absorption du système radiculaire. Si, pendant toute la phase de germination, on établit les rap- ports de la longueur de la gemmule sur la longueur de la radicule, on pourra déduire tout de suite que le milieu où les plantules ont poussé est sur-saturé ou sous-saturé d'eau. On voit combien la DUONG-HUU-THOI 51 croissance des organes d'une jeune plantule est liée à la quan- tité d'eau mise en présence. Au point de vue germinatif, la différence entre les riz d'Italie et de la Cochinchine se fait sentir à basse température. A 15° C, par exemple, les variétés italiennes germent avant celles de la Cochinchine et les premières peuvent s'accroître alors que les dernières dégénèrent. Dans la zone optimum, ou maximum, de température, les variétés de riz cochinchinois demandent néces- sairement un terrain submergé ; elles supportent très mal la sé- cheresse de l'air. 52 Conclusion Nous avons étudié, dans ce bref aperçu, certaines variétés d'Oryza satiua L. qui est l'une des espèces végétales les plus cultivées et les plus riches en variétés botaniques. Nous avons pu constater qu'il y a, entre les variétés étudiées, une homo- généité au point de vue èpidermique, anatomique, biométrique et biologique. De sorte que l'emploi des caractères épidermiques se- rait un complément utile à tout systématicien moderne pour dis- tinguer l'espèce ORYZA SATIVA L. des autres espèces du genre. L'étude topographique de l'épidémie de riz permettra de vérifier si les diverses classifications, basées jusqu'à ce jour sur des ca- ractères morphologiques, physiologiques et biologiques, sont pleinement justifiées. Elle pourra en outre révéler des distinc- tions spécifiques des genres et apporter des éléments nouveaux pour édifier une classification définitive. Si la topographie èpidermique a jusqu'ici un intérêt en sys- tématique, elle sera probablement une étude féconde pour les in- dustries du papier. En effet, dans la fabrication d'Une bonne pâte à papier, on pourrait utiliser certaines Graminées pourvues de nombreuses fibres, mais contenant peu de cellules siliceuses, comme c'est le cas de certaines variétés de riz examinées ici. L'étude de la germination du riz nous montre que la culture de cette plante exige une certaine connaissance approfondie de sa physiologie et de sa biologie. Puis elle nous permet de déduire que les variétés indochinoises à culture irriguée ne conviennent pas aux climats de Provence. Dans ce pays les précipitations sont rares, l'atmosphère est sèche et le mistral devient le principal facteur défavorable à sa culture. Tout cela contribue à empêcher une culture intensive de cette plante dans la région particulière- ment salée de la Camargue. Par contre, la culture du riz devient une culture améliorante par excellence, à cause du désalement des terrains par les eaux d'irrigation. 53 INDEX BIBLIOGRAPHIQUE Adair (C. R.). 1936. — Studies on growth in rice. Journal of American Society of Agronomy, Geneva (U. S. A.), vol. 28, p. 500-514 (d'après Riz et Rizicult., vol. 11, p. 27-28, 1937). Angelini (F.). 1938. — // riso. Roma, Anno XIV E. F. Anonyme. 1938. — The stimulation of Root in Cuttings by Synthetic Growth promoting substances. East African. Journ., III, p. 459- 463 (d'après Riz et Rizicult. t. 18, p. 649, 1938). 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Face externe de ta feuille 12 a) Gaine 12 b) Raccord gaine-limbe 15 c) Limbe* 15 4. Face interne de la feuille 18 a) Gaine 18 b) Ligule 18 c) Limbe • 19 5. Glumes 20 6. Glumelles ■ 22 B. Variété Lua-Voi 22 1. Entre-nœuds 22 > 2. Faux-nœuds 23 3. Face externe de' la feuille 23 a) Gaine 23 b) Raccord gaine-limbe 23 c) Limbe 23 CHAPITRE TROISIEME- — STRUCTURE ANATOMIQUE ET HISTOLOGIQUE DES FEUILLES JUVENILES DE RIZ (ORYZA SA- TIVA L.) 25 L- Préfeuille ou Piléole 25 IL - Deuxième Feuille 2fi A. Gaine - u B. Raccord gaine-limbe 26 C. Limbe 26 60 Croissance de quelques riz d'indochine et d'italie III. - Troisième Feuille 27 A- Gaine , 27 B. Ligule 27 C. Auricules 27 D. Rapport gaine-limbe 29 E. Limbe 29 CHAPITRE QUATRIEME. — CONDITIONS GENERALES DE LA GERMINATION • 31 I. - Technique 31 IL - Influence des facteurs internes 32 III. - Influence des facteurs externes 33 A. Nécessité de désinfecter les semences 33 B. Trempage des graines, phase d'imbibition .... 34 C- Importance de l'oxygène 34 D. Résistance à l'asphyxie 35 E. Influence de l'épaisseur de l'eau 37 F. Influence de la température 38 G. Influence de la. profondeur des semis 39 H. Influence de la lumière 40 I. Influence des stimulants 41 IV. - Morphologie des plantules de riz en germination . . 42 A. L'embryon au début de la germination 42 B. Différents stages de la germination sur papier filtre 44 C- Différences morphologiques des plantules en germination dans des milieux contenant plus ou moins d'eau 46 V. - Comportements différentiels des riz d'indochine ET DES RIZ D'ITALIE EN GERMINATION 47 A. Dans la zone de T° minimum 47 B. Dans la zone de T° optimum 48 C. Dans la zone de T° maximum 48 RESUME GENERAL 49 I. - Biométrie 49 II. - Topographie épidermique 50 III. - Conditions de germination 50 IV. - Morphologie des plantules 50 CONCLUSION 52 INDEX BIBLIOGRAPHIQUE '. 53 TABLE DES MATIERES 59 ANNALES DU MUSÉE COLONIAL DE MARSEILLE Fondées en 1893 par Edouard Heckel dirigées par le D r Pierre CHOUX Professeur à la Faculté des Sciences Directeur du Musée Colonial de Marseille Cinquantième année, 5° série, 10 e volume (1942) PREMIER ET DERNIER FASCICULE LES SALACIA ET LES HIPPOCRATEA DE MADAGASCAR ET DES COMORES REVISION ET BIOLOGIE par M. PERRIER DE LA BATHIE -♦—=©•6^ FACULTE DES SCIENCES DE MARSEILLE MUSEE COLONIAL PLACE VICTOR- HUGO J942. SOMMAIRES des plus récents Volumes .les Annales du Musée Colonial de Marseille 1931 1 er Fascicule. — H. Jumelle : Catalogue descriptif des collections bota- niques du Musée colonial de Marseille : Indochine (2 e partie). 2 me et dernier Fascicule. ■ — H. Jumelle : Plantes du Soudan français récoltées par le lieutenant Boëry. 19S2 1 er Fascicule. — F. Guichard el C. Aubert : Contribution à l'étude de la décoloration des huiles de palme (en deux mé- moires). 2"' e Fascicule. — Pierre Choux : Deux Àsclépiadées cactiformes de 3Iadagascar. 31.1e p aS cicule. — Jean Motte : Le Konnyaku du Japon. 1938 1 er Fascicule. — H. Jumelle : Nouveaux Palmiers de Madagascar. 2" >e Fascicule. — J. Motte : Les Aleurites à huiles de bois. 3 me Fascicule. — H. Jumelle : Nouvelles observations sur quelques Palmiers malgaches. 4 me Fascicule. — H. Jumelle : Caféiers sauvages de Madagascar. L. Gaefier : L'anatomie des feuilles des caféiers sau- vages de Madagascar. Mlle J. Rossi : Etudes chimiques sur des cafés de Madagascar. 1934 1 er Fascicule. — H. Jumelle : Catalogue descriptif des Collections botaniques du Musée colonial de Marseille : Oléa- gineux de l'Afrique Equatoriale Française. 2 m9 ter. ; forêt de Lokobe, Perrier, 4593) et sur la Grande-Terre (base du massif de Manon- garivo, Perrier, 5948 ; environs de Maromandia, Decary, 1646 et 2225). Ses feuilles, variables comme d'habitude, et assez longue- ment (8-15 mm.) pétiolées, sont grandes (6-13,5 X 2,5-5-5. jus- qu'à 19 X 8 cm) et coriaces, souvent arrondies à la base et pres- que toujours acuminées au sommet. Les fleurs, à pédicelles grê- les et de 5-12 mm. de long, sont plus petites que d'ordinaire (6-8 mm. de diam.). Sur un spécimen {Perrier, 5948) on remarque quelques feuilles aussi dentées que sur la sous-espèce dentata avec d'autres feuilles à dentés obsolètes ou nulles. D'autres exemplai- res (Boivin, 2169 ter.) ont été décrits comme espèce distincte s.ms le nom de S. trigonocarpa (2), parce que leur fruit allongé, atté- (1) Les feuilles du Genipa Rutenbergiana Bn. sont, par exemple, dans le Sambirano, 3-4 fois plus grandes que dans le domaine occidental. (2) Salacia trigonocarpa Tul. in Ann. Se. Nat., sér. I, VIII (1858), 96. 14 H. PERRIER DE LA RATHIE nué en bas en stipe, épais, court et trigone et atténué-aigu au som- met, est muni de 3 carènes plus ou moins régulières et saillan- tes. Mais cette forme des fruits est loin d'être constante ; sur d'au- tres spécimens de Nossibé (Perrier, 4593 et 5948) les fruits, éga- lement allongés ou subpiriformes, sont, sur le même pied, arron- dis ou à carènes plus ou moins manifestes, ces carènes dispa- raissant d'ailleurs sur le fruit mûr ; en outre nous avons déjà si- gnalé des formes de fruits analogues sur la sous-espèce dentata et sur un exemplaire de la forme typique provenant de l'île Ste- Marie ; enfin nous aurons plus loin l'occasion d'en observer de semblables sur une forme à petites feuilles des montagnes du S.-W. (Humbert 12.640 et 13.836). Pour ces raisons nous ne pou- vons admettre l'espèce de Tulasne que comme fa trigonoeai-pa, forme d'ailleurs surtout reconnaissable à son ample feuillage. La forme des sols plus stériles, commune à Nossibé (Pervillé, 338 et 500 ; Boivin, 2.169 et 2.169 bis ; Hildebrandt 3.287), a les feuilles oblongues-acuminées des exemplaires du littoral oriental, plus variables peut-être encore en tant que dimensions (6 X 2,2 à 11,5 X 4,6 cm.) et n'en diffère en somme, comme la forme précé- dente, que par quelques caractères de ses fleurs. Certains des spécimens de Nossibé (Boivin, 2.169 bis ; Per- villé, 338) ont été distingués par Boivin et Tulasne comme var. brevipes, (1) parce que leurs feuilles ont des pétioles souvent plus courts (2-5 mm.) que d'ordinaire, caractère sans constance que l'on observe sur les rameaux inférieurs d'individus croissant dans des lieux ensoleillés, dont les rameaux supérieurs portent d'ail- leurs des feuilles à pétiole plus long. Pour ne pas compliquer la nomenclature nous conserverons pourtant ce nom (fa brevipes) pour désigner cette forme des lieux arides de Nossibé. Ces deux formes du Domaine du Sambirano (fa trigono- carpa et fa brevipes) ont quelques caractères communs qui les distinguent de toutes les autres formes du S. madagascariensis : des pédicelles plus grêles, des fleurs plus petites (6-8 mm. diam.) et des pétales un peu plus longs, réfléchis à l'anthèse au lieu d'être étalés. Ces caractères ont peu d'importance, mais ce ne sont pas de simples accommodats. Ils paraissent intermédiaires entre S. madagascariensis et S. floribunda ; ils sont communs à (1) S. Calypso DC. var. brevipes Boivin, ex Tul. in Ann. Se. Nat, VIII (1858), 95. LES SALACIA ET LES HIPPOCRATEA DE MADAGASCAR 15 tous les exemplaires provenant de ce Domaine et à ceux-ci seu- lement ; et ces raisons nous paraissent suffisantes pour distin- guer l'ensemble de ces deux formes, en tant que race géographi- que à aire bien définie, sous le nom de s. sp. sambiranensis. Domaine occidental au s. du sambirano et montagnes du s. w. — En descendant vers le Sud on retrouve dans le Boina (bassin du Bemarivo, Perrier, 5.960, 5.97.3 et 5.972 ; bassin de l'Ikopa, Perrier, 377, 757, 766), dans l'Ambongo (Perrier, 7Ô7 bis et 757 ter) et à Morondava (Grevé, 25), S. madagascariensis avec des fleurs semblables à celles des exemplaires de l'Est et du Nord et des feuilles variables comme d'ordinaire, à pétiole court (2-5 mm.) ou plus long (5-10 mm.), à limbe plus ou moins étroit 11,3 X 4,7 cm.), atténué-obtus ou plus ou moins longuement acu- miné au sommet ; ces feuilles, plus ou moins grandes selon l'humidité ou la sécheresse de la station, présentent en outre une tendance manifeste à diminuer de grandeur en allant vers le Sud. Plus au Sud, S. madagascariensis n'existe pas dans le Do- maine subdésertique du S. W., mais on retrouve cette espèce sur les basses montagnes qui délimitent à l'Est ce Domaine. Sili- ces montagnes, dans les stations plus humides, entre les bassins du Fiherenana et du Mangoky (Humbert, 11.230) ou sur le Mt. Apiky, au-dessus de Mahavava, dans le bassin de réception de la Manara (Humbert, 13.836), les feuilles sont très semblables à celles qu'on observe dans les lieux arides de l'Ambongo et du Boina, mais dans les stations plus sèches, par exemple dans le bassin de réception de la Manara, affluent du Mandrare, au Tsa- ravava (Humbert, 14.046) et sur les pentes W. des montagnes en- tre l'Andohahela et l'Elakelaka (Humbert, 13.753), où, avec des feuilles assez grandes (4,5 X 18 à 9 X 2,6 cm.), des rameaux en portent d'autres beaucoup plus petits (3 X 0,7 à 4,3 X 1>2 cm.), et surtout dans la vallée moyenne du Mandrare, près d'Anadabolava (Humbert, 12640 et 12.657), où, toutes les feuilles étant petites (3 X 0,8 à 5 X 2 cm.), on atteint le point extrême des transforma- tions successives que nous décrivonsici. Cette forme ultime, que nous nommerons fa minimifolia, croît là au voisinage du Bush à xérophytes du Sud-Ouest- dans lequel elle ne pénètre pas. Ses fleurs sont celles du type, les pédicelles sont très courts (2-4 mm.) et les fruits, irrégulièrement sphériques ou obovales, sont par- fois munis de trois costules plus ou moins saillantes, comme sur fa. trigonocarpa. 16 H. PERRIER DE LA RATHIE En résumé, comme beaucoup de plantes malgaches de dis- tribution analogue, c'est-à-dire répandue sur plusieurs des cli- mats si divers de la Grande-Ile, S. madagascariensis modifie son feuillage selon les conditions des milieux que cette espèce a été appelée à coloniser successivement au cours de son extension. Petites et larges aux extrémités S.-E. et N. de l'Ile, régions relativement sèches et très ventilées, plus grandes sur le littoral oriental, plus amples encore dans le Domaine du Sambirano, ses feuilles deviennent plus étroites et de plus en plus petites en descendant vers le S. W., au fur et à mesure que la sécheresse s'accroît. L'espèce s'est ainsi progressivement adaptée à des mi- lieux différents, mais les caractères acquis au cours de ces chan- gements d'habitat ne sont pas tous accommodatifs. Même parmi les caractères des feuilles, il est bien difficile d'admettre comme tel l'absence constante d'acumen qui caractérise la forme obovata du N. de l'Ile. Les grosses dents du limbe foliaire et la forme des fruits, souvent piriformes ou stipités, de la sous-espèce dentata. la petitesse des fleurs de la sous-espèce sambiranensis et les fruits allongés et tétragones de la forme tetragonocarpa de cette dernière ne sont pas, en tout cas, des caractères de cet ordre. Comme ces caractères se montrent parfois, pour la plupart, sur d'autres variétés de l'espèce croissant dans des conditions diffé- rentes, on peut objecter que ces caractères, latents dans le type, n'apparaissent que par hasard et que les changements de milieu ne sont pour rien dans leur apparition. Mais, même s'il en est ainsi, il n'en est pas moins vrai que c'est au cours de ces chan- gements qu'ils ont apparus, qu'ils se sont stabilisés dans cer- taines conditions et qu'ils y sont devenus héréditaires, car leur hérédité est établie nettement par leur fréquence, leur dominance dans une aire nettement délimitée. L'étude des variations de S. madagascariensis est surtout in- téressante parce qu'elle nous fait assister pour ainsi dire au pre- mier stade de ce processus de la différenciation des espèces que nous avons appelé la migration évolutive (1), c'est-à-dire la fa- culté que possèdent certains types végétaux — et que tous ont sans doute possédée à un moment de leur histoire — d'essaimer, dans chaque nouveau milieu qu'ils colonisent, une forme ou une (1) H. PERRIER DE LA BATHIE, Brcxiées de Madagascar in Bull. Soc. Bot. F/-., LXXX (1933), pp. 211-214 ; ibid, Les Pachy podium de Madag., Ioc. cit., LXXXI (1934), pp. 312-318. LES SALACIA ET LES HIPPOCRATEA DE MADAGASCAR 17 espèce nouvelle. S. madagascariensis, au cours de son extension dans la Grande-Ile, n'a émis seulement que des formes accommo- datives et deux ou trois sous-espèces encore mal différenciées, mais qui n'en sont pas moins des ébauches d'espèces nouvelles. Le genre Hippocratea, dont nous étudions plus loin les variations, nous fournira un exemple d'un stade plus avancé de différencia- tion, celui où un type d'extension analogue est déjà divisé en plu- sieurs espèces nettement distinctes, ayant chacune une aire et un habitat propres. Le synopsis suivant résume les caractères distinctifs du S. madagascariensis typique, de ses sous-espèces et de ses principa- les formes. A. Fleurs de 9-10 mm. de diamètre à l'anthèse, à pétales étalés, presque orbiculaires ; feuilles variables, de 5-10 cm. de long, nor- malement acuminées en pointe mousse, à dents marginales petites et obsolètes, sur- tout visibles sur les feuilles jeunes, parais- sant souvent nulles sur les feuilles ancien- nes ; fruit en général irrégulièrement glo- buleux S. MADAGASCARIENSIS TYPICA a. Feuilles souvent obovales, toujours sans acumen au sommet, souvent pe- tites (Nord) Fa. obovata b. Feuilles petites, en général de moins de 5 cm. de long, le plus souvent acu- minées au sommet ; pétioles et pédi- celles souvent très courts (2-4 mm.) (Montagnes du S. W.) Fa. minimifolia c. Feuilles bordées presque toutes de dents saillantes et bien visibles ; fruits souvent piriformes ou grosse- ment stipités (hauts bassins du Ria- nila et du Mangoro) S. sp. dentata B. Fleurs plus petites (6-8 mm. diam.), à pé- tales plus allongés, réfléchis à l'anthèse (Sambirano et Nossibé) S. sp. sambiraxensis a. Feuilles amples, de 8-14 cm. de long atteignant parfois jusqu'à 20 cm. à pétio'e de 8-15 mm. ; fruit allongé, souvent trigone ou presque trigone (Sambirano et Nossibé) Fa. trigonocarpa b. Feuilles moins grandes, à pétiole souvent beaucoup plus court ; fruit irrégulièrement globuleux (Nossibé) Fa. brevipes 18 CHAPITRE II LES HIPPOCRATEA L A. BIOLOGIE ET VARIATIONS Le genre Hippocratea n'est représenté dans la région malga- che qu'à Madagascar. Sur la Grande-Ile ses représentants sont disséminés du littoral à 1.600 m. d'altitude, mais surtout sur les parties les moins arrosées, le versant occidental et le Domaine subdésertique du S.-W. Ils manquent par contre sur la partie la plus humide, le Domaine oriental, sauf à l'extrémité Sud de ce Domaine, déjà plus sèche. Plus xérophiles que les Salaria, les Hippocratea persistent aussi plus longtemps dans les lieux dénudés sous forme d'arbus- tes à rameaux plus ou moins dressés ou sarmenteu.v, rejets plus ou moins durables d'une souche rongée périodiquement par les feux de prairie. Ce sont aussi plus nettement des lianes. Ils n'ont jamais ce port de petit arbre que prennent parfois les Salaria sous le couvert d'une haute futaie. Pourtant, comme eux. ils ne peu- vent émettre ces tiges cirrhiformes, simples, grêles et très lon- gues, qui ne s'enroulent que de loin en loin autour des supports que leur extrémité rencontre, que du collet ou des entre-nœuds inférieurs, c'est-à-dire seulement au stade de jeunesse ou lorsque ces lianes ont été coupées ou rasées par les flammes. Dans les conditions naturelles, c'est-à-dire dans les forêts, ces lianes fleurissent ordinairement au début de la saison chaude, de septembre à décembre, et leurs fruits viennent à maturité au cours de la saison sèche suivante. Mais dans les lieux découverts. où ces plantes vivent dans des conditions anormales, elles ne por- tent de fleurs qu'à des dates très irrégulières et ne fructifient que très rarement. Cette rareté des fruits dans les stations dénudées est, au moins pour une part, une conséquence de l'irrégularité de la floraison qui ne coïncide pas ainsi toujours avec la période LES SALACIA ET LES HIPPOCRATEA DE MADAGASCAR 1*1 de grande activité des insectes, qui, au cours de cette période, vi- sitent assez abondamment ces fleurs, bien que petites, ternes et sans éclat, aidant ainsi certainement à leur fécondation. I fleurs présentent d'ailleurs sur certaines des espèces malgaches quelques dispositifs favorables à la fécondation croisée (fleurs aé- térostylées ; fleurs unisexuées mêlées à des fleurs hermaphro- dites) et, par suite, il n'est pas impossible que quelques-unes «les formes ou des variétés décrites plus loin soient d'origine hybride. Bien que pourvues d'une aile bien développée, les graines des Hippocratea, quelle que soit la violence des vents, ne sont jamais emportées bien loin de la liane qui les a produites. Ces graines, assez pesantes et de germination difficile, se comportent d'ailleurs en tout comme celles des espèces essentiellement silvicoles et ne germent que sous un couvert et dans l'humus. Dans la prairie et les lieux découverts, où les rejets de souche brûlée ne fructifient d'ailleurs que rarement, nous n'avons jamais observé de jeunes plantules ou de graines en voie de germination. En somme l'ex- tension de ces plantes, comme celle de la grande majorité des espèces ligneuses malgaches, ne peut se faire que très lentement et seulement dans un milieu silvestre. Pour de tels végétaux un espace dénudé, sans végétation arborescente, constitue une bar- rière infranchissable. Les fleurs sont peu variables et leurs caractères sont les plus constants et les plus sûrs, ceux qui permettent le mieux de dis- tinguer les espèces du genre. Les carpelles le sont davantage, car ils sont parfois plus ou moins étroits ou larges, atténués ou ob- cordés au sommet et de dimensions variables sur les différents ra- meaux d'une de ces lianes ou même sur un seul de ses rameaux. Les cymes, ordinairement axillaires, sont parfois groupées par 2-3 au sommet des rameaux, ou, sur les rejets longs et volubiles, en longue grappe de 2-5 paires de cymes opposées. Mais la va- riabilité de ces différents organes n'est rien en comparaison de celle des feuilles de ces Hippocratea. Sur ces plantes, en effet, Vhétéromorphisme des feuilles esl bien plus accusé que sur les Salaeia. Dans les lieux découverts. prairies, rocailles ou collines arides, les feuilles des rejets cirrhi- formes sont très variables de forme et de dimensions et différen- tes de celles que portent dans les mêmes lieux les rameaux plus courts et ramifiés. Dans les forêts les feuilles des rameaux infé- rieurs, développées à l'ombre, ne sont également pas semblables à celles des rameaux supérieurs étalés à la grande lumière au 20 H. PERRIER DE LA RATHIE sommet des arbres ou des arbustes. En outre, il est fréquent d'observer sur ces différents rameaux des différences très appa- rentes entre les feuilles des nœuds inférieurs et celles des nœuds supérieurs, ces feuilles s'étant développé dans des conditions dif- férentes, les plus inférieures à la fin de la saison sèche, les supé- rieures pendant les grandes pluies de l'hivernage. Enfin l'appa- rence de la nervation et des dents marginales du limbe n'est pas identique sur les feuilles nouvelles et les feuilles anciennes, qui sont plus coriaces, dont les bords sont récurvés et dont les dents et la nervation sont par suite plus effacées, moins visibles. Ces feuilles sont plus ou moins caduques ou plus ou moins persistantes selon les espèces, mais ce caractère non plus n'est pas constant et présente des irrégularités qui ne sont pas sans intérêt. Ainsi les espèces des régions très sèches n'ont pas tou- jours des feuilles caduques, comme on serait tenté de le suppo- ser, et il arrive qu'une espèce, à feuilles caduques dans une ré- gion donnée, ait ailleurs les feuilles persistantes. Dans les Domai- nes plus ou moins humides de l'Est, du Sambirano et du Cen- tre, c'est-à-dire dans les forêts sclérophylles, les feuilles des Hip- pocratea sont ordinairement persistantes. Elles sont caduques au contraire dans les forêts tropophiles, c'est-à-dire dans le Do- maine occidental, région où les deux saisons, sèche et humide, sont très tranchées et où les Citrus introduits eux-mêmes per- dent souvent leurs feuilles. Ceci est normal, mais on est surpris de retrouver dans le Domaine subdésertique du Sud-Ouest des Hippocratea qui ont de nouveau des feuilles persistantes, anoma- lie apparente qu'explique pourtant le climat spécial de cette ré- gion, ses pluies rares et irrégulières, mais survenant en toutes saisons, et les rosées abondantes qui y compensent l'absence de précipitations. Ces plantes sont donc très sensibles aux variations climaté- riques. Elles en traduisent, en enregistrent pour ainsi dire, avec plus de fidélité que nos instruments météorologiques, les moin- dres nuances, les moindres modifications, non seulement par les formes différentes des feuilles d'un même rameau, des accom- modats, des races plus ou moins adaptées, mais aussi, comme nous le verrons plus loin, en étudiant la distribution des espèces du genre, par des espèces nettement distinctes, filles du temps sans doute, mais filles aussi du milieu. LES SALACIA ET LES HIPPOCRATEA DE MADAGASCAR 21 B. — CARACTERES GENERAUX DES HIPPOCRATE \ DE MADAGASCAR Les Hippocratca de Madagascar se distinguent très facile- ment des Salaria par leurs inflorescences en cymes et leur fruit à 3 carpelles secs, très comprimés, samaroïdes, déhiscents en 2 valves latérales et leurs graines pourvues d'une grande aile infé- rieure. Leurs feuilles sont toujours opposées avec de très petites stipules caduques, à peine visibles sur les pousses nouvelles. L^s anthères, sur toutes nos espèces, sont toujours presque carrées. 4-sinuées, à 4 logettes et à 2 loges déhiscentes à la fin par une seule fente transversale. Les graines, toujours sans albumen, sont insérées au fond de la loge par la base de l'aile, au milieu de la- quelle on voit nettement le raphé qui la traverse du haut en bas. Enfin l'embryon est constitué par 2 gros cotylédons charnus, li- bres et distincts sur quelques espèces, unis au contraire en une seule masse compacte sur les autres. Ce type générique, au cours de son extension sur la Grande- Ile, a atteint un stade de différenciation beaucoup plus avancé que le type Salaria. Sur les aires que ces deux types ont colonisées, aires presque superposables et d'étendue analogue, où le dernier n'a engendré que quelques formes inconstantes, le genre Hippo- cratea est représenté, en effet par 9 espèces, affines il est vrai, mais déjà scindées en deux groupes distincts, le premier- qui comprend 3 espèces, caractérisé par ses fleurs à pétales ascen- dants à l'anthèse, ce qui leur donne une forme urcéolée, le se- cond, qui comprend les 6 autres, par ses fleurs rotacées, à péta- les étalés à l'anthèse (1). La variabilité de ces espèces est si grande que nous avons dû renoncer à les décrire d'après un seul spécimen type. Ce pro- cédé n'aboutirait ici qu'à créer des espèces inexistantes ou qu'il ne serait pas possible de reconnaître ou de distinguer. Aussi les descriptions qui suivent ne sont-elles pas basées sur les ca- ractères d'un seul spécimen plus ou moins complet, mais sili- ceux d'un phénotype, c'est-à-dire sur les caractères généraux que présente constamment l'espèce à ses différents stades de déve- veloppement et dans différentes conditions. (1) Ce caractère, très net sur le vif, ou sur les fleurs ramollies à l'eau chaude, l'est parfois moins sur les fleurs sèches et plus ou moins comprimées en herbier. 22 H. PERRIER DE LA BATHIE Sur tous ces Hippocratea, l'écorce des rameaux est souvent couverte de petites lenticelles, par place, sur un même rameau, très nombreuses ou rares ou nulles. Les stipules sont très pe- tites, souvent rougeâtres, promptement caduques, visibles seu- lement sur les jeunes pousses ; les pétioles généralement assez courts (2-10 mm.) ; les feuilles très variables, soit sur un seul rameau, soit sur les différentes parties d'un individu ou à ses différents stades de végétation ; les eûmes toujours pédonculées et plusieurs fois ramifiées-dichotomes, axillaires le plus souvent' parfois aussi terminales et rapprochées par 2 ou 3, ou encore, sur les rejets volubiles, groupées par 2-6 paires en grappe de cymes opposées et distantes ; les bractées écailleuses et petites ; les pédicelles très courts ; le disque bas et souvent annulaire ; les filets staminaux plus ou moins élargis à la base, qui adhère plus ou moins à l'ovaire et au disque ; les fruits à 3 carpelles comprimés, plus ou moins striés, de forme et de dimensions va- riables ; les graines à aile plus longue et plus large que la graine propre, à raphé, bien visible au milieu de l'aile, prolongé jusqu'à la base de l'aile, point (hile) où la graine est insérée dans la loge, et à petite radicule infère formant une saillie conique à la base de l'embryon. Pour alléger les descriptions qui suivent, ces caractères généraux ne seront point répétés. Les caractères qui permettent de distinguer ces espèces, bien moins nombreux, sont surtout : Vabsence ou la présence de poils sur les jeunes pousses ou les cymes ; la longueur relative de l'in- florescence et de la feuille axillante ; les dimensions des fleurs et des pétales à Vanthèse ; le nombre d'ovules dans les loges de l'ovaire ; et, plus rarement, la nervation des feuilles ; leur colo- ration et celle des cymes en herbier ; la concrescence complète des deux cotylédons ou leur séparation ; et enfin la distribution géographique qui, dans certains cas, lorsque la plupart de ces caractères distinctifs manquent sur des spécimens plus ou moins incomplets, permettent néanmoins de les rapporter à leurs espè- ces respectives. C. — ETUDE SYSTEMATIQUE DES ESPECES Les neuf espèces malgaches du genre peuvent être distin- guées ainsi : LES SALACIA ET LES HIPPOCRATEA DE MADAGASCAR 23 2. H. TETRAMERA 4. H. RUBIGINOSA A. Fleurs urcéolées (Groupe Urceolatae) a. Pétales au moins 3 fois plus longs que ar § eS 1. H. ANGUSTIPETALA b. Pétales moins de 2 fois plus longs que larges. 1. Fleurs toujours à 4 sépales et à 4 pétales, petites (moins de 4 mm.) ; cymes glabres, d'un jaunâtre pâle en herbier 2. Fleurs à 5 sépa'es et à 5 pétales, plus grandes (5 mm.) ; cymes bru- nâtres en herbier, couvertes d'un très fin tomentum caduc, d'un rouge ferrugineux 3. H. urceolus B. Fleurs rotacées (Groupe Rotaceae) a- Fleurs grandes (9-10 mm. de diam. à l'anthèse) ; cymes et pousses nouvelles couvertes assez densément de poils courts, d'un rouge ferrugineux b. Fleurs plus petites (5 mm. diam. au plus à l'anthèse) ; cymes et pousses nouvelles glabres ou glabrescentes. 1. Filets staminaux élargis du som met vers la base ; feuilles presque toujours vertes en herbier. (-) Cymes grêles, lâches, multi- flores, égalant ou dépassant les feuilles, à pédoncule et rami- fications grêles. X Pétales persistants sur le jeune fruit, ornés, sur un fond jaunâtre, de 5-6 bandes brunes disposées en éventail, partant de ! a base et atteignant les deux tiers du limbe ; sépales ni ciliés ni fimbriés 5. H. Tulasnei X Pétales caducs après l'anthèse, entièrement d'un jaune verdâtre ; sépales souvent ciliolés (-) Cymes plus robustes, ne dé- passant pas le milieu de la feuilles axillante. relativement pauciflores (2-25 fl.), à pédon- cule et ramifications rigides ; pétales jaunâtres 6. H. Bakeri 7. H. Bojeri 24 H. PERRIER DE LA BATHIE 2. Filets staminaux étroits, linéraires, pas plus larges à la base qu'au sommet ; feuilles de couleur très sombre en berbier au moins sur la face supérieure. (-) Cymes amples, lâches, égalant ou dépassant les feuilles ; feuilles en herbier d'un rou geâtre sombre sur les deux fa- ces ; pétales sessiles, large- ment ovales 8. H. minimiflora (-) Cymes courtes (1 cm. au plus), n'atteignant pas le tiers infé- rieur des feuilles ; feuilles en herbier discolores, sombres en en-dessus, blanchâtres en-des- sous ; pétales presques cordi- formes, courtement onguiculés. 9- H. boinensis. I. _ URCEOLATAE 1 . Hippocratea angustipetala sp. n. (PL II) Frutex scandens glaber, ramulis junioribus subtetragonis. Folia decidua, breviter (2-10 mm) petiolata, oblonga, rhomboidalia oblan- ceolatave, raro obovata lanceolatave, usque ad 7 cm. longa et 3 cm. lata ; nervis nervulisque in foliis juvenioribus utraque satis conspi- cuis, dein obsoletis ; foliorum seniorium pagina inferiore minute rugosa. Cymae glabrae vel vix pub e ride ntae, fusçatae, multiflorae, fo- lii medio breviores ; bracteis minutis plus minus fimbriatis ; flori- bus 5-meris, urceolatis, 2-3 mm. altis et latis. Sepala petalis triplo breviora, plus minus fimbriato-ciliata. Petala lanceolata (1,5-2 x 0,5- 0,6 mm.), fuscata, vix albomarginata. Ovarii loculi biovulati. Carpella oblanceolata (3-5, 5 X 1,2-1,4 cm.) obtusa, utrinque attenuata, valde striata ; seminibus 1-2 ; cotyledonibus ovatis libvris. Feuilles sombres en-dessus, d'un vert terne en-dessous et cymes brunâtres en herbier. Fleurs parfois anormales, les mâles avec 5 et même 6 étamines fertiles. Forêts sèches et Bush à xérophytes, de l'Androy aux monta- gnes Sud-Ouest et de 50 à 2.000 m. d'altitude ; assez commun ; LES SALACIA ET LES HIPPOCRATEA DL MADAGASCAR 25 fl. : novembre-janvier ; fr. : mai-août. Vernaculaire : Vahi- pinda. ' Centre (S.-W) : vallée de la Riambavy et de L'Antsifotra, sur le massif d'Aiidringitra, Humbert, 3712 ; Ml. Vohipolaka, au N. de Betroka, Humbert, 11.207 ; bassin supérieur du Mandrare, du col de Vavara à la vallée du Manambolo, Humbert. 6.680 ; Hte vallée du Mandrare en aval de Iantseva, Humbert, 6,495 ; Sud-Ouest : vallée moyenne du Mandrare. au Mt Vohitrosy, Humbert, 12.651 ; même vallée, près d'Anadabolava, Humbert, 12.464 ; Fangidraty, limites N.-E. de l'Androy, Decary, 0.320 ; Antanimora, Decary, 3.326 et 4.347 ; Ambovombe, Decary, 3.478 ; dunes de Befanamy, près de Tuléar, Poisson, 127 (2 e voyage) ; gouffre de Hadira, Pce de Tuléar, Poisson, 250 (2 e voyage). Var. ambongensis nov. Diffère de la forme typique, par les feuilles plus sombres en-dessus (en herbier), peu variables, en général lancéolées (3, 5-7 X 1,6-2-5 cm.), à dents marginales plus petites, plus nom- breuses, plus nettement apiculées, à nervure médiane rouge, et à réseau dense, à mailles plus petites, visibles sur les 2 fa^es, même sur les feuilles anciennes. Ouest : bois secs, bassin de la Kapiloza (Ambongo), Per- rier, 1.798. Cette variété connue d'une seule localité excentrique (800 kil. au N. de l'aire de H. angustipetala) de l' Ambongo. y vil en compagnie d'H. Urceotus typica et de H. micruntha. 2. Hîppocratea tetramera sp. nov. (PI. III) Frutex scandens, ramulis junioribus glabris, crustula albida le- viter tectis. Folia persistentia, breviter (5-8 mm.) petiolata, oblonga (3,2-5,5 x 1-2,2 cm.), ovata (3,4-5,4 x 1,8-2.8 cm.), vel saepe rhom- boidalia (3-5 x 1,5-2,6 cm.), interdum obovato-cuneiformiave (2- 4,5 x 1,4-2,3 cm.), breviter acuminata obtusave, basi acutata, pauci dentata ; nervis secundariis valde adscendentibus, infimis laminae\ médium attingentibus superantibusve. nervulisque totidem utrinque conspicuis. Cymae pauciflorae (6-15-fl.) glabrae, brèves < l-2u mm. i folii medio breviores ; floribus urceolatis, constanter i-meris, 4 mm. altis et aptee latis. Sepala suborbicularia, petalis triplo bre- viora. Petata luteola obtuse ovata (2,5-3 x 1,2-1,8 mm.) Stamina bre- 26 H. PERRIER DE LA BATHIE vissima, disco crasso 4-anguIato vix altiora. Ovuii in quoque loculo 2-4. Fructus ignotus. En herbier, feuilles anciennes d'un vert-glauque cendré sur les 2 faces, feuilles nouvelles noirâtres et cymes de couleur claire. Cymes le plus souvent axillaires, parfois terminales, soli- taires ou (sur les rejets volubiles) groupées par 3-4 paires dis- tantes en grappe de cymes opposées. Etamines de 1 m. de haut, à filet très large (0,7 à la base) et à anthère 2 fois plus large que haute. Forêts, du littoral à 700 m. d'altitude ; fl. : septembre-octo- bre. Est (Sud) : environs de Fort-Dauphin, Humbert, 5.914 ; entre le pic St-Louis et la mer, aux environs de Fort-Dauphin' Humbert, 5.992 ; bassin de la Manampanihy, au col de Fitana, Humbert, 6.041. Ces derniers exemplaires (5.992 et 6.041) ont les feuilles souvent relativement plus larges, plus souvent ovales, ovales-lancéolées, obovales cunéiformes ou même suborbiculaires, que les premiers. 3. Hippocratea Urceolus Tul., in Ann. Se. Nat., sér. 4, VIII (1858), 91. Cette espèce, à feuilles très variables, petites, plus ou moins largement ovales ou ovales-lancéolées (2,5-3,5 X 1,3-1,4 cm.), ou plus grandes (4,5-11,5 X 2,4-5 cm.), oblongues ou presque obovales, est bien distincte dans le 1er groupe par ses cymes cou- vertes d'un tomentum brun très court, visible surtout à la loupe, ses fleurs plus grandes (5-6 mm.) et ses pétales triangulaires obtus, moins de 2 fois plus longs que larges. Les fleurs, toujours à 5 sépales et à 5 pétales, sont parfois unisexuées (mâles en mélan- ge avec des fleurs hermaphrodites) ou hétérostylées (style court avec des etamines plus longues, style plus long avec des etamines courtes). Les carpelles (non encore connus), fortement striés, ont 3-4, 5 cm. de haut sur 1,2-1,6 cm. de large au tiers supérieur et sont atténués de ce point vers la base et le sommet anguleux, obtus ou subaigu. Ils contiennent 1-2 graines, dont l'aile est bor- dée dans le haut, de chaque côté, d'une marge épaissie, d'abord large, puis fortement atténuée-aigue vers la base qu'elle n'atteint pas. Les cotylédons sont oblongs, libres et parfaitement dis- tincts. LES SALACIA ET LES HIPPOCRATEA DE MADAGASCAR 27 Forêts tropophiles ou sèches, à basse altitude : il. : juillet- décembre ; fr. : février-juin. Sambirano : Nossibé, Pervillé, 394 ; Nossy-Mitsiou, Hilde- brandt, 3.366 ; vallée du Sambirano, sur les grés du Lias, Per- rier, 2.877 ter ; id, sur les gneiss, Perrier, 5.953. Ouest (Secteur Ambongo-Boina) : bassin moyen du Bema- rivo (Boina), Perrier, 6.046 ; Ankaladina sur la Betsiboka (Boina), Perrier, 1.279 ; Manongarivo (Ambongo), Perrier, 1.594. S. sp. xerophila nov. Sous ce nom nous rangeons un grand nombre de spécimens provenant d'une région beaucoup plus sèche que celle qu'ha- bite H. Urceolus. Leurs feuilles, caduques ou persistantes en partie, encore plus variables, sont en général plus petites, plus glauques, plus coriaces et à nervation plus saillante ; et les car- pelles, qui ne sont malheureusement connus que sur deux de ces spécimens, d'ailleurs variables, sont en général obovales (2,6- 4 X 1,2-2 cm. près du sommet), obcordés ou arrondis avec un petit mucron apical au sommet et à 3-5 graines, dont les cotylé- dons sont étroitement unis en une seule masse charnue, même dans les graines immatures. Les cymes et les fleurs sont identi- ques à celles d'H. Urceolus. C'est peut-être une espèce distincte, mais, par suite de ses affinités étroites avec H. Urceolus et le peu de constance que paraissent avoir dans le genre les caractères des carpelles et de la graine, nous préférons ne voir dans cette variété qu'une sous-espèce adaptée aux régions trop sèches. Bush à xérophytes, de à 700 m. d'altitude ; fl. et fr. août- décembre. Vernaculaires : Valieta, Vahipindy. Cette sous-espèce est d'ailleurs très variable. Aucun des spé- cimens qui la représentent n'a les feuilles identiques à celles d'un autre. Néanmoins on peut grouper grosso modo ces spé- cimens en trois formes principales. Fa. longifolia. Feuilles étroites (2 à 6 fois plus longues que larges), d'ob- longues à oblancéolées-linéaires, de 2 à 6 cm. de long. Sud-Ouest : Morondava (limites N. du Domaine), Grevé 234 et 251 ; bassin du Mangoky (limites N.-E. du Domaine . 28 H. PERRIER DE LA BATHIE Perrier, 5.939 ; forêt d'Ampihamy, au N.-E. du Manombo (N. de Tuléar), Humbcrt, 11.515 ; environs de Tuléar, coteaux calcai- res de la basse vallée du Fiherenana, Humbert et Perrier, 2.588; vallée de l'Onilahy vers l'embouchure, Humbert, 2.673 ; vallée moyenne du Mandrare près d'Anadabolava (S.E. du Domaine), Humbert, 12.522 et 12.652. Fa. parvifolia. Feuilles petites, ne dépassant pas 3 cm de long, ovales, oblongues, oblancéolées ou plus rarement obovales, de moins de 3 fois plus longues que larges. Sud-Ouest : Plateau calcaire à l'E. du delta de la Linta, Humbert et Swingle, 5.503 ; du lac Manampetsa au delta de la Linta, près d'Itampolo, Humbert et Swingle ; plateau Mahafaly, Perrier, 5.988 ; Beloha, Decary sans n" ; Ambovombe, Decarij, 3.430 ; Humbert, 5.637 ; vallée de la Manambolo, aux environs d'Isomono, bassin du Mandrare (S. E. du Domaine-, Humbert, 12.896. Fa. rotundifolia. Feuilles toutes orbiculaires ou largement ovales. Sud-Ouest : Andrahomana (S. E. du Domaine), Decary, 10.651 et 10.654. II. — ROTACEAE 4. Hippocratea rubiginosa sp. n. (PI. IV) Frutex scandens ramulis junioribus dense piloso-rubiginosis. Fo- lia persistentia, petiolo brevi (3-6 mm.) plus minus piloso ; lamina oblonga vel ovato-lanceolata (2,7-8 x 1,3-4 cm.), utrinque plus minus obtuse attenuata, interdum b^eviter acuminata. Cijmae brèves (7- 15 mm.), 3-10-fïorae, pilis rubiginosis brevibus omnino vestitae ; flo- ribus rotaceis in génère inter majores (9-10 mm. diam.), 5-meris. Se- pala crassa, obtusa, circiter 1 mm. alta, extus jnlosa. Petala extus pi-